‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 5)Chapitre 31 sur 110 · Voir au tome lY, p · texte numérisé non relu

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devenu, ce descendanl des dieux el des héros Scandinaves, cet homme au cœur vraiment royal, selon Bede, craignait, en mourant dans son lit, de paraîlre vaincu par la douleur \ En proie aux angoisses de sa dernière maladie, il tremhlait, en se débattant contre les affres de la mort, que la souffrance ne lui arrachât des cris ou des gestes indignes de lui. 11 ne voidut donc avoir d'autre témoin de ses instants suprêmes que l'évêque de Londres. Ce prélat, qui l'avait revêtu de la robe noire des moines, eut la consolation de lui voir rendre le dernier soupir dans une paix parfaite. Il l'ensevelit dans sa cathédrale monastique de Saint-Paul, où l'on vit pendant mille ans, et jusqu'au grand incendie qui consuma cet édilice fameux sous Charles II, le vaste cercueil de i6'j6. pierre qui renfermait le corps du roi-moine dont la taille était aussi colossale que son cœur était viril -.

Quinze ans après la mort de Sebbi, son successeiu' ona. et son petit-neveu, le roi Ulta, imita son exemple

dans tout l'éclat de la jeunesse et de la beauté. Aimé et recherché de tous, il sut renoncer à sa fiancée, à

1. Vitam privatam et moiiacliicam cunctis regiii diviliis et lioiiol'ibiis praefereiîs, quam et olim jam, si non obslinatus conjugis animus clivortium negaret, subiisset... Cumque annos triginta in regno miles regni cœlestis exegisset... liabitum religionis, quem diu desiderabat, accepit... Correptus infinnitate maxima, timere cœpit homo animi regalis, ne ad mortem veniens, tanto affectas dolore, aliquid îndigniini suce personie vel oreproferret vel alioruni motu gereret inembroruni. Bede, IV, 11.

2. Note de Smith dans son édition de Bede. — « C'est le premier exe-nple que je sache de cette dévotion si fréquente dans les derniers siècles de mourir en habit de religieux. » Fleury, 1. xi, c. 5.

MOINES d'occ. V. 8

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sa lainiile, à son pays, à sa couronne, el résisler aux instances passionnées de ses sujets pour aller embrasser la vie religieuse, non plus dans un cloître d'Angleterre, mais à Rome.

coenied, Lc jcuno Olfa eut pour compagnon de son pèleri-

de Meicie. uagc ct dc SOU sacrificc le roi des Merciens, Coenred, 709. qui avait été détaché du monde par le spectacle des derniers instants d'un de ses meilleurs chevaliers^ mort désespéré, pour avoir volontairement différé sa confession \ Avant de quitter l'Angleterre, tous deux assistèrent au dernier acte de la vie apostolique du grand Wilfrid , à la dédicace du nouveau monastère d'Evesham, qu'ils avaient à la fois doté et affranchi de toute juridiction temporelle^. Arrivés à Rome, tous deux reçurent la tonsure et l'habit monastique des mains du pape Constantin, devant la Confession de Saint-Pierre, et, après quelques années de vie pénitente, ils passèrent de la tombe des Apôtres à la béatitude céleste pour y jouir à jamais de la société des saints *.

1. Yir in laicohabituatqueotTicio militari positus. Bede, V, 15. — Guillaume de Malmsbury le qualifie de miles : Gest. reg. Angl., 1. I, c. 78. Turnera prouvé que l'ordre de chevalerie existait chez les Auglo- Saxons bien avant la conquête des Normands. Hist. of Anglo -Saxons . liv.VII,c. 12.

2. On peut lire le récit de la vision de ce chevalier dans Bede, /. c. Deux autres passages de Bede (III, 22, et V, 10) semblent démontrer que, dès son temps, le mot de miles s'appliquait non pas à tout soldat ou combattant, mais aux nobles ou patriciens.

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