CcviFi
3. \.o que es niuclio para aquollo ticnipo que siciido Roy y (ioclo.sc aplicava a las lotras. Yi;i>es, Cent, sccund., p. 43.
par saint Eugène, archevêque de Tolède, et deux autres évêques , par cinq comtes et par quatre abbés, parmi lesquels on remarque le nom d'Ildefonse, destiné à la plus haute illustration \ Mais le Formule
^ visigolliique
grand nombre de donations analogues est a (leste pour
les l'onilations
par la formule générale et officielle qui servait de monastiques. modèle aux actes dressés à cette lin, et que l'érudition française a récemment mise en lumière. Le roi qui voulait fonder ou doter une communauté s'y adressait au saint dont les reliques devaient se trouver dans la nouvelle église, et parlait un langage qui fait en quelque sorte palpiter ces pièces de procédure sous le souftle ardent de la foi espagnole. (( Glorieux seigneur et bienheureux triomphateur, » y disait-il, « nous avons décrété que désormais, dans le lieu où repose le trésor de votre corps sacré, il y aura une congrégation de moines destinés à servir Dieu et à honorer votre mémoire selon l'usage des Pères qui ont posé la règle de la vie monastique. Nous offrons à votre glorieuse mémoire telle et telle portion de notre patrimoine , pour entretenir l'église et son luminaire, son encens et ses sacrifices, pour le vêtement et la nourriture régulière des moines , pour le soulagement des pauvres et pour que les voyageurs y soient accueillis... Nous voulons que cette donation, faite pour effacer nos péchés, soit perpétuelle; que nul
i. Ykpes, Coronica gênerai del Orden de S. Benito, t. Il, p. M't, cl Append., Escritiira 13.
prêtre, nul prélat ne puisse l'aliéner. Nous avertissons les abbés futurs à travers les siècles de ne point dissoudre, par la tiédeur et l'irrégularité, le lien que nous constituons ici. Et vous qui régnerez après nous, nous vous en conjurons par l'empire du Roi éternel (et qu'ainsi Dieu daigne conserver la nation et le royaume des Goths jusqu'à la fin des siècles!), gardez-vous de rien enlever ou de rien mutiler dans ces oblations par lesquelles nous voulons plaire à Dieu pour notre salut et celui de lous les Goths ! Glorieux martyr, agréez ce don et portez-le sous le regard de Dieu \ » C'est dans ce môme formulaire, comme dans la charte de Compludo, qu'apparaissent déjà les formidables imprécations, si usitées pendant tout le Moyen Age, contre les violateurs et les spoliateurs des choses saintes, (pii les menacent du sort de Sodome et de Gomorrhe, et qui leur assignent une place dans l'enfer à côté de Dalhan, d'Abiron et de Judas Iscariote.
Le développement de l'Institut monastique marchait de front avec celui des lettres et de la piété chrétienne, sous l'impulsion des grands docteurs
1. Formula qiiam facit rex qui Ecclesiam sedificans monasterium facere volîierit. Domino glorioso et triumpliatori beatissinio... Jiixta Tatruni inore [sic] qui monachis normam Yitœ posaerunt... Per relates succiduas futuros prpemonemus al)bates... Par îrterni régis iniperium (sic Deus (îothorum g-entem et reguni iisqiie in finem sreculi conservare dignelur!)... E. de Rozif:nF, Formules visigothiques inédites, n° 0, 1854.
le Toli'dr.
Ahliayc cr.\i;;ili.
Ali SIXIÈME SIÈCLE. 27)1
que la vie religieuse enfantait à l'Espagne. Le signataire du diplôme de Compludo, saint Ildefonse, en qui Léandre et Isidore semblent revivre tout entiers, et qui fut le plus populaire des saints espagnols, sortait comme eux de la fameuse école de Séville; mais il se rattache aussi à un autre centre de science et d'éducation ecclésiastique créé par l'esprit monastique. Aux portes de Tolède qui, de- k.oi.^ puis la réunion de toute l'Espagne sous le sceptre des rois visigoths, avait remplacé Séville comme capitale de la royauté visigothe, s'élevait le monastère d'Agali, fondé dès le vi"" siècle. Au siècle suivant, ce fut une pépinière de saints et de docteurs et la plus célèbre abbaye de la péninsule. On en vit sortir successivement six évéques métropolitains de Tolède^, et parmi eux Helladius, jeune seigneur de la principale noblesse, ami et compagnon d'études de Léandre, qui, comme lui, renonça jeune au monde, vécut longtemps à Agali, avant de se faire religieux, dans la familiarité des moines, et se plaisait à porter les fagots au four abbatial. Devenu évêque après avoir été abbé du monastère,
1. Aurasius, mort en 614; Helladius, mort en Gô'l; saint Just, qui présida avec saint Isidore au iv° concile do Tolède et mourut en 635; Eugène II, moine dès l'enfance, qui présida aux v^, vi^et vn<= conciles de Tolède, et mourut en 646; Eugène III, qui fut le poète le plus distingué de l'Espagne gothique (v. Bouhket, op. cit.), présida les vHi'', ix« et x« conciles de Tolède, et mourut en 658 ; enfin, Ildefonse, neveu du précédent, mort en 667. Les trois premiers et Ildefonse furent non seulement moines, mais abbés d'Agali.