‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 108 sur 174 · La Villema&qué, p · texte numérisé non relu

La Villema&qué, p

s'ouvrirent pour contempler le ciel ouvert sur sa tête, et il se mit à chanter un dernier cantique que l'on répète encore dans son pays :

c( Je vois le ciel ouvert ; le ciel, ma patrie, je veux « m'y envoler... J'y vois mon père et ma mère c( dans la gloire et la beauté; je vois mes frères, « les hommes de mon pays. Des chœurs d'anges, c( portés sur leurs ailes, volent autour de leurs « têtes, comme autant d'abeilles dans un champ de a fleurs. »

Le troisième jour après cette vision, il dit à Christine de lui faire son lit, non pas comme d'habitude, mais avec une pierre pour oreiller et de la cendre pour couchette. « Quand l'ange noir viendra me « chercher, qu'il me trouve couché sur la cendre. » Christine tout en lui obéissant lui dit : « Mon oncle, c( si vous m'aimez, demandez à Dieu que je vous « suive sans tarder, comme la barque suit le couce rant. » Elle fut exaucée : au moment où Hervé expirait, la petite Christine, a se jetant à ses pieds, y mourut aussi \ » Hervé, le moine aveugle, est resté jusqu'à nos jours le patron des chanteurs mendiants qui chantent encore sa légende en vers bretons, et l'on a montré longtemps dans une petite église de basse Bretagne^ le berceau de chêne vermoulu où l'endormirent de leurs chansons le barde et la femme poëte que Dieu lui donna pour

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