Voir plus liauL au concile de Vienne
5. Vcre invisibilis ip:nis ilamnia succcnsus, in ignoa lingua exor- ,:us, niirabiliter peroravit.... diulius sub omnium admiialiono. Ihid. 4. Pro connnuni libcrtate ]naliis nostrje Ecclesia\ Ibid.
« point voulu nous écouter^?... Quand, hier, nous « avons présente nos propositions en faveur de la « liberté de l'Eglise, eertaines personnes se sont « scandalisées. Aujourd'hui, nous disons avec l'A- « pôtre : « S'il y a ici un inlldèle, cpi'il sorte et « qu'il laisse aux fidèles à traiter ce qui touche à « TEglise et ce qui est nécessaire à sa liberté. » Et « à vous qui tenez dans l'Eglise de Dieu la place « des apôlres, nous dirons comme le Seigneur aux (( douze : Vous aussi, voulez-vous donc m'aban- « donner"? »
L'assemblée fut entraînée, et personne n'ouvrit la bouche pour réclamer^, d'autant plus que le canon dont lecture venait d'être faite par ordre du [itipe et qui avait trait aux investitures avait subi une modification importante et ne s'appliquait plus qu'aux évêchés et aux abbayes*. Dans cette forme nouvelle, ce canon fut approuvé et adopté à l'unanimité ainsi que les quatre autres. x\près avoir fixé de la sorte le droit catholique, il fallait rappliquer au fait. Alors, Odelgaire, moine ca-
1. Revertentes ad regiones vestras niliil reportare poteritis... IbUl.
2. Quod si infidelis discedit, discedat. I. CoriniU., vu, 15. Et vos vultis abire? Joann., vi, 68.
3. Ita omnium corda concussit ac reclamantium voces compressit, ut ncc unus quidcm contra décréta synodica qure postca Iccla sunt, os aperire prfosumeret. Hesso,
4. Jnvestilurain Episcopaluum et Ahhfilinrnin jicr nianuiii laicam fieri oniui moio prohibemus. Le texte priinitiC poitail : lurc.HilKiain ciniiii'in Ecclrsiannn jx'r tnonnin, etc.
588 LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE lî.
talan \ évcque de Barcelone, maigre, cliélif, mais aussi érudit qu'éloquent, Odelgaire que Pascal JI avait nommé, malgré lui, évéque de Barcelone, fit un sermon très-admiré sur la puissance royale et saccrdotale^ Après quoi, Ton apporta quatre cent vingt-sept cierges que Ton alluma et dont on donna un à chacun des quatre cent vingt-sept Le pape lanco évcqucs ct abbésportaut crosse"'. Tous alors se
contre i ^ . i • > i • • i j?
lempeieur Icvereut, Ic cicrge a la main ; puis le pape, d une
l'excommunica- . , i . ii
tion VOIX emue, prononça la sentence a excommuni-
cation solennelle, jusqu'à satisfaction complète, contre l'empereur Henri V, l'antipape Burdin, leurs principaux partisans et d'autres criminels endurcis. Au même instant, tous les cierges furent jetés à terre et éteints ^ Le pape déclara aussi qu'en vertu de son autorité apostolique, il relevait du serment de fidélité tous ceux qui l'avaient prêté à Henri, jusqu'à ce qu'il eût fait pénitence^ et donné
1. 11 îivait été abbé des chanoines réguliers de Saint-Ruf avant d'être évêquc.
'2. Corpore quidem macilenlus et mediocris, sed eruditione cinn facundia et religionc prfrcipuus, subtilem satisque profundiim scrmonem.... quem sumnia cuncti qui percipcre poterant, hauserunt avidilate. Oudeii. Vital.
5. Allatœ sunt denique candelpc CCCCXXVII, et accensœ datte singulse singulis tenenlibus baculos cpiscopis et abbatibus. Hcsson, témoin oculaire.
4. Tune papa.... Ilenricum imperatorem Theomachum ... etc. mœrens cxcommunicavit. Ord. Vit.
5. Tel était l'usage constant lors des excommunications solennelles. G. Absolvit a fidelilate régis omnesquotquot ei juravcrant, nisi forte
resipisceret et Ecclesifc Dei sati-faceret. IIesso.
LES l'IlÉDÉCESSEUUS DE CALIXTE l . 58!)
salisractioii à l'Eglise de Dieu. Calixte donna ensuite l'absolution et la béiiédietion à tous, et ee fut la clôture du concile.
Jamais, depuis l'établissement de l'Eglise, une aussi redoutable sentence n'avait été prononcée par une assemblée aussi nombreuse et dans une forme aussi solennelle.
La lutte du pape contre l'empereur et la doctrine dos investitures ne furent pas, du reste, les seuls objets des délibérations du concile. Avant de partir pour Mouzon, le pape avait longuement déploré les misères et les dévastations qui résultaient des guerres privées; et, dans le but de proléger les membres de Jésus-Clirist, c'est-à-dire le peuple clirétien, racheté par le sang du Fils de Dieu fiiit homme pour rétablir la paix sur la terre \ le pape décréta de nouveau la trêve de Dieu, celle qu'Urbain II avait établie au concile de Clermont, en y ajoutant des mesures propres à en rendre l'observation plus complète. Il fut ordonné, par exemple, sous peine de parjure et de déposition, aux chapelains de tous les châteaux forts et aux moines habitant les cellx^ ou prieurés fondés par les seigneurs dans le voisinage des châteaux, de cesser le service divin dès qu'ils y verraient transporter du butin
1. Filius Dei pro pacc de cœlo descendit.... ut Ictalcm giicrram per protoplasti reatum progressam pic scdaret... Meinbra cpiippe Cliristi populum Christianum appello, qucin ipse sanguinis sui picLio redernit. Oiuilr., 1. c.
In've cl :^ Dieu d(''crt'lée
'le IKHIVO.UI.
590 LES l'UÉDÉCESSKUKS DE CALIXTE II. OU des prisonniers, et de maintenir l'interruption jusqu'à ce que les objets enlevés fussent restitués, ou bien justice faite d'une autre façon ^ Tous les mercredis, au soleil couchant, les cloches de toutes les paroisses devaient sonner la paix jusqu'au soleil levant du lundi suivant; les hostilités étaient en outre interdites pendant l'Avent, le Carême, le Temps pascal, les Vigiles et Jeûnes, et'toutes les fêtes de de la sainte Vierge ^ Les moines, les femmes et leur escorte, les marchands, les chasseurs et les voyageurs devaient jouir d'une paix perpétuelle^. Les institutions monastiques furent noblement représentées dans ces grandes assises de la chrétienté par les crosses de plus de deux cents abbés. Vital, chef de la nouvelle congrégation de Savigny, y prêcha avec tant de force, que le pape Calixte déclara publiquement que personne en deçà des monts ne kii avait, jusque-là, si bien fait connaître ses obligations et ses défauts*. Norbert, qui avait dé-
1. Capellani castrorum jurant, si prœda vel quodcuinque raptuni, vel caplus aliquis ipsis scientibus ad castruin.... doductum fuerit, se nuUuin divinum oUicium ibi celcbrare, non expectanles alicujus reclamationem, donec reddatur ablatum, etc. CoiuiL, t. XII, p. 1292.
2. Le temps ordinaire réservé par la trêve de Dieu durait depuis le son des cloches des paroisses, du mercredi soir jusqu'au lever du soleil, le lundi. Ihid.