Act. Pontif. Eborac, 1. c
3. Tarentaisc, Âix, Embrun, Dourges, Audi, Narbonnc et Dordeauv. Les arcbevôques de Bourges et de ISarbonne étant déjà qualifiés de primats, ceux de Vienne en prirent occasion de se qualifier de primats des primats. Mais ce ne fut qu'un titre sans effet. Fleuiiv, Hist. ccclés., 1. 67, c. 15.
!.e saiiil-père reçu avec
cane, iMilan, Lucques, Pise surtout, rivalisèrent i!e zèle pour lui témoigner leur attachement^ et leur admiration. Au bruit de son approche, l'antipape Burdin, désespère de se voir abandonné par l'empereur, alla se réfugier dans la forteresse de Sutri, tandis que Rome ouvrait ses portes au pape légitime. Il y fut reçu avec une pompe et un élan populaire (|ui ne s'étaient jamais déployés ainsi pour aucun autre pontife'. Aussi, témoin de la marche glorieuse
1. Quem Francia, Longobardia, Tuscia, Apulia prsedicat, Epistcl. Egiiiff. ap. Baron.
Descendens ad populosasLombardice civitatcs in quibus non minore lionorificenlia recipiebatur quarn devotissima devotione tractabatur. Vil. Calixt. ap. Murât, et Baron. On y trouve le détail de son entrée triomphale à Lucques et à Pise, où il consacra de nouveau l'église métropolitaine, tola ibidem Tuscia concurrenlc . 11 est probable que Gclasell n'avait consacré que le chœur, et que Calixte dédia la nef ou bien quelques autels latéraux. Saint-Marc, ///.<;/. cl'ItaL, t. lY, p. 1075.
2. Paxdulpm., 1. c. FalcoBesevent.. ann. 1120. Cette entrée eut lieu le 5 juin M "20. On cite une bulle, datée du Latran du l*"" juin (ce qui implique une erreur de trois jours au moins), par laquelle le pape accorde à Aynard, seigneur de Clermont en Dauphiné et tige de l'illustre maison de Clermont-Tonnerre, Montoison, d'Amboise, etc., en considération de ce qu'il l'avait conduit jusqu'à Rome, avec ses gens de guerre, malgré l'empereur et l'antipape, et en considération aussi des services rendus à l'église par son père Sibald et son aïeul Aynard, le droit de porter de gueules à deux clefs d'argent posées en sautoir, avec une tiare pour cimier, et de toucher toutes reliques et choses consacrées (excepté les vases servant à la consécration^ à la charge d'aller baiser le pied du pape et de ses successeurs, en disant les paroles de saint Pierre à Jésus-Christ : Si omnes le negavcrinl niinquani le negabo, ou, selon d'autres : Etiamsi omnes, ego non. Vraie cl parfailr science des armoiries de Loiivan Géliol, augmentée par Pierre Palliot, Dijon, 1061, m-fol., p. 170 Ou sait quelle noble allusion fit à cette devise, en 1828, le dernier cardinal de Clermont-
602 LES PRÉDÉCESSEUBS DE CALIXTE II. du pape jusqu'au Latran, au milieu des chants latins, grecs et même hébraïques, d'un nombreux cortège de petits enfanis portant des rameaux comme k l'entrée du Sauveur à Jérusalem, et de la chevalerie romaine accourue au-devant de Calixte, à trois journées de la ville, un abbé allemand de la suite pontificale écrivait-il à ses compatriotes que César eût été indigné et que Gicéron serait peut-être devenu chrétien, s'ils avaient pu voir, l'un et l'autre, la bannière de la croix l'emporter tellement sur les trophées des consuls et des empereurs \
La veille de cette entrée triomphale, Calixte accorda à un chevalier dauphinois, tige de l'illustre maison de Clermont-Tonnerre, qui l'avait escorté des bords du Rhône jusqu'à Rome, la faveur de porter pour armes les clefs et la tiare, avec la fière devise : Etsi omnes, ego non.
Après avoir édifié Rome par sa douceur, par
Tonnerre. Les exemples que nous avons ciiés du duc d'Aquitaine ei de Geoffroy d'Anjou démontrent l'importance symbolique attachée dès lors à l'usage des armoiries.
1. Cœsar si superesset, indignans miraretur. Tullius forsitan attralieretur, dum vexilla crucis omnium consulum et imperalorum superari tropluca conspicaretur. Epist. Eginon. ap. Baron, ann. 1120, et Canis., Tlies. anccdol., t. II, p. 240. Cet Éginon était abbé de Saint-Ulrich, à Augsbourg : il avait eu à soutenir des luttes cruelles contre l'évêque schismatique d'Augsbourg, et, d'après l'avis d'Adalbert, était allé rejoindre Calixte en Italie. Le pape le mena avec lui à Rome, afin qu'il pût raconter, en Allemagne, le triomphe de l'Église : relaturi terrœ noslrœ (ut ipsius verbis utamur) triumphnm Ecclesife. Il mourut cette même année à Pise, pendant son voyage de retour, et après avoir dicté la lettre ci- dessus.
LES PRÉDÉCESSKl HS DE CALIXTE II. G05
raiislérité de sa vie ^ el par son désiiiléressemeiit ' ; après avoir vengé les injures de Gélasc et la dignilé dn pontilical outragé, en faisant raser les tours fortifiées des Cencio Frangipani, le pape alla, suivant la coutume de ses prédécesseurs, se reposer et se retremper au Mont-Cassin pendant deux mois ''.
A Bénévent tous les princes normands vinrent prêter foi et hommage à Calixte, et, à Traja, leur chef, le duc Guillaume d'Apulie, servit d'écuyer au souverain pontife, donl il conduisit le cheval par la hride a son entrée dans la ville'.
Au printemps de l'tlnnée il 22, les mêmes hommes de guerre accordèrent au pape leur concours pour mettre un terme aux excursions des schismatiques, lesquels, cantonnés à Sutri, ravageaient cruellement les environs de Rome, tuaient, mutilaient tous ceux qui se rendaient auprès du pape légilime s'ils refusaient de venir se prosterner devant Pantipape".
Le siège de Sulri fut entrepris par une armée moitié normande, moitié romaine, sous la conduite du souverain pontife. Les habitants livrèrent Burdin aux assiégeants. Ce grand coupable eut à subir
1, Epist. Eginon., 1. c.
'2. GuiLL. Malmesb. ap. Baron. 11 engageait les Anglais à aller plutùl en pèlerinage à Sainl-Jacques de Conipostelle qu'à Rome.
T). Petr. Di\c , Chron. Casa., 1. IV, c. 70.
\. Cui vice stratoris ipse juxla sellain ohambulans.. .. Rdjiuald. Palf.iinit., C/niii., ap. Rahox., Falco Bexevent , 1. c.
5, SuiiER, De ] it. Lud. Gross , p. 310.
toutes les malédictions de la soldatesque : « C'esUoi, « lui criait-on de toutes parts, qui as osé déchirer « la tunique du Christ, détruire l'unité catholique; « sois donc maudit, mille fois maudit, pour avoir « donné un tel scandale au monde ^ ! » Puis, on le mit à rebours^ sur le chameau qui portait la batterie de cuisine du pape légitime, en lui faisant tenir la queue au lieu débride, et avec une peau de chèvre sanglante sur le dos, en guise de la chape rouge dont les papes étaient revêtus. C'est dans cet attirail que Burdin fit son entrée dans Rome, afin que l'Eglise fût vengée des ignominies passées, et que ceux qui voudraient, à l'avenir, imiter le crime de l'intrus fussent avertis ^ Calixte arracha avec îkirdhr peine le malheureux à ses bourreaux, et prit le
à ses bourreaux. l'Jir* c j «^ ^'i
parti de le iaire entermer dans un monastère ou il finit ses jours*. Le pontife annonça l'événement
1. Malcdicte, maledictc, per queni tam magnum scandalum vcnit! Capd. Aragon., VU. Calixl. Mcuat., t. III, p. 420.
2. Torluoso animali tortuosiim antipapam, anno antechristum, dit SuGEH,!. c. Super Ciune'um ([ui ferebatcalderias ponlificis Calixti. Vil. Pontif. in Spicileg. Rom. éd. card. Mai", t. VI, p. 299.
3. Tgtiominia.n Ecclesiœ Dei ulciscentes. Suger, 1. c. In cxemplum aliorum, ncsimilia quis ultra audcrct tcntare. Vit. Calixl., 1. c.