‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint BernardChapitre 17 sur 134 · La Villemarqué, p · texte numérisé non relu

La Villemarqué, p

Sans lumière pas de religion.

Sans lumière pas de foi.

11 n'y a pas de lumière sans voir Dieu.

Voici la même pensée sous une autre forme :

Sans science pas de puissance.

Sans science pas de sagesse.

Sans science pas de liberté.

Sans science pas de beauté.

Sans science pas de noblesse.

Sans science pas de victoire.

Sans science pas d'honneur.

Sans science pas de Dieu.

La meilleure des attitudes est l'humilité-

La meilleure des occupations, le travail.

Le meilleur des sentiments, la pitié.

Le meilleur des soucis, la justice.

La meilleure des peines, celle qu'on se donne pour faire la paix entre des ennemis.

Le meilleur des chagrins, le chagrin d'avoir péché.

Le meilleur des caractères, la générosité.

Le poëte s'y retrouve à côté du théologien et du moraliste :

Nul n'est fils de la science, s'il n'est fils de

la poésie.

Nul n'aime la poésie sans aimer la lumière;

02 ORIGINES CHRÉTlENiNES

Ni la lumière sans aimer la vérité ; Ni la vérité sans aimer la justice ; Ni la justice sans aimer Dieu :

Nul n'aime Dieu sans être heureux.

L'amour de Dieu était donc le but suprême de son enseignement comme de sa vie. Comme un disciple lui en demandait la définition, il lui dit *

— L'amour, c'est le ciel.

— Et la haine? reprit le disciple.

— La haine, c'est l'enfer.

— Et la conscience ?

— C*est l'œil de Dieu dans l'âme de l'homme ^

Cadoc ne demandait rien aux postulants qui venaient prendre l'habit dans son monastère. Tout au contraire, pour obtenir l'admission, il fallait se dépouiller de tout, même de son dernier vêtement, et être reçu nu comme un naufragé^ selon l'expression précise de la règle \ Cela lui était d'autant plus facile, qu'il possédait de très-grandes richesses provenant des donations territoriales qui lui avaient été foi tes par son père^ et son grandpère maternel.

1. J'emprunte ces citations à celles tirées par M. W al 1er et M. de la Villemarqué de la collection intitulée : Myvyrian ArchcîHog^ of Wales, London, 1801-1807, 3 vol. in-8".

'2. La Villemarqué, p. 160.

5. Les limites en sont très-exactement indiquées par son biographe. Rees, p. 58, 45 et 336.

DES ILES BKlTANNiQUES. 65

Gadoc avait eu le bonheur de contribuer à la Pénitence

^ , , , . (Je son père

conversion de son père avant d en hériter. Au fond et

1 1 A • I ' • • 1 • de sa mère.

de son cloître, il genmissait sur les rapines et les péchés du vieux pillard dont il tenait la vie et ses domaines monastiques. Il lui envoya donc trois de ses religieux qui, après s'être entendus avec les anciens et les seigneurs du pays, se mirent à prêcher la pénitence au père de leur abbé. Sa mère, cette belle Gladusa, naguère enlevée par le roi Guen-Liou, fut la première touchée : « Croyons, » dit-elle, c< croyons à notre fils, et qu'il devienne notre père dans le ciel. » Elle entraîna bientôt son mari. Ils appelèrent leur fils pour lui faire une confession publique de leurs péchés ; après quoi le roi dit : « Que toute ma race obéisse à Gadoc avec une vraie piété, et qu'après leur mort les rois, les comtes et tous les chefs et tous les serviteurs des rois se fasse enterrer dans son cimetière ^ » Puis le père et le fils chantèrent ensemble le psaume : Exaudiat te Dominus in die tribulationis. Gela fait, le roi et la reine se retirèrent dans la solitude et s'établirent d'abord à une petite distance l'un de l'autre, dans deux cabanes situées au bord d'une rivière. Ils y vécurent du travail de leurs mains, sans autre nourriture que du pain d'orgë, où la cendre entrait pour un peu, et du cresson, dont

l . Llancarvan devint en effet là nécropole des rois el de la noblesse galloise, tant qite dura l'indépendance du pays. Mais, chose singulière, eroi Guen-Liou, deveilu anachorète, n'y fut point lui-même enterré.

ramerlume leur semblait douce comme un avant- ^oût du ciel. Une de leurs principales austérités, que nous retrouverons chez divers saints celtiques et anglo-saxons, consistait à se baigner, Thiver comme l'été, dans l'eau froide, au milieu de la nuit, et d'en passei^le reste en prière. Cadoc allait souvent les voir et les exhorter à la persévérance ; il finit même par les engager à renoncer à la douceur de la vie à deux. Sa mère fut encore la première à lui obéir. Elle chercha une solitude plus profonde où elle disparut. Guen-Liou l'imita. Il mourut bientôt après entre les bras de son fils, à qui il léguait tout son pays^ On voudrait croire que la même consolation fut accordée à cette mère si généreuse, mais la légende est muette sur sa mort.

11 protège Ces donations patrimoniales constituaient à Cadoc

les cultivateurs ^

le son domaine une richessc territoriale et une puissance matérielle des environs (Jont il usait Dour faire résiner autour de son mo-

contre * ^ '-'

les violences nastèfe la sécurité et la prospérité qui manquaient

des grands. ^ '■ ^ *■

partout ailleurs. « Pour reconnaître le domaine de Cadoc, disait-on, il n'y a qu'à voir où les bestiaux

1 . Vir Dei pravos proprii genitoris aclus congemiscens, sibi condoleiib. . . Gladusa :... Ci-edanmr filio nostro, eritque nobispaterin cœlo... Carices lontanee erant illis in pulmentaria dulccs herbe, sed dulcissimc que trahebant ad premia... JNoluit ut tanta vicinia esset interillos, ne carnalis concupiscentia a castitale inviolanda perverleret animos... Nunc . totam regioneni nieam, pro quo plures injurias nonnuUaque dampna sustinuisti, tibi modo veluti prius coram astantibus cunctis, et meum teslan;entum hic audientibus commendo. Vita S. Cadoci, c. 24 et 50. Vita S, Gundleii, c. G, 7, 8, ap. Rees.

paissent en toute liberté, où les hommes n'ont peur de rien et où tout respire la paix\ »*

Elles lui permettaient surtout d'accomplir avec énergie et succès la noble mission qui constitue la partie la plus intéressante de sa vie, celle où il apparaît comme le protecteur de ses clients et de ses voisins, le gardien du bien des pauvres, de l'honneur des filles, de la faiblesse des petits et de tout le menu peuple cambrien contre l'oppression, le pillage, les violences et les extorsions des princes et des puissants. C'est là que se déploie le mieux son caractère personnel, si courageux et si compatissant, puis ce rôle mi-parti de solitaire austère et de chef quasi-féodal, qui caractérise un si grand nombre de supérieurs monastiques au moyen âge.

On nous dit expressément qu'il était à la fois nest abbe et prmce. << Etes-vous fous? » disait le régis- abbé et prince. seur d'un de ses domaines à des écuyers d'un prince cambrien qui voulaient lui prendre de force le lait de ses vaches; « ignorez- vous donc que notre ce maître est un homme de grand honneur et de c( grande dignité ; qu'il a une famille de trois cents « hommes, tous nourris par lui, cent prêtres, cent « cavaliers et cent ouvriers, sans compter les c< femmes et les enfants^? » On ne voit pas cepen-

1 . Hoc erit vobis in signum ; cuni ad illius patriam solum venerilis, animalia liberius in pascuis pascentia, hominesque fretos acimperterritos, invenietis... ab oinni bcUi precinctu indempnes. Vita, c. 20.

■2. Abbas enim eraletprinceps... Nmnqiiid excoi'desesiis, estimantes (iuod dominus noster honoris sit vir magni et dignitatis cuni utique MOINES d'occ. ni. 5

dant qu'il ait jamais combattu pour le droit à main armée, comme plus d'un abbé des temps ultérieurs. Mais, à la tête de cinquante religieux, qui chantaient des psaumes et des hymnes, et lui-même, une harpe à la main, il marchait au-devant des exacteurs, des pillards, des tyrans ou de leurs satellites ; et, s'il ne parvenait pas à les arrêter et à leur faire rendre gorge, il appelait sur leurs têtes un châtiment surnaturel et exemplaire. Tantôt les agresseurs étaient engloutis tout vivants dans une fondrière qui s'ouvrait tout à coup sous leurs pieds, et l'abîme restait béant à jamais, pour servir d'avertissement aux tyranneaux de l'avenir ^ Tantôt ils étaient frappés de cécité et erraient à tâtons dans les campagnes qu'ils étaient venus dévaster. La fuie Tel fut le sort du prince dont les émissaires avaient

reprise.

de

l'intendant culcvé la fille d'uu dcs intendants de Cadoc, à qui et sa fraîche beauté avait valu le nom d'Aval-Kain,

ou Frakhe comme la pomme ; tous les proches de la jeune personne étaient montés à cheval et, donnant partout l'alarme en sonnant du cor, avaient poursuivi les ravisseurs et les égorgèrent tous à

inagnam familiaiii trecentoruin virorum, scilicel clericos, totidemque milites atque ejusdem numeri operarios, exceptis parvulis et mulieribus possideatur. Vita, c. 15, 20,

1. Prîedones infausti... secuti sunt euni 1ère L clerici obvianles; funesto tyranno cum canticis et liymnis et psalmis... Terra aperuit os suum... et absorbuit tyrannum vivum cum suis. Fossaque usque in hodiernum diem cunctis Iranseuntibus liquet... qute patula semper in liujus rei testimoniuni perinanens a nullo oppilari perniiltitur. Vita, c. 15.

rexccption d'un seul qui alla couler la catastrophe à son maître. Celui-ci revint avec une troupe bien plus nombreuse pour mettre tout à feu et à sang ; mais Cadoc rassura la population qui l'entourait en gémissant : « Soyez tranquilles, » leur disait-il ; a courage et confiance, le Seigneur réduira à rien nos ennemis. » En effet, bientôt l'on vit l'envahisseur et les siens qui cherchaient leur chemin comme des aveugles : a Pourquoi, » lui dit Cadoc, « viens-tu ainsi à main armée piller et ravager ma patrie ? » Et il ne lui rendit la vue et le moyen de rentrer chez lui qu'après lui avoir fait jurer une paix perpétuelle : « C'est toi. » lui dit le prince contrit et rassuré, « que je prends pour confesseur, de préférence à tout autre compatriote \ » Une autre fois ce fut la fumée d'une grange embrasée qui vint aveugler le prince dont les écuyers avaient allumé l'incendie. Guéri lui aussi par le saint abbé, il lui fit présent de son épée, de sa lance, de son bouclier et de son cheval de bataille complètement équipé ^

1. Ad B. Cadoci pretoi'is domuin venientes ejusdem formosissimam liliam rapuerimt Abalcem iiomine, puellam speciosissimam... Consanguinei puelloe caballos suos ascenderunt, cornibusque insonuerunt... Occurrerunt indigenœ hostili timoré perterriti, cum nimioplanctu... Uespondit eis : Estote robusti nec formidetis... Utquid ad meam patriani arinata manu prœdandi vastandique causa advenisti? Cui rex ;... Te hodie confessorem mihi, si tibi beneplacitum fuerit, inter dextrales prœ omnibus eligo. Vita, c. 19 et 65.

2. Dum prelocutus Rein in tabernaculo ludens in aléa cum suis eunucbis conscdissct, fumus ad instar lig-nci postis, de liorreo procedens,

(i8 ORlGIiNES CHRÊTIElNiNES

C'est par de tels services sans cesse et partout renouvelés que se fondait, en Bretagne comme ailleurs, l'ascendant de l'ordre monastique sur l'àme des peuples chrétiens. C'est par de tels souvenirs, transmis de père en lils au coin du foyer domestique, que s'explique la durée séculaire d'un prestige si noblement conquis. C'est par le désir non-seulement de récompenser, mais surtout de garantir et de perpétuer une intervention à la fois si puissante et si bénie, que se justifient les vastes donations prodiguées par une sage prévoyance autant que par la gratitude des peuples aux seuls hommes qui se montraient toujours prêts à combattre les instincts cupides ou sensuels des rois et des grands, à châtier les odieux abus de la force et de la richesse. Il obtient Ces petits princes pillards du nord de la Cambrie

du roi Arthur / i • ^ ^ i i • i? -i

le droit d'asile OU étaient tous rcduits a conhrmer le droit d asile

comme

saint David, et d'immuuité qu'avait reconnu au noble abbé et à son monastère le roi Arthur, dont les Etats s'étendaient à l'est et au midi des domaines de Cadoc. Car, sans crainte d'anachronisme, la légende a soin de rapprocher du saint populaire le grand roi breton j naguère amoureux de sa mère. Et à ce propos, elle constate une fois de plus l'intrépide charité de Cadoc, qui ne se contentait pas de protéger ses compatriotes opprimés, mais qui ouvrait les portes de Llancarvan aux exilés et aux proscrits,

recto tramitese ad ipsiuspapilionem tetendit lumenque oculorum omnium ibidem commanentium obcecavit. Vita, c. 20.

et qui avait accueilli un prince poursuivi par la haine d'Arthur. Une longue contestation entre le roi et l'abbé s'en était suivie et s'était terminée par la reconnaissance solennelle d'un droit d'asile semblable à celui déjà concédé à saint David. A côté de cette protection garantie aux fugitifs, on voit encore apparaître dans les accords de l'abbé avec ses rapaces et homicides voisins le principe de la compositio7i^ ou de la rançon du meurtre, payable en argent ou en bétail au profit des proches de la victime ^

C'est ainsi que le glorieux abbé acquit le surnom de Cadoc le Sage, qui figure encore en tête des nombreux poëmes qui lui sont attribués. Car, ainsi que tous les Gallois, il restait fidèle à la poésie et souvent il chantait sur la harpe, au milieu de ses disciples, des vers où il donnait un libre cours aux émotions religieuses et patriotiques de son cœur, comme dans cette pièce qu'on a conservée sous le titre de la Haine de Cadoc.

«Je hais le juge qui aime l'argent, et le barde qui la Haine aime la guerre, et les chefs qui ne protègent pas leurs ("odoc sujets, et les nations sans vigueur, ... et les maisons sans habitants, et les terres non cultivées, et les champs sans moisson, et les clans sans patrimoine, et les suppôts de l'erreur, et les oppresseurs de la vérité, et le manque de respect envers les père et mère, et les divisions entre parents, et le pays dans

1. VilaS. Cadoci. c. 18,^^^, 65. Cf. i.a ViiLEMARQrÉ, p. 172 à 177.

Cadoc

réfugié

en Armorique

s'y inquiète

de Virgile.

l'anarchie, et l'instruclion dévoyée, et les frontières incertaines. Je hais les voyages sans sécurité, les familles sans vertu, les procès sans raison, les emhûches et les trahisons, la dissimulation dans les conseils, la justice non respectée,... l'homme sans métier, le laboureur sans liberté,,., la maison sans instituteur, le faux témoignage devant le juge,... les misérables exaltés, les fables au lieu d'instruction, la science sans le souffle d'en haut, les discours sans éloquence et l'homme sans conscience \ »

Cependant l'invasion des Saxons idolâtres, avec toutes les horreurs et toutes les profanations qui l'acdu'sa'iur compagnaient, gagna successivement les bords de la Saverne et de TUsk, qui limitaient les domaines monastiques de Cadoc. Il secrut obligé de quitter la Cambrie et de faire voile vers l' Armorique, où l'avaient devancé tant d'illustres réfugiés, devenus les apôtres et les patrons légendaires de cette glorieuse contrée. Il y fonda un nouveau monastère dans une petite île déserte del'archipel du Morbihan quel'on montre encore près de la presqu'île de Rhuys, et, pour rendre son école accessible aux enfants du canton qui avaient, deux fois par jour, à faire en bateau le trajet de la terre ferme à l'île et de l'île à la terre ferme, il jeta sur le bras de mer un pont de pierre, long de quatre cent cinquante pieds. Dans cette modeste retraite, le prince cambrien put reprendre sa vie monastique

1 . Traduction de M. de la Villemarqué, qui publie le texte original, p. 009 de sa Légende celliqve,

en l'adaptant surtout à ses anciennes habitudes scolaires. Il faisait apprendre Virgile par cœur à ses écoliers. Un jour qu'il portait son Virgile sous le bras et se promenait avec son ami et son compatriote, le fameux historien Gildas\ il se mit à pleurer à la pensée que l'auteur de ce livre qu'il aimait était peut-être en enfer. Au moment où Gildas le réprimandait durement sur ce peut-être^ en protestant que sans aucun doute Virgile était damné, une trombe de vent emporta dans la mer le livre que tenait Cadoc. Il en fut consterné, et rentré dans la cellule, il se dit à lui-même: «Je ne mangerai pas une bouchée de pain et je ne boirai pas une goutte d'eau, avant de savoir au juste quelle part Dieu fait à ceux qui ont chanté sur la terre comme les anges chantent dans le ciel. » Là-dessus, il s'endormit. Bientôt il eut un songe où une douce voix se fît entendre : a Prie pour moi, prie pour moi, disait la voix; ne te lasse pas de prier ; je chanterai éternellement les miséricordes du Seigneur. »

Le lendemain un pêcheur de Belz lui apporla un saumon, et le saint-retrouva dans le poisson le Virgile que le vent avait emporté^

1 . Britannus egregius scholasticus et scriptor optimus. Vita S. Cadoci, p. 59.

2. La Villemarqdé, op. cit., p. 203. On retrouve ici le sentiment qui a dicté cette séquence, signalée par Ozanam et chantée à Mantoue, sur la visite de saint Paul au tombeau de Virgile •

Ad Maronis mausoleum Quem te, inquit, reddidissem,

Ductus, i'udit super eiim Si te vivum iiivenissem,

Pise rorem lacryrnœ, Poetarum maxime I

Il rentre Après uiî séjouF de plusicuFS aiinécs en Armori-

en Bretagne n J i • n f n •

et meurt que, Lmoc laissa sa nouvelle communauté llorissante

sous les coups .

des Saxons. SOUS le gouvememeut d un autre pasteur, et pour réaliser cette maxime qu'il aimait à répéter à ses diS' ciples : « Yeux-tu la gloire? marche au tombeau ! » il retourna en Bretagne, non plus pour y retrouver la paix et l'ancienne prospérité de sa bien-aimée retraite de Llancarvan^ mais pour s'établir au cœur même des établissements saxons et y consoler les nombreux chrétiens qui avaient survécu aux massacres de la conquête et vivaient sous le joug d'une race étrangère et païenne. Il se fixa à Weedon, dans le comté actuel de Northampton^ : c'était là que l'attendait le martyre.

Un matin que, revêtu des ornements pontificaux, il célébrait le divin sacrifice, une bande furieuse de guerriers saxons à cheval, chassant les chrétiens devant eux, entra pêle-mêle dans le temple et se rua vers l'autel. Lesaint continua le sacrifice, aussi calme qu'il l'avait commencé. Un chef saxon, poussant son cheval et brandissant sa lance, alla droit à lui et le frappa au cœur. Gadoc tomba à genoux, et son der-

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