Onmcm ptcne nobilium cœtum. IbUl
tonlrèrenl un vieillard vénérable, qui n'était autre que Tapôlrc Pierre, et qui leur conta qu'il venait se réfugier auprès de son frère Benoît à cause des troubles de la ville apostolique^
Tranquille au fond de son monastère, et appuyé d'un côté sur les Normands, de l'autre sur Maibilde, le nouveau pape crut utile de détourner sur les ennemis extérieurs de l'Église toutes les forces catholiques dont il pouvait disposer. Il lit rassembler une armée italienne, composée surtoul de Pisans et de Génois, leur donna la bannière de saint Pierre et les dirigea sur rxVfrique, dans le but d'y réprimer les excès de la puissance sarrasine, et sans doute aussi d'effectuer une diversion favorable du côté de la Sicile, dont les Normands, sous le fils de Robert Guiscard, poursuivaient toujours la conquête. L'expédition fut heureuse : la flotte des deux républiques revint chargée de dépouilles, qui furent consacrées surtout par le vainqueur à l'embellissement des églises \
Cependant, l'antipape continuait à désoler les provinces impérialistes soumises à ses lois, et il remplaçait partout les évoques et les abbés catholi-
1. Canonicum senem. Percontantibus quis esset : Pctrum apostoliiiiv se esse respondit.... Adfratrem Benediclum proliciscor, ut cura ilU» j)assionis mete celcbrem diem. Romœ quippe consislcie neqiieo, qui.i Ecclcsia mea diversis proccUis agitatur. C/tron. Cass., 1. c.
2. Chron. Cass., 111, c. 70 : UiaaiioLD. Coust. ad ann. 1088. Pag» niL ad ann. 1087, c. o.
LKS l'RÉDÉCKSSKL'KS DE CALIXTK 11. 71
ques par des simoniaques et par des clercs déréglés el ignorants*. Averti par l'indignation des fidèles, Victor, qui venait de confirmer Texcommunication et la déposition d'Henri IV % rassembla les évequesde l'Italie méridionale au concile de Bénévent, oii furent renouvelés les anathèmes lancés par Grégoire contre l'antipape, contre ceux qui recevraient des évêchés ou des abbayes de la main des laïques, enfin contre tout empereur, roi, duc ou séculier qui disposerait des dignités ecclésiastiques*.
Le souverain pontife dut aussi retrancher de la communion des fidèles deux hommes qui jusqu'alors avaient noblement combattu pour la bonne cause : Hugues, archevêque de Lyon, et Richard, abbé de Marseille, lesquels contestaient la validité de son élection. Victor avait assez longtemps résisté aux suffrages unanimes des électeurs, pour avoir le droit de sévir, dans l'intérêt de la paix et de l'unité de l'Église, contre ceux qui ébranlaient l'autorité dont il avait eu tant de répugnance à se re-
1. Scelestos et illiteratos, singulis urbibus, monasteriis ecclesiiï- ([ue pnefecit.... dum non cssetqui armatoresisteret... Catholici vero quizelo Dei fidem ac religionem tuebantur, Victori papaî adhaerebant. a/iron. Cass., 111, C9.
2. Lilteiaî domini Papœ in quibus.... judiciumsui antccessorispite rnemoriœ Gregorii paptc super llenricum et fautores ejus apertissimc conlirmavit. Beunold. Coxst. ad ann. 1087.
5. Non limons œterni imperatoris judicium.... Si quis item imperatorum, regum, ducum.... Ecclesiaslicam dignitatem dare preesumpserit IbUL, c. 71. Ce concile fut tenu en août 1087,
(•don d'Uslic
succède
à Victor III
sons le nom
«1 I rtmiii II.
vêtir. Hugues, toujours si zélé pour la cause de rÉglise, que Grégoire mourant l'avait compris, comme on Ta vu, parmi les successeurs qu'il s'était désignés, Hugues, entraîné peut-être par un mouvement d'envie et d'ambition, avait calomnié, dans une épître à la comtesse Mathilde, et les antécédents et les intentions de Victor, en lui imputant une complaisance coupable pour l'Empereur'. L'archevêque expia noblement cette injustice par sa conduite ultérieure, et, s'il est vrai que l'ambition la lui eût inspirée, il en fut immédiatement puni, car Victor étant mort au bout de peu temps ^ l'état de suspense où se trouvait Hugues l'exclut naturellement du choix des cardinaux, et laissa sans rival Odon d'Ostie, seul candidat éligible parmi les quatre qu'avait recommandés Grégoire. Victor, se sentant mourir, convoqua au Mont-Cassin les évêques et les cardinaux, et leur présenta Odon comme son successeur'.
L Hugues se fondait sur la promesse faite par Didier encore abbé du Mont-Cassin, à Henri IV, d'intervenir auprès du pape en faveur de son couronnement comme empereur ; promesse qui n'avait rien de contraire au droit, puitqu'il savait bien que Grégoire ne consentirait jamais à couronner un empereur qui n'eût pas satisfait à l'Eglise, comme le remarquent fort bien Noël Alexandre et Pagi. Les lettres de Hugues à Mathilde se trouvent dans la chronique de Hugues de Flavigny, ap. Labbe, Bibl. ms., t. I, et dans Coletti, Concil., t. XII. p. 705.