Voir plus haut, t. IV, p
bataille.
280 LES RELIGIEUSES ANGLO-SAXOiSNES.
eu une fille naUirclle qui fui religieuse en France en même temps que la fille issue d'un jDremier mariage de la femme de son père; toutes les deux, comme on l'a déjà dit, furent abbesses dcFaremoulier\ el toutes deux sont comptées parmi les saintes. Leb iioisiiiie!, De son union avec la sœur de Hilda, il eut trois roi Aima, fillcs ct uu fds. Cc fîls dcvint à son tour père de
jiioil sur le • M 1 1 p
chaiiip trois lilles, dont deux turent successivement abbesses du monastère de Ilackness, en Northumbrie, fondé par leur grand'tante sainte Hilda, et la dernière, Eadburga, est cette abbesse de llep.ton que nous avons déjà rencontrée comme amie de l'illustre el généreux solitaire, saint Guthlac\
Les trois lilles du roi Anna comptent toutes trois parmi les saintes, Etbeldreda, Sexburga et Witbburga. Parlons d'abord de celle-ci, bien qu'elle fùl la plus jeune des trois. Mise en nourrice à la campagne, elle V était restée quand elle apprit, toute jeune encore, la mort du roi son père sur le cliamp de bataille. Elle résolut aussitôt de cliercber un réfugie iiour le reste de sa vie dans la virginité claustraie. Elle choisit pour asile un modeste débris du domaine paternel à Dereliam, dans le Norfolk, el se mit à y construire un petit monastère. Mais elle était si pauvrequ'elle n'avait à manger que du pain sec poui' elle, pour ses compagnes et pour les macjons qui bàlis-
1 .■ Voir plus haut, piiyc '25c:>, note 1 , et le tnbleau yéiiéalu^iqUe D.
'2. Voir plus liyul, [). r25.
Williliurj^a
et sa
coiiiiiiiuiaulr
noun-ics
par le. lait.
des biches.
avi.
LES RELIGIEUSES A.NGLO-SAXO.NWES. ti87
saient sa demeure ruliire. Un jour, après qu'elle eut longtemps invoque la sainte Vierge, elle vit sorlir de la foret voisine deux biches qui venaient boire au ruisseau dont Tonde pure arrosait ce site retiré. Elles avaient les mamelles chargées de lait et se laissèrent traire par les mains virginales des compagnes de Withburga ; elles revinrent chaque jour à la même place et fournirent ainsi une ration suffisante pour la nourriture de la petite communauté et de ses ouvriers ^ Cela dura jusqu'à ce que le prévôt du domaine royal, homme sauvage et méchant, et qui voyait de mauvais œil la naissante maison de Dieu, entreprit de faire la chasse aux deux bêtes secourables. 11 se mit à les poursuivre avec ses chiens à travers la campagne ; mais ayant voulu franchir une haie fort élevée, avec cette fougue audacieuse qui caractérise encore aujourd'hui les cavaliers anglais, son cheval demeura embroché sur un pieu de la haie et le chasseur se cassa la tête\
1. Jiixta inare cuiii sua iiutrice iii quodam vico paterni juris. Ad saiictinioiiialem confugit professioneiii, iibi in uinbra alarnin Dci spcrans suavitcr requievit... In liumilem locum paternijuris devcnit... Mittit ad fonteni quo silva gralo irrigatur lluvio... Dluc assiliunt cervic... lias mulgcbant manus virgineai... Prtcposilus ipsius vilite... adduclis canibus nitebatur insonles feras captare. Bolland., l. 11 Martii, p. 606.
Il existe encore à East-Derehani, i)etite paroisse du îs'orfolk. un puits qui porte le nom de sainte Withburga; il est alimenté par une source qui avait jailli au lieu môme où avait été déposé le corps de la sainte, avant sa translation à Ely. ISoles and queriessérielll, tomelll, p.'i47.
2. Le chroniqueur monastique décrit l'accident avec tout l'entrain
288 LES RELIGIEUSES A NGLO-SAXONIN ES.
Withburga acheva sa vie dans celle pauvre el humble sohtude ; mais le parfum de ses douces verlus s'en exhalait au loin. Le renom de sa sainlelé se propagea dans tout le pays environnant. Le culle que lui vouèrent les gens du Norfolk se maintint avec la persévérance propre à la race anglo-saxonne, à ce point que, deux siècles après sa mort, ils prirent les armes pour disputer ses reliques aux moines d'Ely, qui venaient s'en emparer, de par le roi, pour les réunir avec celles de ses sœurs à Ely. iioisgénéiaiioiis G'cst aussi à Ely, dans cette métropole monastisahites que de l'Esl-Anglie, dans cette reine des abbayes an-
(lu saMgd'Oiliii, , . VIP
abbesses glaiscs, qu il faut nous transporter pour y contem- Eiy. pler trois générations de princesses issues du sang des liftings et des Ascings, et couronnées de l'auréole des saintes. Ce sont d'abord les deux reines de Mercieet de Kent, Etheldreda, que nos lecteurs connaissent déjà \ et sa sœur aînée Sexburga. Cette princesse accomplie avait épousé celui des rois de Kent qui, après Ethelbert, montra le plus de zèle pour la propagation de l'Évangile. Ce fut elle surtout qui l'excita à détruire les dernières idoles qui res- (ii(M;(i4. taient encore dans son royaume. Après vingt-quatre ans de vie conjugale, elle devint veuve et fut l'égente,
diin liahitué de sleeple-chase. — Equus in obstantem sepeiii iirj^eutibus calcaribus iiicurrit, secusque acuta sudc transfixus ilia, dum resiliendo tergiversarctur, sessor supei'bus supino capite excutitur: Iractaiiue cervice exanimatur.
1. Voir plus liaut, dans l'histoire de Wilfrid, tome IV, page 240.
Sexburgiî, reine de Kent
pendant quatre autres années, du royaume de son 664-668. lils. Dès que celui-ci fut en âge de régner, elle abdiqua non-seulement la couronne, mais la vie séculière, prit le voile des mains de l'archevêque Théodore, et alla fonder un monastère dans l'île de Sheppey, située à l'embouchure de la Tamise, et séparée de la terre ferme par ce bras de mer où Augustin, le jour de Noël 597, avait baptisé d'un seul coup dix mille Saxons. Ce monastère prit et garda le nom de Minster, comme celui que fondait à la même époque sa nièce Domneva, dans l'île voisine de Thanet. On en voit encore l'église non loin de la grande rade de Sheerness, qui est devenue l'une des principales stations de la marine britannique. Elle y gouverna une communauté de soixante-dix-sept religieuses, jusqu'au jour où elle apprit que sa sœur Elheldreda, se dérobant au roi son époux, d'après les conseils de Wilfrid, s'était réfugiée dans les marécages de leur pays natal et y avait créé un nouvel asile pour les âmes résolues à servir Dieu dans la solitude et la virginité. Sur quoi Sexburga résolut de retourner dans son pays pour y devenir simple religieuse sous la crosse de sa sœur. « Adieu , mes fdles, » dit-elle à ses compagnes réunies autour d'elle, a je c( vous laisse Jésus pour protecteur, ses saints anges u pour paranymphes, et une de mes tilles pour supé- « rieure... Je m'en vais en Est-Anglie, où je suis (( née, afin d'y avoir pour maîtresse ma glorieuse « sœ.ur Etheldreda, et de prendre part d'abord à ses
MOINES It'oCC. V 19
'190 LES RELIGIEUSES A> GLO-SA.\Ui^^ES.
(( travaux ici-bas, puis à sa recompense là-haul. w
Abbesbe Elle fut rcçuc avec enthousiasme à Ëly : toute la
Fiy communauté vint au-devant d'elle; les deux reines,
apiéb sa bœui'. i • •
les deux sœurs, pleurèrent de joie en se retrouvant. Elles vécurent ensuite dans l'union la plus douce et la plus tendre, en rivalisant de zèle pour le service de Dieu et le salut des âmes, mais Sexburga s'efforçant toujours de prendre des leçons d'humilité et de ferveur auprès d'Etheldreda. Quand celle-ci 67J. mourut, ce fut Sexburga qui la remplaça comme abbesse, et qui gouverna pendant vingt ans le grand monastère est-anghen avant d'aller reposer auprès
6 jLuiiei6'j'j. de la tombe qu'elle avait érigée à sa sœur ^
Outre ses deux fils qui régnèrent successivement sur le pays de Kent, Sexburga eut deux filles : l'une, Earcongotha, vécut et mourut, comme on l'a déjà
iiiiieiiiida, VU, daus uu mouastèrc français ; l'autre, Ermenilda,
rein»; de Meicic, ., /m i i n i •!.'•'
abbesse d'Kiy marice au hls et au successeur de Penda, avait ete, ai-ies sa meit. .^y^^. p|n^J,^.^3 ^^jj^ \\/]lfj.jj^ Ic principal instrument
de la conversion définitive de la Mercie, du plus grand royaume de l'Heptarchie. Comme sa mère, elle usa de toute l'influence que lui donnait l'amour
l. Vobis, 0 liliie, Jesum derelinquo tutorein, sanclosque aiigelos paraiiymphos... Ego glorioste sororis meœ magisterio informa nda... llegina reginam excepit, soror sororeni cum tripudio introducit, fuiidunt ubertim prœ gaudio lacrymas, et ex vera caritate iiiter eas lœtilia geniiinatur. Cœlesti iiainque dulcediiie delectatie alterna inviccni consolatione proticiunt. Venit dives illa de pnelatione ad subjectioneni... Federatie inviceni beatai sorores in unitate lidei... Hisloria Elieiinis, L I, c. 18, 35.