Par exemple, au parlement de Kilkenny, sous Edouard III
212 SAliNT COLUiMBA,
Les barclos,
transformés
en
pas (les pénalités spéciales eonlre les ménestrels^ "lonf"^''' ^^^ bardes^ les rimeurs el les généalogistes, qui enlos principaux tretcnaieiit les seigneurs et les oentilshommes dans
cliampioiis ^ o
,,. ,. ^"^ , l'amour de la rébellion et d'autres crimes \ En vain
1 indépendance
nationale essaya-t-on, sous la sanguinaire Elisabeth, de sticathiu'ul P*^*!^!' des récompenses pécuniaires pour ceux qui voudraient célébrer les louanges de Sa Très-Digne Majesté ^ Pas un n'accepta ce marché. Tous préférèrent à ce salaire du mensonge la fuite ou les supplices. Errants par monts et par vaux, cachés dans les derniers replis des campagnes dévastées, ils y perpétuaient la tradition poétique de leur race condamnée, en chantant la gloire des anciens héros et des nouveaux martyrs, la honte des apostats et les crimes de l'étranger sacrilège.
Souvent, pour mieux braver la tyrannie au sein des populations domptées et silencieuses, ils avaient recours à l'allégorie, à l'élégie amoureuse. Sous la figure d'une reine devenue esclave, ou d'une femme aimée avec une passion immortelle, et disputée avec une fidélité désespérée aux jalouses fureurs d'une marâtre, ils célébraient encore et toujours la patrie irlandaise, la patrie en deuil et en larmes, naguère reine et désormais esclave"'. Les Irlandais, a dit un grand historien de nos jours, aiment à se faire de
1. Texte d'un acie du temps d'Elisabeth, cité par Moore, p. 257.
2. lier niajesty's inost worthy praise. Ap. Hayes, tJie Ballads of Ireland. 1855.