‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 55 sur 267 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Urbain II, Pierre l'Ermite et les préparatifs de la croisade.

î.es premiers pèlerins en terre sainte. — Saint Simon et Sigebert de Mayence à Jérusalem. — Calamités subies par les chrétiens en Palestine. — Les croisades ne furent point pour l'Église une cause d'affaiblissement. — La douce soif du saint pèlerinage, du voyage de Dieu. — Urbain II fut le véritable promoteur de la première croisade. — Fondations pieuses des croisés avant leur départ pour la terre sainte.

Ce qui fait, aux yeux de la poslérilé, la principale gloire du concile de Clermont et d'Urbain II, c'est la prédication de la première croisade. Cette grande entreprise avait été, depuis longtemps, pour ainsi dire, préparée par les fréquents pèlerinages des chrétiens d'Occident au saint sépulcre. Les catholiques de tout âge et de tout rang y venaient en foule de tous pays, à travers mille dangers^ ; les princes s'y rendaient comme les au-

1. Roberlus, comes Flandrensis, cum baculo et pcra.... de 1085 à 1089. Ms. Rob. Monach. cité par Ducange, iiot. in lib. Vil Alexiadis ; — Le vicomte de Limoges, le comte d'Angoulême, le duc Robert «le Normandie, le comte de Luxembouig.

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Ires, le bourdon à la main el le sac sur le dos^ An [iremier rang de ces pèlerins s'étaient toujours si- <4nalës les moines. Presque tous les abbcs ëminenls du onzième siècle^ et une foule de religieux avaient fait le voyage de terre sainte. Un grand nombre de soigneurs et de chevaliers abandonnaient aussi leurs foyers, et, touchés de componction après s'être agenouillés devant le tombeau de Jésus-Christ, ils s'en revenaient achever pieusement leur vie dans quelque monastère. Dès la fin du dixième siècle Bononius était allé s'établir en Egypte et ensuite à Jérusalem ; il y avait réformé, d'après la règle de saint Benoît, les monastères qui subsistaient encore dans ces contrées conquises par les musulmans, et il avait pu ramener à Constanlinople une foule de captifs ftrecs, rachetés orrâce à son dévouement". Le srrand LoM.icmieis

^ \ ^ . . . ^ pèlerins

abbé Richard de Saint- Vannes, s'était mis en route, en terre saime.

Saint Siméon

à la tête de sept cents pèlerins réunis par le duc Ri- «t

^ A I Sigebert

chard de Normandie et dont ce prince s'était chargé ^'^ Mayence de défrayer la dépense. Le moine saint Siméon, né .i»'nisaiem.

i.Il y avait eu déjà plusieurs pèlerinages dans les siècles antérieurs — Y. plus haut, l'acte d'élection d'un abbé en place de celui de Saint-Albin, qui se rendait à la terre sainte. L'éclaircissement n° 11, à la lin du t. I de V Histoire des croisades j par Michaud, contient un résumé assez complet des pèlerinages antérieurs aux croisades; mais le travail le plus exact, sur ce curieux sujet, est la Liste cluonologique des pclerinngcs anlrriews aux croisades, depuis le troisième siècle, dressée avec beaucoup de soin par M. Ludovic Lalanne et insérée dans la Biblioth. de récole des Chartes, t. II, p. 1, 2" série.

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