Par la reddition de Castro Giovanni, en
3. Fleury, 1. 64, n. 14. Nous renvoyons à la savante dissertation du cardinal Baronius au sujet des prétendus droits ecclésiastiques conférés par Urbain au comte Roger, droits qui furent l'objet, dans la suite, de si graves contestations. Anu. ad ann. 1097, n. 18 à 145.
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sance des services rendus au Saint-Siège par ccLte république et de ses victoires sur les Sarrasins*. lia sollicitude du souverain pontife ne se renfermait pas dans l'Italie et ses dépendances : elle s'étendait au loin comme le prouvent tant de diplômes^ datés de ces années d'exil et relatifs aux affaires monastiques, à la liberté des élections épiscopales en France et ailleurs\ Au moment même où l'Empereur, franchissant les Alpes, semblait vouloir peser sur la papauté plus qu'à aucune autre époque depuis la mort de Grégoire, Urbain sut rattacher au Saint-Siège, par des liens étroits, deux Français dont l'induencj et les services devaient honorer et fortifier l'Eglise : l'évêque Yves de Chartres et saint Bruno, le fondateur de l'ordre des Chartreux. Yves n'était pas moine, mais il avait été l'élève de Lanfranc à l'abbaye du Bec, puis, placé à la tête d'une communauté de chanoines réguliers à Saint-Quentin de Beauvais, il avait conservé, pendant toute la suite de sa carrière, un vif souvenir de la paix et des jouissances spirituelles du cloître. 11 y avait composé un vaste
1. Bulles des 28juin 1091 et 22 avril 1092, ap, Fledrt, 1, 64, n. 8.
2. In re Cluny, Amiens, Marmoutiers, Séez, Crespin, etc. Il avait surtout défendu les immunités de Fécamp contre l'arclievôque de Rouen, moine lui-même, mais qui n'était pas le seul évèque sorti des monastères et infidèle à son origine; heureusement que les papes moines ne cédèrent jamais à cette tendance.
3. Ep. 19 ad Abbat. Fiscamn. V. aussi Ep 33 ad Lamb. ap. Atre- ',at. n. 40.
MOINES d'occ. vn. 8
114 LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE IL recueil de droit canon, connu sous son nom*, et qui conserva une grande autorité jusqu'à la publication du fameux décret de Gratien. Lorsque l'évêque Geoffroy de Chartres eut été déposé, après un long procès en cour de Rome, comme coupable de simonie, de concubinage et de trahison, Yves fut choisi pour le remplacer, par l'unanimité du clergé et du peuple chartrain^ Le roi Philippe de France le reconnut ; mais il n'en fut pas de môme du métropolitain Richer, archevêque de Sens, qui, voulant maintenir Geoffroy, refusa de sacrer Yves. Celui-ci dut aller trouver le pape, qui le sacra lui-même à Capoue % et le renvoya en France avec une lettre aux habitants de Chartres, où il leur enjoignait de recevoir le prélat comme sacré par les propres mains de saint Pierre*. Et, comme Richer, loin de se rendre au jugement de l'autorité suprême, avait écrit au nouveau prélat une lettre injurieuse, où il semblait à peine reconnaître la validité de sa consécration^ Yves répliqua en revendiquant avec énergie le droit du Saint-Siège, et en déclarant hérétiques tous ceux