‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 49 sur 267 · Behnold., ad ann. 109i · texte numérisé non relu

Behnold., ad ann. 109i

3. In domo Joannis Fricapanem latitare. Gotfrid. Vindocix. Ep. 8. In quadam firmissima munitione, prope Sanctam Mariam novam. Bernold, l. c.

4. Pêne onmibus bonis temporalibus nudatum, et alienosere nimis oppressum inveni. Goff. Yendoc, 1 c.

5. Il était fils d'Henri, seigneur du Lion d'Angers, et petit-fils du seigneur du Craon et d'une fille de France. Ilist. lilt. de France, XI, p. 177. Il fut bénit, comme abbé, par Yves de Chartres, le 24 août

livrer le palais à prix d'argent; mais, comme ni le pape ni les cardinaux ni les évêques de la suite d'Urbain, n'avaient de quoi payer l'usurier, l'abbé Geoffroy vendit ses chevaux, ses mules, et en remit le prix, avec tout ce qu'il possédait, au souverain pontife qui parvint ainsi à satisfaire Ferruccio. Les portes du Latran furent alors ouvertes à Geoffroy, qui eut pour récompense le bonheur de baiser le premier les pieds d'Urbain 11 rétabli sur le trône 011 nul pape oithodoxe n'avait siégé depuis l'exil de saint Grégoire YIP.

Urbain se rendit ensuite en Toscane où l'appelait Mathilde qui poursuivait les succès déjà obtenus contre les impérialistes. Elle conduisit à Rome l'infortunée impératrice, qui, prosternée devant le père commun des fidèles, lui raconta les crimes honteux dont elle avait été la victime'. Déjà dans une assemblée de princes et de prélats allemands, tenue à Constance parle légat Gebhard% l'impéra-

1. Flens accessi ad eum dicens ut sccure cum Ferruccio iniret pactum. Ibi auruin et argentum, nummos, mulas et equos expendi : et sic Latcrancnse habuimus, et intravimus Palatium. Ubi ego primas osculatus suin Domini papaî pedem, in scde videlicet apostolica, in que lon^e ante catholicus non sederat pipa. Ibid.

2. Quœ susceptam reginam ad venerabilera perduxit Urbanum.... Cujus provobita pedibu«, profusis lacryinis ac intimis singultibus omnem suœ, quam pcrtulerat, calamitatis intiinavit iniseriam. Dode-

CUINUS, 1. c.

3. A Pâques i09i. Ce concile défendit au peuple, sous peine d'excommunication, d'assister aux offices des prêtres sinioniaques ou incontinents.

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Irice avait dénoncé les outrages qu'il lui avait fallu subir de la part de son indigne époux \ Elle renouvela ces terribles accusations devant le tribunal le plus solennel de la terre, au concile général convocpé par le pape à Plaisance, au milieu même de la contrée naguère la plus infectée parle scbisme impérialiste (mars 1095)\ A cette solennelle assemblée, on vit accourir les évêques d'Italie, de France, de Bourgogne, d'Allemagne, au nombre de deux cents, plus de quatre mille clercs et moines et trente mille laïques. Aucune église ne pouvant contenir une telle foule, il fallut tenir le concile en plein air bors de la ville. Adélaïde y comparut, et, après une confession publique des borribles excès auxquels son mari l'avait condamnée, elle obtint l'absolution pour la part involontaire qu'elle y avait prise", tandis qu'une nouvelle ex-

. 1. Querimonia Praxedis reginse.... pervenit, quae se tentas tamque iiiauditas fornicationum spurcitias, et a tantis passam fuisse conquesta est, ut eliam apud inimicos fugam suam facilliine cxcusaret, o;nnesque catliolicos ad compassionem tantaruin injuriarum sibi conciliaret. Bernold., ad ann. 1094.

.2. In média Longobardia inter ipsos schismaticos et contra ipsos. Bernold., ad ann. 1095. Primus erat mensis quo nascitur humor in lierbis. Dumnizo, II, 8.

5. Cujds querinioniam Dû:ninus Papa cum S. Synodo satis misericorditer suscepit, eo quod ipsain tanlas spurcitias non tam commisisse quain invitam pertulisse pro certo cognoverit. Unde et de pœnitentia pro hujusmodi flagiliis injungenda illam absolvit. Bernold., 1. c. Henricuin denuo excominunicavit pro illicitis ac ncfandis, oranibusque sœculis inaudilis rébus in légitima uxore pcrpetratis. Do- DECHiN., 1. c. — Adélaïde retourna en Russie et y linit ses jours dans un cloître.

126 LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. communication était fulminée contre son infâme époux*.

1. Parmi les apologistes contemporains d'Henri, il n'y en a qu'un {Vit. Henric. Anonym. ap. Urstir.) qui accuse Mathilde d'avoir gagné le jeune roi Conrad, et ils gardent tous un silence prudent sur les révélations accablantes d'Adélaïde. Les historiens protesianls sont moins embarrassés, et ne s'en montrent que plus disposés à défendre leur héros. Prenons, par exemple, parmi les plus savants, entre les modernes, MM. Lûden et Stcntzel. Lûden invente, pour expliquer cette double accusation du fils et de la femme de l'empereur, l'explication la plus bizarre. Selon lui, Conrad et Adélaïde auraient été enlevés à Vérone par Mathilde, laquelle leur aurait fait à lousdeux leur leçon, d'accord avec le pape, et aurait diclé à Adélaïde k s infâmes accusations qu'elle devait porter contre son mari. Il ne cite p; s d'ailleurs la moindre autorité contemporaine duns sa laborieuse n ais assez courte dissertation à ce sujet, liv. XIX, c. 11, n. 17. T. IX : « Je ne sais pas, dit-il, concevoir les choses autrement. » Ne voilàt-il pas une raison bien satisfaisante pour le lecteur consciencieux ! Ainsi, le pape, la comtesse Mathilde, l'impératrice, le jeune roi, le coi.cile des prélats et des princes allemands à Constance, le concile général de Plaisance et les historiens contemporains, auraient tous et chacun été dupes ou instruments d'un faux abominable! L'hypothèse est acceptée comme bien plus admissible que le crime d'un seul homme, parce que cet homme, en sa qualité d'ennemi de l'Église, était l'un des précurseurs de la sagesse moderne! M. Lûden ne j eut pas concevoir qu'il en puisse être autrement! Quant à M. Stentzel(t. f, p. 552), il ne cherche pas à nier la vérité des faits ; mais, comme Liiden (t. IX, p. 256), il témoigne toute son indignation, non centre les attentats commis par Henri sur la personne de sa femn:e,mais contre l'effronterie de celle-ci, qui osait s'en plaindre publiquement dans un concile! « Il se peut, dit-il pour l'excuser (la victime, et non le bourreau), il se peut que cette femme, étant d'un sang plus froid ^elle était Russe), ait éprouvé de la répugnance pour les voluptés eicessives auxquelles son mari a pu la prostituer. » Il faut citer dins l'original ces incroyables paroles : « Es mag seyn dass dieser Ertu von liselterm Blute, die auschereifende Wolluste zuwider war, zu dcr sie von ihrem Gemahl genusbraucht \verden mœchte. » De sorte que si elle avait eu un sang chaud d Italienne ou d'Espagnole, rien n'eût

LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. 127 Cependant, le roi Philippe de France, qui avait été excommunié l'année précédente, pour cause de bigamie, dans un concile tenu à Autun, avait élé cité devant celui de Plaisance ; mais il demanda un délai que le pape lui accorda. Les ambassadeurs de l'empereur d'Orient, Alexis Comnène, y vinrent aussi pour demander humblement au pape et aux chrétiens d'Occident quelques secours contre les infidèles qui menaçaient déjà Constantinople. Urbain, sans s'arrêter au schisme qui infectait déjà l'Eglise byzantine, exhorta les catholiques à accorder ce secours, et plusieurs s'engagèrent par serment dans l'entreprise.

Le concile régla ensuite une foule de points de discipline, et renouvela les condamnations antérieures contre l'hérésie de Bérenger, contre les simoniaques et les prêtres incontinents. Le pa[e se rendit ensuite à Crémone où le jeune roi Conrad vint le trouver, lui servit d'écuyer lors de son entrée dans la ville, et lui prêta serment de fidélité. Urbain reçut le prince comme un fils de l'Eglise romaine^ et lui promit de l'aider à obtenir la couronne impériale, à condition qu'il renoncerait aux investitures. Il le fiança ensuite à la fille du comte

été plus simple! Et voilà comme on écrit l'histoire I N'est-ce pas le cas de se rappeler la belle parole du comte de Maistre, sur les écrivains de cette école : Ils n'ont d'entrailles que pour le crime.

1. Oflicium stratoiis exhibuit.... In filium S. Romanse Ecclesia? recepit. Bern., ami. 1095.

Roger de Sicile; de sorle que les trois principales forces du parti de l'Église, en Italie, Mathilde, les Normands et le jeune roi, se trouvèrent unis par des liens nouveaux. — Cette heureuse tournure des affaires* permit au pape de passer en France, où l'appelaient les plus graves intérêts.

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