‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 105 sur 174 · In Rufinum, 1. 1, v · texte numérisé non relu

In Rufinum, 1. 1, v

que les pêcheurs qui habitaient ces côtes avaient été exemptés, par les conquérants francs, de tout tribut, parce qu'ils étaient chargés de conduire les âmes des défunts jusque dans la Grande-Brelagne. c( Vers minuit, » dit l'historien byzantin, « on heurte à leur porte, ils s'entendent appeler lout bas ; ils se lèvent el courent au rivage ; il y trouvent des barques étrangères où il ne voient personne, mais qu'il leur faut conduire à la rame ; et ces barques sont si pleines de passagers invisibles qu'elles semblent au moment de sombrer, et s'élèvent à peine d'un doigt au-dessus de l'eau. En moins d'une heure le trajet est accompli, bien qu'il leur faille plus d'une nuit pour le faire avec leurs propres nacelles. Arrivés au but, les navires se déchargent au point de laisser voir leur carène. Tout demeure invisible ; mais les matelots entendent une voix qui appelle une à une lésâmes voyageuses, en qualifiant chacune d'elles par la dignité dont elle a été revêtue, et en y ajoutant le nom de son père, ou, si c'est une femme, celui de son mari^ »

C'est sur cette terre, échue de tout temps en patrimoine à la poésie légendaire, qu'on vit s'abattre

1. Intempesta nocte... se ad opus obscura voce acciri audiunt... apprehendunt remos et naves sentiunl tôt vectoribus onustas ut ad summam usque tabulam immersse... Nullum vident nec navigantem nec navi egredientem : solum asserimt audire se vocem, quse vectorum singulorum nomina tradere excipientibus... Si quse feminte... viros... nominatim inclamant. Paocor. , de Bello Gothico , 1. iv, c. 20.

sous LES PREMIERS MÉROVINGIENS. 505 un essaim de missionnaires monastiques à la tête d'une population déjà chrétienne. Us venaient demander un abri à des frères issus de la même race conversion

^ I j , - de l'Airnorique

et qui parlaient la même langue. Les cneis des par

. , , les émigrés

moines bretons , qui débarquaient avec des armées bretons. de disciples sur ta plage armoricaine, entreprirent de payer l'hospitalité qu'ils y reçurent par le don de la vraie foi, et ils y réussirent. Ils imposèrent leur nom et leur culte à leur nouvelle patrie. Ils prêchèrent le christianisme dans le dialecte commun à toutes les races celtiques et à peu près semblable à celui que parlent encore les paysans bas-bretons. Ils implantèrent dans la Bretagne armoricaine, dans notre Bretagne à nous, cette foi qui y est restée jusqu'à présent si solidement enracinée. « Le soleil, » dit un religieux breton du xvu^ siècle dans une apostrophe à l'un de ces apôtres d'outre-mer, c( le soleil n'a jamais esclairé de canton où ayt paru une plus constante et invariable fidélité dans la vraye foy, depuis que vous en avez banni l'idolastrie. Il y a treize siècles qu'aucune espèce d'infidélité n'a souillé la langue qui vous a scrvy d'organe pour prescher Jesus-Ghrist, et il est à naistre qui ayt vu un Breton bretonnant prescher une autre religion que la catholique \ »

Cette conquête pacifique ne se fit pas sans résistance. Les moines bretons rencontrèrent sur le sol

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