Epist., XI
Tt. Epist., X. 24.
tude humaine contre le service de Dieu. Dans les considérants du décret qu'il fit rendre à cet égard au concile de Rome en 595, il est dit : « Si nous les laissons faire, tous les domaines de l'Eglise seront abandonnés ; et si nous les repoussons sans examen, nous ôtons quelque chose à Dieu qui nous a tout donné. Il faut donc que celui qui veut se donner à Dieu soit auparavant éprouvé en habit séculier, afin que si ses mœurs font voir la sincérité de son désir, il soit débarrassé de la servitude des hommes pour en embrasser une plus rigoureuse ^ » Les esclaves pouvaient se faire moines, d'après une loi de Justinien, sans le consentement de leurs maîtres; mais il fallait les affranchir en payant à ceux-ci leur
l. Cum ad clericalem professionem tam ex ecclesiastica quam ex Sïoculari mililia quotidie pœne innumerabilis miiltitudo conflueret, iiequaquam eos ad ecclesiastici decoris officium, sed ad capienduni i^olummodo monachicum propositum... suscipiendos censebat. Joan. Duc, II, 46. — Multos de ecclesiastica familia seu sa3culari militia iiovimus ad omnipotentis Dei servi tium festinare ut ab humana servitute liberi in divino servitio valeant familiarius in monasteriis conversari... Necesse est ul quisquis ex juris ecclesiastici vel ssecularis milititc servitute Dei ad servitium converti desiderat probetur prius in laico habitu, et si mores ejus... in monasterio, servire permittatur ut ab humano servitio liber recédai qui in divino amoro districtiorem subire appétit servilutem. Epist., iv, 44, éd. Coletti. Append.v, éd. Benecl. — Mabillon {Ann. Bened., 1. vni, c. G4), Fleury (1. xxxv, c, 43), et Lau (p. 236), sont tous d'accord pour appliquer aux esclaves les termes de ce décret. Il faut s'incliner devant de si graves autorités, et cependant, en rapprochant ces termes du passage de Jean Diacre (jue nous citons en tète de cette note, on serait tenté de croire qu'il s'agit non pas de ceux qui fuyaient la servitude proprement dite, mais seulement le service ordinaire de l'Église et de l'État, ou de la vie séculière.
Calella.
190 SAIiNT GRÉGOIRE LE GRAND,
valeur : l'esclave devenu moine qui se montrait infidèle à sa nouvelle vocation risquait d'être renvoyé à son ancien maître ^
Dans toute cette vaste correspondance par laquelle Grégoire prit en quelque sorte possession de l'Occident pour la papauté, je ne sais s'il existe une lettre plus touchante que celle qu'il adressait au sous-diacre de l'Eglise romaine en Campanie, au sujet d'une jeune esclave qui voulait se faire reli- La jeune esclave gicusc. « J'ai appHs quc Ic défcnscur Félix possède une jeune fille, nommée Catella, qui aspire avec larmes et un véhément désir à l'habit religieux, mais que son maître ne veut pas le lui permettre. Or je veux que vous alliez trouver Félix, et que vous lui demandiez l'âme de cette fille; vous lui en payerez le prix voulu et vous l'enverrez ici par des personnes graves qui la conduiront au monastère. Et faites cela vite , afin que votre lenteur ne fasse courir aucun danger à cette àme\ »
Ses efforts pour la propagation de l'Ordre bénc- Fondaiions dictiu furcut aussi efficaces que constants. Il consacra une portion du patrimoine de l'Eglise à fonder de nouveaux monastères en Italie. Il en construisit pour la première fois dans l'île de Corse. Il confia à des moines la garde et le service de plusieurs