liiTHK. Journal des Savants, novembre
LES KEijr.lEUSES ANGLO-S\ XONiN ES. 269
les dynasties
dont
elles étaient
issues.
Les Northumhriennes.
Pour moltrc un peu d'ordre dans les noies que Division nous avons pu glaner sur les religieuses anglo- religieuses saxonnes, il semble utile de les grouper par dynas- la biographie lies principales, d'après les familles et les contrées d'après dont étaient issues toutes ces nobles femmes si dévouées à Dieu, à saint Pierre et à saint Benoît, qui ont pris place sur les autels de TAngleterre catholique.
Je crois n'avoir plus rien à ajouter sur les princesses northumbriennes issues d'Ella et d'Ida, de V Homme de feu et du Ravageur. Les saintes et puissantes abbesses Hilda de Whitby, Ebba de Goldingham, Elfleda, la fille d'Oswy, vouée à Dieu dès la naissance, comme rançon de l'affranchissement de sa patrie, sa mère Eanfleda, qui, devenue veuve, alla finir sa vie dans l'abbaye de sa fille ; ces noms, si souvent répétés, n'ont peut-être pas échappé à la mémoire de tous nos lecteurs. Ajoutons seulement que, d'après la tradition ancienne et généralement répandue^ bien que contestée par l'érudition moderne, les trois fils d'Oswy, qui régnèrent successivement sur la Northumbrie et dont il a été si souvent question dans la vie de Wilfrid, furent tous les trois abandonnés par leurs femmes, qui voulurent se consacrer à Dieu; sans toutefois que les deux princesses mariées à l'aîné et au plus
J. Cette tradition, acceptée par Payi [iibi supra] daprès GLiillaume de Malmsbiiry, Alford et bien d'autres, est contestée par les Bollandistes, en ce qui touche les deux prin^e^sos mariées aux deux Crères, Alclifrid, l'ami de Wilfrid, et Aldfrid, son ennemi.
^Ili) LES RELIGIEUSES AiNGLO-SAXOlNNES.
Les Ascings,
ou dynastie
de Kenl.
Etiielbmga,
fondatrice de
Lyminge.
jeune de ees princes aient suscité les mômes luttes ou acquis la même célébrité que leur belle-sœur sainte Etheldreda, la femme du roi Egfrid.
Passons maintenant aux princesses de la plus ancienne des dynasties anglo-saxonnes, la première convertie au christianisme, celle des Ascings qui régnait sur les Jutes du royaume de Kent.
La première et la plus historique des princesses de la descendance d'Hengist que nous rencontrons dans le cloître n'est autre que cette douce et dévouée Ethelburga, dont les aventures se lient d'une façon si intime à l'histoire des débuts du christianisme de laNorlhumbrie\ Fille du premier roi chrétien du midi de l'Angleterre, elle épousa le premiei' roi chrétien du Nord, cet Edwin dont la conversion fut si difficile, le règne si prospère et la mort si glorieuse. Après la ruine si prompte de cette première chrétienté northumbrienne dont elle avait été, avec l'évéque Paulin, l'initiatrice, la reine Ethelburga, recueillie avec une tendre sympathie par son frère, le roi de Kent, ne voulut plus d'autre couronne que celle de la sainte pauvreté. Elle obtint de son frère le don d'une ancienne villa romaine, située entre Gantorbéry et la mer, du côté qui regarde la France; elle y fonda un monastère où elle prit elle-môme le voile. Elle fut ainsi la première veuve de race saxonne qui se consacra à la