‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint BernardChapitre 13 sur 134 · PisTOL. — Art tliou of Cornish crew · texte numérisé non relu

PisTOL. — Art tliou of Cornish crew

écrite^, età travers les transformations de la légende il est faeile d'y reconnaître l'empire salutaire d'un grand religieux et d'un grand évêque sur les âmes d'un peuple croyant, mais encore aux prises avec les instincts sauvages et sensuels qui ne se retrouvent que trop chez tous les hommes et tous les peuples, au centre de la civilisation comme au sortir delà barbarie. L'origine même du saint patron de la Cambrie, comme celle de sainte Brigitte, patronne de l'Irlande, offre une preuve saisissante de ces mœurs à la fois violentes et corrompues. Il était fils d'une religieuse que le roi du pays, un neveu du grand Arthur, avait rencontrée sur le grand chemin, qui

KiNG Henry. — No, l'm a Welsliman.

PisTOL. — Know'st thou Fluellen ?

KiNG. — Yes.

PisTOL. — Tell liiiii, ru knock his leek about his pâte, Upon Saint Davy's day.

Et ailleurs :

Fluellen. — I do believe, your majesty takes no scorn to wear The leek upon Saint Davy's day.

KiNG. — I wear it for a mémorable honour :

For I am W'elsh, you know, good countryman. [King Henry V.)

1. Notamment par un anonyme, dont le franciscain Colgan a publié une première version dans ses Acta sanctorum Hiberniœ, 1. 1. Ricemarch, successeur de David comme évêque de Menevia vers 1085, a fait de cette première vie une version beaucoup plus complète, que Rees a publiée dans ses Lives of Camhro-British saints. Un autre de ses successeurs, le fameux Giraldus Cambrensis, a aussi écrit une vie de saint David, laquelle se trouve dans Warton, Anglia sacra, t. II. Il règne une grande incertitude sur la date et la durée de la vie de ce saint ; selon Usserius, elle se placerait entre 47-2 et 554; selon les BoUandistes, entre 447 et 544; selon d'autres, entre 484 et 5C6.

MOINES u'occ. m. 4

oO ORIGINES CHRÉTIENNES

l'avait ébloui par sa beauté et dont il avait fait sur l'heure la proie de sa passion*. Ce crime est raconté par tous les biographes, si prodigues d'épithètes laudatives ou vitupératives, sans la moindre expression de surprise ou d'indignation. Le scribe PauHnuSj dont le nom indique une origine romaine et que l'on sait avoir été disciple de saint Germain d'Auxerre, fut chargé de l'éducation du jeune David, quifutaussiprolongéeetaussicomplètequepossible^ Il sortit de ses mains revêtu du sacerdoce et voué à une sorte de vie monastique qui n'excluait ni des voyages perpétuels, ni une grande action sur les hommes et Il ebt les chosesdu dehors. On constate la double intluence

le

Benoit qu'il sut cxerccr sur ses compatriotes, en dirigeant lacambiie. Ics uns vcrs la vic cénobitique, en armant les autres des vertus et des enseignements propres à les faire triompher des dangers de a vie séculière. C'est par ce dernier côté qu'il diffère de son illustre contemporain saint Benoît, dont il se rapproche par tant d'auties traits. Comme Benoît, il fonde, presque à la fois, douze monastères; comme Benoît, il voit des femmes éhontées provoquer, par leurs voluptueux ébats, la

1. iiivenit rex obvifliiisibi sanctaiii moiiialeiii; iNoiinitam viryiiiL'iij; pLifeliaiii pulchraiu iiimiset decoraiii, quani concupiscens tetigit vi o]»iiressam. RicEMAncii, éd. I^ees, p. 119. — In quain utoculos injecit, in cùpidinem ejus meduUitus exardens, statim equo dilapsus, virgincis amplexibus est delectalus. Giraldus, p. 029.

2. Quique eum docuit in tribus partibus lectionis, donec fuit scriba ; iiiansitibi multis annis legendo, implendoquc qilod Icgcbat. Ricemarèh p. 122.

DES ILES BIUTANNIQUES. 5{

cliule de ses jeunes disciples ; comme Benoît, des traîtres, au sein même de sa propre communauté, tentent de ^empoisonner^ Enfin, comme Benoît, il impose à ses religieux une règle qui proscrit sévèrement le pécule et fait une obligation stricte du travail manuel et intellectuel. Le travail agricole était si rigoureux, que les moines gallois devaient non-seulement scier le bois et bêcher la terre, mais même labourer eux-mêmes, attelés à la charrue, sans Taide de bœufs. Chacun doit être à soi-même son bœuf, dit ^historien. A peine ce labourage terminé, ils rentraient dans leurs cellules pour y passer le reste du jour à lire ou à écrire; et là encore, il fallait savoir s'arrêter avant même de terminer une lettre commencée, pour répondre au premier coup de cloche qui annonçait l'office ^

1. Convocatis ancillis : Ité, iiiquit uxor satrapse, adflumen Aluni, et, iiudatis corporibus, in cohspectu sanctorum ludite... Ancillee obediunt... impudicos exercent ludos... concubitus simulant blandos... monachorum mentes quorumdam ad libidinesprotralmnt, quorumdam molestant. Cuncti vero discipuli ejus dixerunt David : Fugianius ex hoc loco, quia non possumus hic habitare propter molestiam muliercularum malignantium. . . Diaconus qui pani ministrare consuluerat, panem veneno confectum mensa imponit, cui coquus et œcOnomus cousenseranl. UicemarcH, p. 125, 131.

2. Pede manuque laborant, juguni ponunt in liumero, suffosai'ias verartgasque invicto brachio terre detîgunt, sarculos serrasque ad succidehdum sanctis ferunt manibus... Boum nulla adarandum cura introducitur. Quisque sibi etfratribus divitiee, quisque et bos... Peracto rurali opère, totam ad vesperam pervagabant diem aut legendo aut scribendo aut orando... vespere cura noie pulsus audiebatur, quisquis studium detexebat, si enim auribus cujuscuinque flulsus resonaret, scriplo tune litefe apice vel etiam dimidia ejusdem litere, tigura citius

52 ORIGIJNES CHRÉTIENNES

Au milieu de ces rudes labeurs, Tabbé David élait sans cesse en lutte avec les satrapes et les mages, ce qui veut dire sans doute avec les chefs de clan et les druides, qui n'avaient pas été anéantis en Bretagne comme en Gaule, par la conquête romaine^ et dont les derniers survivants ne pouvaient voir qu'avec répugnance le progrès des institutions monastiques. Mais la sphère de son influence et de son activité devait s'étendre au delà de celle de ses pre- II va miers travaux. Ayant été en pèlerinage aux lieux ei on revient samts, il cu rcvmt avcc la dignité archiépiscopale,

archevêque. • , • - , , f.f f i • i i t ^

qui lui avait ete conieree par le patriarche de Jerusalem^ De retour dans sa patrie, il y fut reconnu pour métropolitain de toute la partie de l'île que les Saxons n'avaient point encore envahie, dans deux conciles très-nombreux*, où il eut l'honneur depor-

assurgentes...ecclesiam petunt, eam incompletam dimittebant. Ibid., p. 127. Je reproduis littéralement le latin, souvent très-singulier, de l'évêque Ricemarch. On le verra plus loin y ajouter du grec de sa façon.

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