‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 55 sur 174 · OzANAM, fragment déjà cité · texte numérisé non relu

OzANAM, fragment déjà cité

mais aussi elle est moins dominéo que chez les autres Pères par les habitudes d'une rhétorique de décadence. Elle naissait chez lui de la vie intérieure. Ses écrits sont d'un moine. Nul n'a mieux connu l'âme humaine, n'eu a plus intimement analysé les misères et les besoins, n'a plus clairement et énergiquement indiqué le remède à ces maux. Nul n'a mieux trouvé, grâce aux secrets de sa vocation primitive, les expressions nouvelles qu'il fallait au génie nouveau du christianisme, à ces vertus nouvelles, inconnues de la langue comme du cœur des païens. Nul n'a plus de droit à être regardé comme le créateur de ce grand style chrétien , qui pénètre dans l'âme par des voies inaccessibles a l'émotion profane et la domine en l'enveloppant de la lumière d'en haut.

Ajoutons que nul n'a parlé ni écrit avec une autorité plus grande et mieux reconnue par la postérité ; que nul n'a plus complètement formulé la constitution et la doctrine de l'Eglise.

Nous avons déjà nommé son Sacramentaire, qui a fixé le chant, la langue et les formes delà liturgie, ainsi que ses Dialogues, qui ont servi de type à l'hagiographie du moyen âge. Signalons en outre son Pastoral, où il pose les règles qui doivent présider à la vocation, à la vie, à la doctrine des pasteurs, et où il entremêle à ces enseignements de touchants et nobles retours sur sa propre infirmité. On l'a dit avec raison : ce livre donna la forme et la vie

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i\ tout le corps hiérarchiqu(^ et fit les évéqnes qui ont fait les nations modernes^ Puis viennent ses admirables travaux sur l'Ecriture sainte, et par-dessus tout les trente-cinq livres àesMoralia, ou commen- Les Momiia. taires du livre de Job, commencés à Constantinople avant son élection, et continués pendant son pontificat, qui popularisèrent les secrets de l'ascétisme, en développant les traditions les plus élevées de l'interprétation biblique, et méritèrent de servir, pendant tout le Moyen Age, de base à l'enseignement de la théologie morale. De nos jours, ce qu'on lira avec le plus d'intérêt, ce sont ses treize livres d'EpUres^ recueil de cette immense correspondance ses Épîtres. où il promulguait chaque jour et selon les besoins du temps la législation usuelle de l'Eglise, où son infatigable regard va visiter de l'Irlande au Caucase les coins les plus reculés du monde chrétien, et où il a tracé le tableau vivant de son époque en même temps que les annales de ce grand gouvernement des âmes et même des intérêts temporels, qu'il exerçait avec tant de justice, de prudence, d'activité, de discrétion et de compassion.

11 fut en outre un prédicateur éloquent et infatigable, et il attachait une très-grande importance à ses sermons. ce que ce devoir fût accompli par les autres évêques comme par lui-même ^ Il s'y consacrait sans relâche, même au milieu des plus graves embarras

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