De 1112 à
BaudoKin,
comte de Flandre, se tait moine
à Saint-Bertin.
de Normandie. Henri P"" lui fit dire de prendre garde à lui, parce qu'autrement il Tirait chercher jusqu'à Bruges. A quoi le comte répondit que le roi eût à s'épargner cette peine \ parce qu'il irait d'abord le trouver à Rouen. Et, en effet, il partit sur-le-champ avec cinq cents chevaux, et alla enfoncer sa lance dans la porte fermée de Rouen, provoquant ainsi au combat le roi qui se tenait emprisonné dans la ville. Henri ayant refusé la bataille, le comte s'en retourna en ravageant le pays pour témoigner au roi son mépris. Mais à peine revenu dans ses Etats, le comte reçut dans un tournoi une blessure dont il sentit qu'il ne guérirait pas^ Alors il prit le froc à Saint-Bertin, où il devait bienlôt mourir dans la pénitence, en donnant aux moines un diplôme où il disait ceci : « Je sens que Dieu m'a justement flagellé et pater- « nellement châtié à cause de mes péchés, et surtout « parce que je n'ai pas rendu aux églises des saints « l'honneur et la protection que je leur devais, « quoique Dieu m'eût constitué leur défenseur : « usant donc des conseils des hommes pieux que la « bonté divine a portés à me visiter, je suis venu « me réfugier dans cet asile de contrition etdepéni- « tence, et je veux qu'à l'avenir toutes leséglises du