‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 5)Chapitre 30 sur 110 · Voir au tome IV, p. 5iC · texte numérisé non relu

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j)èro AldlVid oi de son nïeiil Oswy, il n'a laissé Débordement

du

aucune trace de sympathie ponr les institutions et jeune roi

1 • 1 , 1 ' • ^ . ,1 Osred.

les idées que les moines représentaient chez les Anglo-Saxons. A peine adolescent, il manifesta tous les penchants de la tyrannie en s' abandonnant à ces passions sauvages dont les explosions frérpientes ne révèlent que trop combien était rude la tache des docteurs et des ministres de la pureté chrétienne chez les races germaniques. Dans son précoce et impétueux libertinage, il se plaisait surtout à outrager les vierges consacrées au Seigneur, et courait de monastère en monastère pour y chercher une proie sacrilège ^ En revanche, il obligeait les nobles qu'il poursuivait et qu'il daignait épargner dans les massacres, à se faire tondre et à s'ensevelir malgré eux dans les cloîtres \ Une mort ^ic. violente arrêta ses débordements.

1. Osredum spiritus liixnriac fornicanlemet per monasteria nonnarum sacratas virgines stuprantem et furentem agitavit, usquequo ipse gloriosum regnum et juvenilem vitam et ipsam luxuriosam animam contcmptibili et despecta morte perdidit. S. Bonifacii Epist. 59 ad FAhelbaldum. — Turpem vitam sanctimonialium stiipris exagitans. tiuiLL. i\Ialmesbur., I, 55.

2. Non proceres veneratus erat : non denique Christum. Hic igitur multos miseranda morte peremit. Astalios cogit summo servira parenti,

Inque monasterii attonsos consistereseptis... Anglorum proceres nimium trucidante tyranno Servitium Domini miles prsefatns inibat...

Rthfi.wolfi Carmen de abbatibus et viris pus Lindisfarnens., c. 2 et 4. — Mabillon (Act. SS. 0. S. B.. t. IV, p. 317), en publiant cepoëme, a

L'étoile Mais déjà l'cloile de la Norllniml)rie avait pAli sans

Noriiuimi.rip retoiip. L'éroction dofinitive du grand évêcbo seplen- Irional d'York en métropole, dont tons les évêchés au nord de rilnmber durent relever, ne suffit point pourrendreàla Northumbrierascendantqu'elle avait exereé sous des rois comme Oswald et Oswy, sons des évêques comme Aïdan et Wilfrid. Ce fut Egb rt, évêque d'York, correspondant de Bede, et luimême prince de la dynastie régnante, qui obtint à force d'instances auprès du pape Grégoire If, "-^y. le rétablissement de la dignité métropolitaine qui avait été d'abord conférée au siège d'York par saint Grégoire le Grand, mais qui, depuis la fuite de Paulin, était tombée en désuétude, et que les décrets postérieurs des papes Yitalien et Agatbon avaient paru sacrifier à la suprématie deCantorbéry. Toutefois cette restauration ne profita qu'à la splendeur de la nouvelle métropole, et nullement au royaume dont elle était la capitale ; pas plus du reste que l'autorité longtemps universelle et toujours incontestée de la métropole de Cantorbéry n'avait valu la moindre suprématie aux rois de Kent sur le reste de l'Heptarcbie.

Après deux règnes obscurs, Ceohvulf avait en vain

prouvé que, malsiv son titre, il n'y était pas question du ^rand monastère de Lindisfarne, dont nous avons tant parlé, mais d'un autre monastère du même nom, fondé par le duc Eadmund, dnx nobihs valu et moribuSf et précisément l'un de ceux que le roi Osred avait forcés de se faire moines.

a Liiidi-faiiip.

cssavé (IcluLler contre le désordre et la décadence de lc roi

•^ . , ^ . Ccolwull

son pays. Vaincu et captif d'on ne sait quels enne- se

• ., 1 . ,,.,,., ^. , , , fait moine

nus, il subit, comme cela était deja arrive a j)lus d'un prince mérovingien, l'affront d'une tonsure involontaire, et fut enfermé dans un cloître. 11 s'en échappa, reprit la couronne et gouverna quelque temj)s de fliçon à mériter les éloges de Bede et à peser sur la décision du pape dans l'affaire de la métropole d'York. Mais après huit ans de règne, il lui survint un regret ou un désir invincible de cette vie claustrale qui lui avait été naguère imposée malgré lui. Il pourvut de son mieux à la sécurité de son pays et à la bonne entente du spirituel avec le temporel, en désignant pour successeur un prince très-vaillant de sa race, qui était frère de l'archevêque Egbert. Puis, renonçant lui-même aux soucis du pouvoir et se montrant véritablement le maître des richesses qu'il abandonnait, il coupa sa longue barbe, se lit raser la tête en forme de couronne, et alla de nouveau s'ensevelir dans le principal sanctuaire monastique de son pays, à Lindisfarne. 11 y passa les trente dernières années de sa vie dans l'étude et le bonheur \ 11 avait, comme roi, enrichi cette abbaye de nouvelles et vastes donations, et obtint la faculté de boire du

i.Vcre beatus et Utteraruin scieiitia sufticientcr constitutus. Guiu,. Malmesbur., I, 64. — Sponte divitiaruin non serviis, sed domiuus, ({iiasi inn^nnis viles abjecit. Henri Huntingd., Hist.,\. IV, p. 540. — Barbam déposait; coronam acceiiit. Simkon Dv^eui., de Gest. reg., p. 69,

L't IÔ9, ap. TWYSDKN, t. 1.

110 LES ROIS MOliNES.

vin et de la bière, pour les moines qui jusqu'alors n'avaient connu d'autre boisson que l'eau ou le lait, selon la rigueur de l'ancienne discipline celtique.

Son Son successeur, Eadberl , imita son exemple ; après

successeur

Eadbei t avoir, pendant un rtVne de vinot et un ans, victorieu-

lait comme lui. ' ^ ^ ^ " ^

sèment combattu les Pietés, les Scots, les Merciens et les Gallois ; après avoir reçu les présents et les offres d'alliance du premier des Carlovingiens, Pépin le Bref, il se fit moine h York, où il avait déjà fondé ce qu'on appelait alors une très-noble bibliothèque, et où il s'enrôla parmi les religieux qui constituaient le clergé de la métropole de son frèie l'archevêque. Il y vécut encore deux ans, préférant, dit un annaliste, le service de Dieu à tous les royaumes de la terre, et ravi par son violent amour de la céleste patrie^ On a soin de constater qu'il reçut la tonsure romaine, celle de saint Pierre, et non celle des Celtes : c'est la dernière fois qu'il est question dans l'histoire de cette différence qui un siècle plutôt avait excité tant d'orages ^

Ces deux rois de Northumbrie ne furent Jii les premiers ni les seuls à embrasser la vie monastique. Eadbert est le huitième de ceux que signalent les chroniqueurs anglais comme ayant préféré les huit béatitudes de la pauvreté volontaire aux gran-

\. SiM. DuNELM., Hist. Dunelm. eccles-, 1. II, c. 5, 7l?id. 2. Dei amoris causa et cœlestis palriiu violentia, accepta S. l'elri lousura.^jLip. adBedani, ann, 758.

Autres

rois

moines.

LES IU)I8 MOIWES. 111

deurs de la terre'. Gerlains annalistes vont même jusqu'à compter plus de trente rois ou reines des didérents royaumes anglo-saxons, qui au septième et au huitième siècle allèrent peupler les cloîtres non veaux '\

Quelle transformation avaient donc subie ces païens, ces sauvages descendants d'Odin, ces chefs impétueux et sanguinaires d'une race qui ne respirait que la guerre el le pillage, (jui ne connaissait pas de plus grande honte que de mourir au lil ! Les voilà pénétrés de l'esprit de douceur et de concorde, recherchant l'union, la fraternité, l'égalité même, parfois avec les plus humbles de leurs sujets, sous le froc bénédictin, dans le chant nocturne des psaumes, dans les paisibles labeurs de l'agriculture ou de la bibliothèque monastique. Ils sollicitent, ils ambitionnent cette retraite comme le couronnement deleursexploits belliqueux, de leur carrière politique et militaire. Mais c'était à contre-cœurqueles Anglo- Saxons se voyaient ainsi abandonnés par leurs rois. Comme chez tous les peuples germaniques, l'esprit de lière indépendance qui les rendait si souvent rebelles et intraitables n'excluait point de leur âme une affection passionnée ou plutôt un culte superstitieux

1. Qui pro regno temporal! commuta verunt œternum, ut octo beatiludijium jucunditatcm, qusevoiuntariee paupertatidebetur, profutuio habereiitiii cœlis. lli ii. Gikenc, p/iW. — Mabi lion en compte buit avant Eadbcrt, qull place le neuvième sur sa liste. Act. SS. 0. S. B., t. 111. [). iG^.

'2. STKVENti, continuation de Diguali;, t. I, p. il*.

pour le vieux sang des premiers chefs de la conquête. Ils faisaient de vains elïorls pour retenir les rois loin du cloître, et se réservaient le droit d'aller les y chercher, au besoin, pour les remettre de gré ou de force à la tête de leur armée et marcher sous leurs ordres à Tennemi. On a vu ^ que tel fut le sort du roi Sigeberl d'Est-Anglie, le premier des rois anglo-saxons qui fut entré dans Tordre monastique, et qui, arraché de sa cellule par ses sujets éperdus pour les conduire au combat contre l'impitoyable Penda, alla finir sa vie, comme ses ancêtres païens, sur le champ de bataille. Chaque Chacunc dcs dynasties de l'Heptarchie fournissait

dynastie . . ^ ,,

successivement son contmgent a cette nouvelle armée. Comme les Uffings de l'Est-Anglie et les descendants de l'Homme de Feu en Northumbrie, les petits-fds du dieu Saxnote, que l'on faisait renier en même temps que les dieux Thor et Wodan par les Saxons baptisés % eurent aussi leur roi tonsuré.

sebbi, Ils régnaient sur les Saxons de l'Est que le roi Sebbi avait eu le bonheur de ramener à la foi, après une première défection^. Ce même roi, qui

C6J-695. avait régné pendant trente ans comme un fidèle soldat du roi des cieux, obtint, non sans peine, de sa femme la faculté de prendre avant sa moi't l'habit monastique après lequel il avait longtemps soupiré. Mais, tout moine qu'il croyait être ainsi

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