Le 10 oclobrc
concile de trente-deux évoques et de plusieurs abbcs, où furent de nouveau publiées les sentences déjà portées contre l'empereur Henri* et contre le roi de France. Ainsi frappé d'excommunication, Philippe en appela au pape, menaçant Urbain de se retirer de son obédience si on ne l'absolvait pas. llugues le cita à comparaître au concile de Plaisance, puis lui accorda un nouveau délai jusqu'à la Toussaint de l'an 1095, malgré les instances d'Yves de Chartres, qui n'avait d'autre espoir que dans l'énergie du souverain pontife et du légat ^
Sur ces entrefaites, Urbain passa lui-même en France, où, ayant célébré la fête de l'Assomption à Notre-Dame du Puy, il alla consacrer l'église de la Chaise-Dieu, grande abbaye d'Auvergne, qui, sous le gouvernement de l'abbé Séguin, avait atteint le plus haut point de splendeur et de régularité. De là, le pape se rendit à son propre monastère de Cluny, dont l'abbé, le grand Hugues, vivait encore après quarante-six ans de prélature. Hugues eut le bonheur de recevoir son ancien disciple devenu chef de l'Eglise, après avoir été prieur à Cluny. Urbain était le premier pape qui eût visité ce célèbre monastère si spécialement voué
1. Cette publication était motivée sur ce que la plupart des évoques du concile étaient du royaume de Bourgogne ou d'Arles, alors réuni au Saint-Empire romain. Lyon même relevait de l'Empire, en même temps que du roi de France.