‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 33 sur 267 · I. Cor. X, 22. - Is. xli · texte numérisé non relu

I. Cor. X, 22. - Is. xli

Belle lettre

du

comte

de Thuringe

à l'archevêque

de Magdebourg.

plume d'Etienne, éveque de Halbersladt, digne successeur du martyr Burkliard, et adressa à l'intrus une réponse dont voici quelques passages : « Nous « disons que tu entends mal le précepte de l'Apôtre « et que tu l'interprètes plus mal encore. Car, si a toute puissance vient de Dieu dans le sens où tu « l'entends, d'où vient que le Seigneur dise, par « son prophète : Ils ont régné, mais ce n'est point « par moi ; ils sont devenus princes ^ mais je ne les « connais pas^l

« Augustin , en expliquant la sentence de l'Apôtre, « nous l'a dit : Si une puissance commande ce qui « est contre Dieu, alors méprisez la puissance et « n'en redoutez aucune ^.. Mais écoutons TApôtre, « qui parle ainsi lui-même : « Jil n'y a point de « puissance qui ne vienne de Dieu », et qui dit « ensuite : « Et celles qui viennent de Dieu sont or- « données'' y> . Pourquoi às-tu supprimé cette vérité? « pourquoi as-tu voulu nous voiler la moelle et « Tâme de cette sentence?.. Prévoyant, par l'inspi- « ration du Saint-Esprit, qu'il s'élèverait un jour

1. Nous empruntons la traduction de Fleury. L. 63. c. 52. — Le cardinal Baronius ajoute : Hue usque litterse Waltrami quem nostri sseculi politici statuant sibi sui ipsorum dogmatis auctorem et defensorem.

'2. Ipsi regnaverunt et non ex me : principes extiterunt et non cognovi eos. Osée, YlII, 4.

3. Quod si potestas aliquid jubeat quod contra Deuni sit, hic contemne poiestatem, non timendo potestatem alioquin.

4. C'est la traduction que donne Floury, 1. c, en déplaçant ainsi la virgule du verset : Quœ auteni sunt a Deo, ordinatœ sunt.

« dans rÉi^lise des hérétiques comme loi et tes pau reils, qui appelleraient le bien mal, et le mal (( bien, qui changeraient la lumière en ténèbres, (( et qui transformeraient les préceptes de la vérité a en captations de l'erreur, l'Apôlre a voulu tran- « cher les conjectures de l'esprit réprouvé par cette « addition : « Celles qui viennent de Dieu sont orif- données; » or donc, donnez-nous une puissance « ordonnée, et nous ne résisterons plus, et nous « lui tendrons les bras. Mais comment, s'il te reste « une goutte de sang dans les veines, comment ne « rougis-tu pas de dire que Henri est roi, et qu'il « est dans l'ordre^'? Est-ce l'ordre que d'autoriser « le crime, de confondre tout droit divin et hu- « main? Est-ce l'ordre que de pécher contre son « propre corps et d'abuser de sa femme d'une ma- « nière inouïe jusqu'à lui? Est-ce l'ordre que de « traiter en prostituées les veuves qui viennent de- « mander justice? »

Et ici se trouve une vive énumération des crimes de Henri et de ses attentats contre l'Eglise, contre les évêchés, contre les abbayes, vendus par lui ou livrés pour des motifs souvent infâmes ^ Puis le

1. Miror si in te vel gutta sanguinis est quod non erubescis.... An

ordo tibi videturjus darc sceleri nxorcm propriam scelere omnibus

sseculis mundi inaudito lupanar facere ?

2. Etenim Constantiensem; Babenberg, Mogunt, et plures alias pn> [)ecunia, Ratisbon. August. Strasburg. pro gladio, abbatiam Fuldens. pro adulterio, Monasteriens. episcopatum (quod dicere et audire ne- Cas est) pro sodomitica immunditia vendidit, quœ si inipudenter ne-

pontife reprend : a Excommunie, à cause de ses « forfaits, par le siège apostolique, il n'aura jamais « ni empire ni puissance sur nous, parce que nous « sommes catholiques. Tu nous reproches de haïr « nos frères; mais à Dieu ne plaise que nous compte tiens Henri parmi nos frères ou parmi les chré- « tiens, lui qui, sourd à la voix répétée de l'E- <( g lise, doit être considéré comme un païen et un « publicain ! Nous le haïssons et nous offrons cette « haine à Dieu comme un grand sacrifice, disant « avec le psalmiste : Comment ne hairais-je pas^ « Seigneur, ceux qui te haïssent , et comment ne fré^ « mirais-je pas de fureur contre tes ennemis^? « C'est pourquoi nous faisons tous nos efforts pour « regarder les ennemis de l'Église comme nos (c propres adversaires, et nous les haïssons parce « qu'ils sont les ennemis de Dieu, et non les nôtres. « — Tu nous prêches la paix avec tous les hommes ; <( mais tu oublies d'ajouter avec l'Apôtre : si faire « se peut. Or cela ne peut pas se faire avec les en- « nemis de Dieu... Qu'a dit le Dieu Sauveur qui « est lui-même notre paix : Je ne viens pas appor- <( ter la miix sur la terre, mais un glaive *. Qu'estgare volueris, teste cœlo, teste terra, omnes etiam a fur no redeuntes scioli concludent.

1. Cujus odium pro magno sacriQcio Deo offerimus, dicentes cum Psalinista : Nonne qui oderunt te, Domine, oderain, et super inimicos tuos tabescebam? Perfecto odio oderani illos et inimici facti sunt niilii. Vs. cxxxviii.

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