Erin of tlic sorrows, once a queen, now a ^lave
la patrie un être réel qu'on aime et qui nous aime : ils aiment à lui parler sans prononcer son nom et à confondre l'amour austère et périlleux qu'ils lui vouent avec ce qu'il y a de plus doux et de plus fortuné dans les affections du cœur, comme ces Spartiates qui se couronnaient de fleurs sur le point de périr aux Thermopyles \
Jusque sousles ingrats Stuarts, cette proscription Proscrits des poètes nationaux fut permanente ; elle redoublait admi nement, à chaque changement de règne, à chaque nouveau parlement. La rage des protestants cromwelliens les portait à briser, partout où ils en rencontraient, les harpes qui servaient aux ménestrels^ et que l'on retrouvait encore dans les misérables chaumières des Irlandais affamés, comme onze siècles plus tôt, an temps où la courageuse et charitable Brigitte les voyait suspendues à la paroi du palais des rois^ Néanmoins la harpe est restée l'emblème de l'Irlande jusque dans le blason officiel de l'empire