Dulcissimse filise. Epist., xi
2. Epist., IV, 9 ; V, 6 et 24. Il y avait dès lors des religieuses de plusieurs sortes ; la plupart vivaient en communauté, mais d'autres étaient des recluses solitaires, ou bien vivaient dans leurs familles en portant le voile : divers abus résultaient de ces deux derniers modes, auxquels les papes et les conciles mirent fin. Dans ses dialogues saint Grégoire parle de plusieurs saintes religieuses en les qualifiant de Ancilla Christi, Deo devota, confessa, reclma; il leur donne aussi le nom de moniaUs qui devint ensuite le terme généralement employé.
Les trois tantes de saint Grégoire étaient l'eligieuses en quelque sorte domest/iques ; il en parle ainsi :
« Très pater meus sorores habuit : quae cunctœ très sacrœ virgines fuerunt... uno omnes ardore conversee, uno eodemque tempore sacratîe, sub districtione regulari degentes, in domo propria socialein vitam ducebant. » Hom. 38, in Evang.
5. Ces décrets, comme on l'a vu plus haut (p. 37) , ne s'appliquaient qu'à la bénédiction ou profession solennelle, et n'empêchaient pas les jeunes filles de consacrer leur virginité à Dieu dès
les communautés , aient au moins soixante ans et soient d'une renommée irréprochable ^ Sa paternelle générosité pourvut aux besoins des religieuses qui , sorties des monastères ruinés de l'Italie et réfugiées à Rome , au nombre de trois mille, soufrirent beaucoup du froid pendant le rude hiver de 597, et y menaient d'ailleurs la vie la plus édifiante. c( C'est à leurs prières, » écrivait-il à la sœur de l'empereur Maurice, « à leurs larmes, à leurs abstinences, que Rome doit d'avoir été sauvée entre les glaives des Lombards ^ . »
On a déjà vu avec quelle rigueur il poursuivait, comme abbé, chez les religieux, ce que la langue Il proscrit monastique appelait la péculiarité^ ou le vice de pémiiariié. la propriété personnelle. Comme pape, il déploya la même sévérité. Il refusa de confirmer l'élection d'un abbé qu'il savait entaché de ce vice : « Je sais qu'il aime la propriété, » écrivait-il, « ce qui montre clairement qu'il n'a pas le cœur d'un moine... Si cet amour subsiste parmi vous, il n'y aura ni concorde ni charité. Qu'est-ce que la vie monastique, si ce n'est le mépris du monde? et comment peut-on dire qu'on le méprise, quand on cherche l'argent^? »
l'enfance et de prendre elles-mêmes le voile, ainsi que le constatent une foule d'exemples. Cette question a été traitée à fond par Thomassin. Vêtus et nova Ecclesix Disciplina, pars I, lib. m, c. 58.