‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 65 sur 174 · Epist., vu · texte numérisé non relu

Epist., vu

3. Cognovi quod peculiaritati studeat, quse res maxime testatur eum cor monachi non liabere. Epist., xn, 24.

vocations.

Les moines ne pouvaient pas plus tester que posséder en propre. Dans un concile tenu à Rome en 600, l'abbé Probus, qui avait remplacé Grégoire comme supérieur du monastère de Saint-André, ne put obtenir, par dispense spéciale, le droit de faire son testament en faveur de son fils que parce que le pape déclara que, de simple reclus qu'il était, on l'avait fait abbé malgré lui d'un monastère dont il n'était pas même moine, sans lui laisser le temps de disposer de son bien avant d'y entrer.

La légitimité et la sincérité des vocations religieuses fut encore l'objet de sa vigilance spéciale. n veiiie

^ . . , . . . , '• 'a sincérité

On voit par ses écrits qu'il avait fait une étude des particulière des conditions propres à éclairer et à décider les chrétiens sur leur vocation spirituelle. Dans la vie religieuse elle-même , il ne voulait pas qu'on se livrât à la vie contemplative avant de s'être longtemps et sérieusement éprouvé dans la pratique des vertus chrétiennes et la méditation active des choses divines. « Quand on veut, » disait-il, « atteindre la citadelle de la contemplation, il faut commencer par s'exercer dans le champ du travail. » Il s'étend longuement sur les dangers de la vie contemplative pour les esprits inquiets et présomptueux, qui risquent, par orgueil, d'aspirer à dépasser les forces de l'intelligence, et d'égarer les faibles en s'égarant eux-mêmes. « Quiconque, » ajoute-t-il, a veut se consacrer à la contemplation, doit nécessairement s'interroger à fond pour savoir jusqu'à quel point

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il peut aimer. Car c'est Tamour qui est le levier de l'âme. Lui seul peut la soulever, et, en l'arrachant du monde, lui donner tout son essor et la faire planer dans les cieux/. »

Cette intelligente étude de la vie morale et intérieure des religieux ne pouvait que le rendre d'autant plus attentif aux moyens par lesquels se recrutait la population toujours croissante des monastères. 11 fit enjoindre à un mari qui s'était fait moine dans un couvent de Sicile sans le consentement et la conversion simultanée de sa femme, de retourner auprès de celle-ci, en marquant nettement dans sa lettre la différence entre la loi divine

double la durée et liumainc sur l'indissolubilité du mariage \ Il indu uûviciai. terdit aux supérieurs de tonsurer leurs religieux,

c'est-à-dire de les recevoir définitivement dans

l'Ordre monastique, avant d'avoir éprouvé leur

conversion par deux ans de noviciat ; c'était un

an de plus que n'avait fixé saint Benoît^. » Il

voulait que ce noviciat sérieux , subi en habit

laïque, éprouvât les dispositions de cette foule de

laïques et surtout d'esclaves appartenant soit à

l'Église, soit aux séculiers, qui cherchaient un

asile dans les monastères, afin d'échanger la servi-

1. Necesse est ut quisquis ad coiiteniplationem studia properat semetipsum subtiliter interroget, quantum amat. Machina quippe mentis est vis amoris : qu?e hancdum a mundo extrahit, in alla sustollit Moralia, lib. vi, c. 57.

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