‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 5)Chapitre 75 sur 110 · Voir tome IV, p. 508 et 42i · texte numérisé non relu

Voir tome IV, p. 508 et 42i

1 BoLLAND. Act., SS. Februar., t. II, p. 585, et t. III, p. 690. ô. Emma, lille de Clotaire IL Boll., t. VIII Octob;, p. 90.

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même étrangers. Sans parler de ses peliles-lilles, Earcongotha, qui devint, comme on l'a déjà dit, abbesse de Faremoutier en France, et Ermenilda, reine de Mercie, que nous avons déjà rencontrée et que nous retrouverons plus loin parmi les abbesses d'Ely', ce second roi cbrétien du plus ancien des royaumes de l'Heptarchie eut une fille, nom- Eanswida , méc Eauswida. Elevée par les missionnaires romains °" de'"^^ de Cantorbéry, elle reçut de leurs mains le voile des fiancées de Dieu. Elle se signala par la fondation d'un monastère qu'elle consacra, en vraie Romaine, à saint Pierre, et dont elle fut la supérieure, à Folkestone, au bord de ces blanches falaises, surmontées de verdoyants pâturages, qui attirent le premier regard des innombrables voyageurs que les nefs rapides de nos jours déposent en ce lieu sur la phige d'Albion. La légende s'est donné beau jeu à l'occasion de cette jeune et sainte descendante d'Hcngist et de devis; elle a comblé les lacunes de sa biographie authentique par divers traits qui nous initient à l'idée que se faisaient les Anglo-Saxons de la puissance surnaturelle dont la vocation monastique investissait les filles de race souveraine. Son père, disait-on, avait voulu la marier, comme sa tante, à un prince northumbrien encore païen; elle s'y refusa obstinément. Le roi Eadbald ne chercha point à la conlraindre ;

1. Elles étaient toutes deux filles du roi Ercombcrt et de saiute Sexhurga, elle aussi abbesse d'Ely après sa sœur Etheldrcda. Voir le tableau généalogique D.

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mais celui qui prétendait à sa main vint avec tout son cortège renouveler ses instances auprès d'elle, pendant qu'elle dirigeait elle-même les constructions de son cloître futur. Elle réconduisit sans pitié, en le défiant d'allonger, avec l'aide de ses faux dieux, une poutre qui se trouvait trop courte, tandis qu'elle réussit à obtenir la longueur nécessaire en priant de toute sa force le véritable Sauveur du monde. Une fois installée dans son monastère, elle en fit, comme toutes les fondations religieuses de ce temps, un grand établissement agricole en même temps qu'un sanctuaire ascétique et une école littéraire. On la vit, selon les récits populaires, d'abord apprivoiser les troupes d'oies sauvages qui dévastaient ses récoltes, mais que ses domestiques volaient dans sa basse-cour, et mangeaient à son grand déplaisir ; puis, du bout de sa crosse, creuser un canal d'un mille de long pour amener de l'eau douce à son monastère qui en manquait. Elle mourut, jeune encore, en 640 : son abbaye, construite trop près de la mer et sur un rocher qui surplombait, fut engloutie par les flots' ; mais la mémoire de cette fille des conquérants, conquise par l'amour de Dieu et du prochain, survécut longtemps d^ms les prières des fidèles \ Plus de six cents ans après sa

1. A Ilomanis inonachis velatam esse, nuUum dubium est, et inoriasticuiii institutum ab eisdem edoctam... — Oratorium suuni riipibus suspensum, mari supereminens. BoLL.,t. IV August., p 685, CM.

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