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170 LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE IL d'Aragon, dont l'un, Sanclie Ramirez, atteint sous les murs de la place d'un coup mortel, avait fait jurer à son successeur de ne jamais consentir 5 lever le siège. Pendant ce temps, le clunisle Bernard, archevêque de Tolède, était venu rejoindre Urbain en France, pour prendre part, comme ses compatriotes, à la croisade; mais le pape le renvoya en Espagne pour y organiser la guerre contre les infidèles \ Enfin, Urbain ayant glorieusement terminé sa mission au delà des Alpes, reprit le chemin de l'Italie, où l'Empereur s'était maintenu grâce à l'appui des évêques lombards.
La cause de l'Eglise venait de subir la défeclion du duc Welf et de son fils, le mari de ^Mathilde. Trompés, paraît-il, dans leur attente, au sujet des biens de la grande comtesse dont l'intention persistante était d'en faire l'abandon au Saint-Siège, ils avaient déserté leur parti pour adopter celui de l'empereur Henri^; mais l'héroïque Mathilde leur tint tête à tous les trois, et elle réussit à conserver
1. Outre le futur antipape, Maurice Burdin, moine dUzerches, Ber nard ramena avec lui en Espagne un moine de Moissac, Gérard, q i devint arclievêque de Braga, et mourut en 1 1 10 ; il est honoré comme un saint.
2. Dux.... llenricum sibi in adjutorem adscivil contra dominam Matliildem ut ipsam bona sua filio ejus dare compelleret, quamvis nonduni illam in maritali opère cognosceret. Berx., ad 1095. Selon Stentzel, t. I, p. 555, etLABUE, Chron., II, '258, la défection des WeHs daterait du commencement de 1095, mais on n'en voit aucun syn ptôme avant le départ du pape pour la France.
LES PREDECESSEURS DE CALIXTE H. 171 au pape la possession de loiil le territoire qu'elle lui avait concédé.
Urbain se rendit d'abord à Milan qu'il retrouva dans les mêmes dispositions anliimpérialistes. 11 y canonisa, en qualité de martyr, le chevalier Herlembald, qui, tenant en main la bannière de Saint-Pierre, était tombé sous le couteau des prêtres simoniaques et concubinaires de Rome (1075).
Le pape voulut, en outre, prêcher lui-même contre la simonie devant une immense multitude entassée in pulpito sanctx Theclx, et à laquelle il déclara que le dernier des clercs inférieurs comptait plus dans l'Eglise de Dieu que le plus grand des monarques ^
De là le souverain pontife se rendit à Rome, dont uibain n
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la plupart des habitants avaient reconnu son auto- où
rite, et où le pape célébra solennellement les fêtes p)inces(rois(s de Noël, bien que le château Saint-Ange fût encore occupé par ranti[)ape Guibert, l'adversaire persévérant de toute expédition en terre sainte ^ C'est vers ce temps que Godefroy de Rouillon traversa toute rAllemagne, au milieu des acclamations de la multitude qui croyait fei'mement que Charlemagne allait ressusciter pour la conduire contre les enne-
1. In pulpito sanctse Theclsc immensse multitudini utriusqiie scxus jtrspdicavitquodminimus clericus de Ecclesia Dei major quolibet rego mortali. Lani.ui.ph. de S. Paul, Chro7i. MedioL, c. '28, ap. Muuatohi.