FIA' DE LA 1I1S811)E>CE CELTKJUE
Dans (oui cela il ne se trouve aucune allusion aux dissidences reli^^ieuscs qui séparèrent les Celles des Anglo-Saxons ; ce qui fournit une nouvelle preuve (1(5 la r(3conciIiation dc^jà effectuée avec les Celles d'ii'lande et le clergé anglo-saxon, tandis que les Celtes bretons s'obstinaient dans leurs observances distincles et hostiles. Depuis les grandes victoires des rois northumbriens, c'étaient surtout les Saxons de l'Ouest, qui continuaient la lutte contre les Bretons réfugiés dans les péninsules montueuses de la Cambrie et de la Cornouaille, et dont l'infatigable résistance trouvait sans doute un concours imprévu et souvent dangereux chez les Bretons éparpillés dans les contrées depuis longtemps soumises aux Saxons. Après une de ces guerres ou de ces insurrections ])lus sanglantes encore que d'ordinaire, l'assemblée nationale des Saxons de l'Ouest se préoccupa longuement des mesures à prendre pour faire disparaître un des principaux obstacles à la fusion des deux races, en ramenant les Bretons vaincus à l'unité de l'observance pascale. On délibéra plusieurs jours. Enfin, partant du principe qu'il ne fallait })as
Obit (istinc illiiicque, isluc illucque) iiavigero icquoreas rretantiuiii calle gurgites... Cur Ilibeniia quo catervatiin istinc lectores classibus advecti confluunt... ac si istic, fœcundo Britanniœ in cespilc. didascali Ârgivi Romanive quirites minime reperiri queant... Etiamsi Tlieodorus, Ilibernensium globo discipulorum (seu aper truculentus Molossorum catasta ringcntc vallatus), stipetur; liraato pernicitcr grammatico dente rebelles phalanges discutit, etc., p. 92-94 éd. Giles Cr. Oz.vxAM, op. c//., i9-2. Cette lettre est donc antérieure à (390, date de '.-d mort de Théodore.
MOiNLs d'occ. V. 4
Vers &J0.
50 Fl.N DE LA DISSIDENCE CELTIOUE.
employei' la force pour les lédiiire, mais uiiiqueineiil la raison et la persuasion, il fut décrété que l'abbé Aldlielm, aussi irréprochable dans sa vie que dans sa doctrine, serait charge de leur enseigner les véritables lois de l'Eglise et de terminer le schisme, pour l'honneur de sa patrie comme pour le salut commun ^ Un concile national (probablement celui de Becancelde), où presque tout le clergé anglo-saxon était représenté, confirma ce mandat que l'abbé de Malmsbury avait reçu de ses compatriotes. Il accepta cette tache avec sa charité ordinaire. Sans s'aventurer lui-même au milieu des populations réfractaires, il s'adressa par écrit à leurs chefs et à leur clergé. Un succès inattendu couronna ses efforts. 11 ne nous est resté de tout ce qu'il dut écrire à ce sujet qu'une lettre adressée à un petit roi breton qui maintenait encore son indépendance en Cornouaille, à la pointe extrême
Leiiie de l'Angleterre méridionale. Il y trace un tableau saisie labbéAidiiei m . ,11 ' ,• I- • Il ' 1 •
sissant de la séparation religieuse, de la répulsion
morale qui s'élevait encore à la fin du septième siècle,
comme un mur, entre les deux races, entre les
vainqueurs et les vaincus. « Par delà l'embouchure
de la Saverne, » dit-il, « les prêtres de la Cambrie,
t. Tune rebellionem méditantes lienluinus rc.\ lani anxia ciede perdomuit, ut nihilulteriussperarent... llinc fréquenter West-Saxonum oonventuS; crebri cœtus coacli .. sententia per i)lures dies multoverborum agmine volutata, nunc linem habuil : non vi cogendos schisniaticos sed rationibus ducendos... Ambitur precibus B. vir, ut hune lal)0rem impendat...patria) laudi et cunctoiuni in commune saluti.GuiLL. Walmesd., p. 14. Cf. BoLLAND., Le., p. 87.
au loi breton
de CoiiiuuaiUe.
cm ou 098.
FIN l)K LA DISSIDENCE CELTIQUE. M
onor^ueillis do la pureté de leurs mœurs, oui une lelle horreur de communiquer avec nous (ju'ils retusenl de prier avec nous dans les églises et de s'asseoir à la môme table que nous ; bien plus, ce (|ue nous laissofis de nos repas est jeté aux chiens et aux pourceaux; il faut que la vaisselle et les bouteilles dont nous nous sommes servis soient aussitôt frottées avec du sable, ou purihées par la flamme avant qu'ils daignent y toucher. Les Bretons ne nous rendent ni le salut ni le baiser de paix ; et si quelqu'un d'entre nous autres catholiques va s'établir dans leur pays, les indigènes ne communiquent avec lui qu'après lui avoir fait endurer une pénitence de quarante jours. »
Aldhelm s'étend sur le scandale ci'uel de ces luttes et de ces haines dans l'Eglise du Christ. 11 discute successivement la question de la tonsure et celle de l'observance pascale, a Nous vous en siqjplions à genoux, » dit-il, c( im vue de notre future et commune patrie dans le ciel, et des anges nos futurs concitoyens; nous vous adjurons de ne pas persévérer dans votre arrogant mépris des décrets de saint Pierre et des traditions de l'Eglise romaine, par un orgueilleux et tyrannique attachement aux statuts de vos ancêtres... Quelle que soit la perfection des bonnes oeuvres, elles ne profitent point en dehors de TEglisc catholique, pas plus aux cénobites qui suivent le })his fidèlement leur règle, qu'aux anachorètes cachés dans les solitudes les plus sau-