Ne tantum laboris assumeret. Ann. BenetL, 1. 73, n
2. Le respect de la vérité nous oblige de menlionner la cause qui rendit sa blessure incurable, selon Ordéric Vital ; ce fut parce que la nuit même où il la rcgut « cuni nuiliere concubiiit ».
LES PUKDÉCESSEIJRS DE CALIXTE II. GC5 « Seigneur jouissent dans mes terres de la liberté et « de la paix, afin qu'elles fassent prier avec ardeur « pour moi ^ » Dix mois après, le comte mourait, et son oncle, le pape Galixte II, alors au concile de Reims, y demandait des prières pour le repos de l'àme du noble pénitent-.
L'exemple de Baudouin entraîna dans la même voie, huit ans plus tard, son beau-frère Guillaume Cliton, héritier de Normandie et prétendant au comté de Flandre, lequel, blessé mortellement sous les mursd'Alost, voulut, lui aussi, aller mourir en habit de moine à Saint-Bertin\ Ces chevaliers, aux passions si vives, espéraient expier leurs fjiutes et purifier leurs âmes sous le froc. Leur confiance était partagée par leurs contemporains, qui tous croyaient, avec l'Église, à l'efficacité de la prière et à la toute-puissance du repentir. A ces vocations si nombreuses dans les rangs de la chrétienté, il fallut ouvrir de nouveaux asiles, et agrandir, en les reformant, les anciennes fondations où, par une loi aussi merveilleuse qu'invariable dans l'histoire
1. Deliberans in animo meo proptcr pcccala mca a Deo juste flagellari et paterne castigari, maxime quia ecclcsiis sanctorum, quarum defciisnr a Domino sum constitutus.... ut pcr hoc pro me affectuosius craie debeant, etc. Ann. Benecl., 1. c.
2. Ordeh. Vit., 1. XII, p. 863. Epistola Clementiaî sororis Papse pro Balduino, Flandrensium comité fllio suo, recitata est. l'ro quil)us et pro cunctis fidelibus defunctis lugubris pastor cum vcnerabili cœtu Deum deprecatus est.
3. En 1127. OitoKii. Vit., XII, p. 885-8(5. On lisait sur sa tombe: Miles famosus Guillelmus vir generosus marcliio Flandiensis jactt hic monachus Siliensis.
GOG LlîlS PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II.
des ordres monastiques, le nombre des néophytes s'est toujours d'autant plus élevé que la ferveur primitive s'était mieux conservée. Le fait put être en effet constaté pendant toute la période qu'on vient de parcourir. On a remarqué, dans le cours du récit, l'heureuse influence de l'esprit réformateur de Cluny sur les grandes abbayes des Pays-Bas S et admiré la fécondité des fondations nouvelles dues, en France, à Robert d'Arbrissel, à Bernard de Tiron, à Vital de Savigny, à Géraud de Salis ; et cependant force nous a été de renvoyer à plus tard l'histoire des origines et de la propagation de l'ordre de Cîleaux^ ^
En Allemagne, la guerre entre l'Eglise et l'empire ne ralentit en rien le mouvement permanent qui perlait la noblesse allemande à sanctifier sans cesse ses domaines par de nouvelles fondations religieuses, à enrichir sans cesse ses possessions de nouveaux monastères. La fille de l'empereur schismatique Henri IV, Agnès, d'abord mariée au duc de Souabe puis au margrave d'Autriche, fonda