CoLGAN, loc, cit., p
2. Petens... quo scilicet modo post necem multorum occisorura, benevolentiam Dei ac remissionera peccatorum obtinere mereretur. Vit a S. Molassii, np. Trias l'haumat., p. 4GI.
« les armes à la main. — Soit, répliqua Columba ; c( mais il n'est pas facile à l'homme injustemeni « provoqué de comprimer son cœur et de sacrifier (c la justice ^ »
Il fut plus humble avec Abban, autre moine fameux de ce temps y fondateur de beaucoup de maisons religieuses, dont l'une avait été surnommé(i la Cellule des Larmes^ parce qu'on y obtenait surtout la grâce de pleurer ses péchés^ Ce doux et intrépide soldat du Christ s'était signalé par son zèle contre les guerroyeurs et les perturbateurs de la paix publique : on l'avait vu tantôt se jeter entre deux chefs en guerre l'un contre l'autre au moment où leurs lances s'entre-croisaient sur leurs poitrines^ tantôt marcher seul et désarmé à la rencontre d'un des plus redoutables pillards de l'île, encore païen et de race souveraine, lui faire tomber les armes des mains, et transformer en chrétien, puis en moine, le bandit royal dont l'arrière-petit-
1 . Non eg-o, sed iniquum in me Diermitii régis arbitrium, et prœvaricatio ecclesiasticse immunitatis isti prœlio et malis inde secutis causam pra^buit... Prsestaret religioso viro injuriam patienter parterre, quam pugnaciter propulsare. Ita est, iiiiît S. Coliiniba, sed injuste provocato haud pronum est erumpentem animi inotuni, prœsertim cum justus esse vidctur , cohibere. O'Donnell , Vita quinta, II, 8.
2. Et istud monasterium a multis vocatur Cealt nâ ndèr, id est cellula lacrymarum : eo quod hominibus ibi a Deo pœnitentiales lacrymîe... donantur. Vita S. Abhani, ap. Colgan, lib. I, p. C15.
3. Tarn appropinquabat ad alterutrum, ut lancepe eoruiu ante se mixtse essent invicem, îbid., p. 019.
fils nous a conservé cette histoire^ Quand Goluniba l'eut rejoint, il lui dit : a Je viens te supplier ce de prier pour les âmes de tous ceux qui ont péri c( dans cette guerre récente, que j'ai suscitée pour a l'honneur de l'Église. Je sais que par ton interc( cession elles pourront obtenir miséricorde, et je a te conjure de t'enquérir de la volonté de Dieu à « cet égard par cet ange que tu entretiens chaque «jour.» Le vieux solitaire, sans rien reprocher à Columba, résista longtemps par modestie à ses importun i tés, mais finit par céder, et, après avoir prié, lui donna l'assurance que ces morts jouiraient du repos éternel \
Rassuré sur le sort des victimes de son emportement, il lui restait encore à s'éclairer sur son propre devoir. Il trouva la lumière qu'il cherchait auprès d'un saint religieux, nommé Molaise, renommé pour ses études sur l'Écriture sainte*, qu'il avait déjà eu pour confesseur, et dont on voit encore
1. Quidam ex regali génère istius terrce... héros et tyrannus, qui semper occidit et rapit et vivit in latrociniis... videntes comités S. Abbani virum armigerum, horridissimum in incessu et habitu, cum simili turba militum... unusquisque bine et inde cœpit se abseondere. Vir autem Dei llde armatus intrepidus viam ibat... Ego autem qui vitam S. Abbani collegi sum nepos ipsius filii quem baptizavit. Vita S. Abbani, ap. Colgan, lib. I, p. 617.
2. Ut ores pro animabus illorum qui occisi fucrunt in bello commisso nuper nobis suadentibus, causa Ecclesite... Et angélus ait : Requiem habebunt. Ibid., p. 624, d'après le manuscrit de Salamanque, plus complet sur ce point que le texte ordinaire.
5. Visitavit S. Lasrianum confessorem suum... Divinarum scripturarum scrutator.
le monastère ruiné dans une île de l'Atlantique*. Moiaise
^ le condamne
Ce- rude anachorète confirma la décision du sy- à
•^ l'exil perpétuel.
node ; mais à l'obligation de convertir à la foi chrétienne des païens en nombre égal aux morts de la guerre civile, il ajouta une condition nouvelle et cruelle pour une ame aussi passionnément éprise de son pays et de ses proches. Le confesseur condamna son pénitent à s'exiler de l'Irlande pour toujours^ Columba s'inclina devant cette sentence avec une fristesse résignée : «Ce que vous ordonnez, » dit-il, «se fera\ »
Il annonça son sort futur d'abord à ses proches, Dévouement
^ du jeune
aux belliqueux Nialls de Tyrconnell : a Un ange Mochonna,
c( m'apprend qu'il me faut sortir de l'Irlande et rester
a en exil tant que je vivrai, à cause de tous ceux qui
« ont été tués par vous dans cette dernière bataille que
((VOUS avez livrée pour moi, et aussi dans d'autres
c( que vous savez*.» On ne dit pas que personne, parmi
ses parents, ait essayé de le retenir ; mais quand il
fit part à ses disciples de son émigration, douze
d'entre eux se décidèrent à le suivre. Le plus ardent
de tous fut un jeune religieux, nommé Mochonna,
fils du roi provincial de l'Ulster. En vain Columba
lui représentait qu'il ne devait pas abandonner ses