‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 18 sur 267 · Post omnin, dilexi justitiarn, etc. Ihid.. c · texte numérisé non relu

Post omnin, dilexi justitiarn, etc. Ihid.. c

5. Boxizo, évoque de Sulri, ne voulut pas laisser son corps à l'ai baye de Padolirone, où il avait cboisi sa sépulture, parce qu'elle dépendait de Cluny, où il avait été moine.

4. De cujus vere tristanUir morte fidèles, schismatici gaudent.

DOMSIZO.

5. Fidèles S. l'etri contra lyrannidem Ilenrici adhuc in carne viven> multura incitavit, sed multo plus post obitum suum miraculis coruscans, eosdem contra eumdem persistere confortavit. Bernold. ad ann. 1080. — Miraculis approbat quod sermone docebat, Omnes erg-o qui in unitate catbolica prœceptis donmi papa? Gregorii liaclenus obedislis, gaudele et exsultate. Vila S. Ansclmi, c. '27.

(ÎO LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTK II.

sur la tôle de Didier, qui offrait, par lesanlécédenls de sa vie, toutes les garanties désirables. Issu du sang des anciens princes lombards de BénéventS proche parent de ceux de Salerne, il avait, de bonne heure, triomplié de toutes les séductions du monde. Un jour, à vingt ans, renonçant au brillant mariage que ses parents lui avaient préparé, comme à Tunique rejeton de leur race, il avait laissé ses serviteurs, ses chevaux, son épée, au portail d'une église, et, se sauvant par une issue dérobée, il était allé se cacher dans un ermitage^ Arraché à cetle retraite, il avait résisté aux larmes de sa mère, aux violences de sa famille, et le prince de Salerne l'avait conduit, entouré de tous ses proches et de la ville entière, émue d'un tel sacrifice, jusqu'au monastère de Sainte-Sophie, où il voulait s'ensevelir'. Transféré plus tard au Mont-Cass^in, Didier y avait succédé, comme abbé, au pape Etienne IX, et, pendant vingt-huit ans, il avait gouverné cette première abbaye du monde avec une sagesse incomparable.

Les vastes travaux du saint moine, pour la restauration et l'embellissement du célèbre monastère,

1. Ex r.obilissima Benevcntanorum principum origine sanguinislijieam ducens. I.eo Ost., Chron. Cass., III, 1-

'2. Quadam die.... quasi spatiandi gratia civitatem egressi.... ecpios etgladium, quo tune erat accinctus, famulis pro foril.us viluti servanda relinquunt.... puer tam nobilis, lam delicatus, tam divcs, et prsccipue parenlibus singularis. lbid.,c. 2.

7). Ibid., c. T).

avaicnl excilé radiniration générale ^ Quoique son père eût péri sous le glaive des Normands, Didier avait su vivre en bonne intelligence avec Richard et Robert Guiscard, les principaux chefs des nouveaux conquérants de la Sicile, et il exerçait sur eux la plus salutaire influence. Ses relations avec Henri IV avaient été marquées au double coin de la modération et du courage. L'Empereur, à l'exemple de ses prédécesseurs, croyait avoir des droits spéciaux à réclamer l'adhésion de l'abbaye impériale du Mont-Cassin, et il avait sommé l'abbé de venir lui prêter foi et hommage. Didier se rendit à la sommation, pour ne pas attirer de plus grands maux sur le monastère ; mais il déclara qu'il ne prêterait aucun serment, ni pour conserver son abbaye ni pour conquérir les plus grands honneurs en ce monde. Il lit remarquer, du reste, que Henri n'avait pas encore reçu la couronne impériale, et que, lors même qu'il en serait pourvu, lui, Didier, se réserverait la liberté de choisir entre une démission ou le serment exigé ^

Le pieux abbé promit seulement d'aider Henri à devenir un empereur légitime ; et, comme on

1. Nous en avons parlé au livre précédent : on peut en voir le détail donné par Léon d'Ostie et Pierre Diacre, au livre III de hi Citron. Casshi.

'2. Se non modo pro abbatia, sed nec pro honore tutius mundi id minime esse facturum.... Cum Romani imperii coronam eum habere vidisset,tunc si sibi videretur, abbatiam ab ipso reciperet, si vero nollet, dimitteret. Chr. Cass., III, 50.

lui objectait un prétendu diplôme de Nicolas II, par lequel il était stipulé qu'aucun pape ne serait élu sans le consentement impérial, il répondit que « rÉgiise romaine était maîtresse et non servante; « qu'elle était supérieure à tous, qu'il n'appartenait (( à personne de la vendre comme une esclave, et « que, s'il était possible que le pape Nicolas eût acte compli l'acte dont on parlait, il aurait commis « une injustice et un trait de folie; et qu'il était « aussi impossible d'admettre que la dignité de « l'Église eût été compromise par la folie d'un «homme,, sans le bon plaisir de Dieu, que de « croire qu'un roi allemand put venir désormais (( instituer un pape a Rome \ »

A ces mots, un évêque impérialiste ayant répondu qu'un tel langage, s'il était entendu de l'autre côté des Alpes, soulèverait tout le monde contre Didier, celui-ci déclara que « quand « même l'univers entier se liguerait contre lui, « rien ne le pourrait faire changer d'avis. Sans « doute, l'Empereur, avec la permission de Dieu, (( pouvait l'emporter, pour un temps, et faire vio- (( lence à la justice ecclésiastique; mais amener

1. Apostolica enim scdos domina nostra est, non ancilla.... ut eam ali(niis quasi famulam vendat. Quod si hoc a Nicolao papa factuin est, injuste procul dubio et stultissime factuni est; nec pro hiunanr stuUilia potest aut débet amiltere suani dignitatein Ecclesia.... nec, Deo volente, amplius fiet ut Rex Aleinauuoruin Papani constituât Romanoruni. Ibid., 1.

« les catholiques à sanclionner le fait, jamais^! »

L'homme qui avait ainsi confessé les principes proclamés et maintenus par Ilildebrand devait être nécessairement choisi pour le remplacer dans la chaire de saint Pierre.

Après une année d*interrègne, mandé à Rome })our pourvoir aux besoins de l'Eglise, à la Pentecôte d^ Pan 1086, Didier s'y vit l'objet des sollicitations ks plus ardentes, et même des violences des cardinaux, du clergé et des catholiques romains qui le voulaient pour pape'. Mais en vain se prosternèrent ils devant lui en pleurant, le suppliant de ncï point abandonner l'Eglise dans son naufrage^ : le saint homme répondit que, voué à la vie solitaire, il voulait finir en moine son pèlerinage, et il désigna aux suffrages de ses collègues le moine Odon,

1. Potest quidem imperator ad tempus, si tamen permiserit Deus, praîvalere, etvim Ecclesiasticœ justitiae inferre; nostrum tamen consensum ad hoc nunquam poterit inclinare. Ibid. — On ne voit pas" que Didier ait jamais eu d'autres relations avec Henri IV; et, cependant, Stentzel (t. I, p. 539), avec la bonne foi ordinaire aux protestants, ne craint pas d'affirmer qu'il eut toujours une conduite équivoque ou opposée au parti de Grégoire VU. La seule trace d'un désaccord entre les deux pontifes se trouve dans l'interdit que Grégoire jeta sur le Mont-Cassin, pour punir Didier d'avoir permis à un prince norinand d'enlever un trésor qui y était en dépôt. Ckron. Cass., III, 46. — La désignation faite par le pape à son lit de mort montre assez qu'il avait complètement pardonné cet acte de faiblesse.

2. Et Romani omnes qui in fidecatholici gregis perdurabant.... episcopi et cardinales una cum clero et populo. Chron. Cass., III, c. GO.

3. Multotiens ad genua ejus, nonnuUis lacrymantibus, omncs paritcr ruentos. Ibid.

L'abbé bidiei cardinal-évèque d'Ostie. Mais comme Tabbé du

duMont-Cassin, nr n • • •

nommé pape Mont-Cassiii était le sciil quc Ics élcctcurs voulusscnt

sous le nom

de Victor m. pouF pape, ccux-ci, poussés à bout, le traînèrent à l'église de Saintc-Lucie\ où, Tayanl acclamé sous le nom de Victor III, ils réussirent à le revêtir de la chape rouge, qui était alors un des insignes de la papau(é\ Mais, quatre jours après, le nouvel élu se sauvait de Rome, déposait, en passant à Terracine, toutes les marques de la dignité pontificale, et se réfugiait dans son abbaye, comme il Tavait juré d'avance à ceux qui lui faisaient violence. 11 y resta toute une année, résistant à outrance aux supplications des fidèles, jusqu'à ce qu'enfin il dut se rendre", vaincu par les instances des princes normands, Jordan et Roger*, du préfet Gensius et d'une partie de la noblesse romaine, prosternés à ses pieds, au concile de Capoue. Le dimanche des Rameaux 1087, les Normands ramenèrent le pontife à Rome et chassèrent les partisans de l'antipape Guibert de l'église de Saint-Pierre, où le pape orthodoxe fut sacré et inslallé\ Huit jours après

i. In Desiderii duritiam stomachantes.... statuerunt violenter causam perficere... Uno consensu et animo illum capientes, invitum et renitentem altrahunt. Ibid.

2. Cappam quidem rubeam induebat, albam vero nunquam ei poluerunt inducre. Ibid.

r». Tandem cum dux et princeps.... etc., llentes ejus pedibus adjacerent.... coactus vix succubuit. Ihid., c. 68.

4. Jordan était fils de Richard, premier prince normand de Capoue, cl Roger, le seul fils de Robert Guiscard.

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