CHAPITRE III
Luttes contre les Grecs.
Conflit avec Jean le Jeûneur, patriarche de Constantinople, sur le titre d'évèque universel : il ne veut pour lui que le titre de serviteur des serviteurs de Dieu. — Conflit avec l'empereur Maurice : loi contre l'admission des soldats dans les monastères ; lettre célèbre à Maurice. — Maurice détrôné et égorgé par Phocas : félicitations de Grégoire au nouvel empereur ; contraste avec son courage et sa droiture habituelle.
Ses II lui fallait encore plus de constance et de cou-
"et^reHgièùses^ rage pour lutter contre les Grecs, contre cet empire les empereurs, d' Orient , représenté par des fonctionnaires dont les exactions odieuses désespéraient les peuples au moins autant que les ravages des Barbares, et dont la malice était plus redoutable, a-t-il, écrit, que l'épée des Lombards : « Ceux-ci ne font que tuer nos corps, tandis que les juges impériaux dévorent nos âmes par leurs rapines et leurs fraudes \ » Ailleurs il dénonce à l'impératrice les officiers qui, en Sardaigne, vendaient à prix d'argent aux païens le
1. Ejus in nos malitia gladios Longobardorum vicit, ita ut bcnigniores videantur hostcs, qui nos interimunt, quam Reipubllcnc judices, qui nos... rapinis atque fallaciis in cogitatione consumunt. Epist.,
droit de sacrifier aux idoles, puis continuaient à prélever cet impôt sur ceux qui se faisaient baptiser, et qui, en Corse, accablaient dételles charges les habitants , qu'ils en étaient réduits à vendre leurs enfants et allaient chercher un refuge chez les Lombards ^ Il en était de même en Sicile, et les revenus provenant de ces extorsions devaient être employés à défendre l'Italie. Mais, disait Grégoire à l'impératrice : c< On pourrait suggérer à l'empereur qu'il vaudrait mieux supprimer quelques dépenses en Italie, alin de supprimer les larmes des opprimés en Sicile \ Je dis ceci brièvement, mais afin que le Juge suprême ne me fasse pas un crime de mon silence. »
Toute la vie de Grégoire fut donc une lutte avec l'esprit byzantin , avec le patriarche de Constanti- Eiies durent
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nople qui tendait à supplanter le pontife romain, que sa vie. comme avec l'empereur qui voulait dominer l'Italie sans la défendre, et régenter l'Église comme si elle n'eût été qu'une province de son empire. Dieu l'avait conduit à Constantinople, avant son pontiiicat, comme pour mieux explorer le champ de bataille^ où il devait remporter pour l'Eglise plus d'une laborieuse victoire.
Parmi tant de conflits, où Grégoire sut toujours