Adamn., II
2. Ecce cetus mirse et immensœ magnitudinis, se instar montis crigcns, ora aperuit palula nimis dentosa... Rémiges, deposilo vélo, vakle perterriti... illam obortam ex belluino motu fluctuationem vix evaderc potuerunt... Gui l'aitheneus : Ego et illa bcllua siib Del potestate sumus... iEquor et cetiim, ambabus manibus elevatis, benedicit intrepidus... Bellua magna se sub fluctu immergens... nusquam apparuit. Id., I, 19. — Jusqu'au dix-huitième siècle, les baleines fréquentaient ces parages, et on en a vu soulever et retourner des bateaux pécheurs. Marti\'s Western Islands, p. 5. — Les baleines ont disparu aujourd'hui, ainsi que les phoques, qui, non-seulement du temps de Columba, mais encore en 1705, servaient de nourriture aux insulaires des Hébrides. Le monastère d'Iona en entretenait un troupeau dans un îlot voisin... parvani insulam ubi marini noslri juris vituli generantur et générant... Un voleur vient les prendre : on lui donne des moutons pour en tenir lieu-.ÂDAMN., I, 42.
du navire, perforaient les peaux dont la carène était recouverte ^ La passion de la Gc n'était pas la curiosité, ni l'amour du gain, ni les même le desir de convertir les païens, qui pous-
lance dons les . t • i i /^ i i v >.,>
mers saicut Ics disciplcs dc Lolumba a aiironter tous les hasards de la navigation dans une des mers les plus dangereuses du monde : c'était la soif de la solitude, le désir irrésistible de conquérir une retraite plus profonde, un asile plus reculé encore que celui d'Iona, sur quelque roc inconnu au milieu des solitudes del'Océan, où personne ne voudraitles rejoindre et d'où nul ne pourrait les ramener. Ils revenaient h lona sans avoir atteint leur but, tristes, mais non découragés; et, après quelque repos, ils reprenaient la mer pour recommencer leur ardente recherche\
C'est ainsi qu'ils découvrirent, à centlieuesàl'ouesl, l'îlot escarpé et presque inabordable de Saint-Kilda%
1. Qiifrdam, usqne in id temporis invisœ mare obtegenles occurrerant tetrje el infestas nimis besliolce quse horribili irapetu carinam et latéra, puppimque et proram ita forti ferebant percussura, ut pelliceum tectum navis penetrale putarentur penetrare posse. Prope ranarum magnitudinem aculeis permolestœ, non volatiles, sed natatiles, sed et remorum palmiilas infestabant. Adamn., II, 42.
2. Desertum in pclago intransmeabili invenire optantes... Apamx., II, 42. — Baitheneus... benedici a sancto petivit cnin ceteris, in mari eremum qusesiturus, post longos per venlosa circuitus œquora ercmo non reperto, in patriam reversus... Id., 1,20.
5. En 1758, on y voyait encore, avec plusieurs édifices religieux d'une date très-reculée, une église dédiée à saint Columba, et les habitants de l'île, quoique calvinistes, célébraient encore le jour de sa fête en portant tout le lait recueilli dans les vacheries au gouverneur ou fermier de l'île qui appartenait alors en entier à un seigneur du clan des Macleods ; ce fermier en faisait distribuer par portions égales
que la hardiesse de ses oiseleurs a depuis rendu si fameux ; puis bien au nord des Hébrides et môme des Orcades, ils atteio^nirent les îles Shetland, l'Islande Découverte
' ^ ^ ' . . de Sainl-Kilda
même, selon quelques-uns, que n'est qu'à six jours des de voile du nord de l'Irlande, et dont la première et
(le rislanile.
église chrétienne porte le nom de Columba, enfin les îles de Fer où les Norwégiens trouvèrent plus tard les traces du séjour des moines irlandais, leurs livres celtiques, leurs croix et leurs cloches \ Cormac, le plus hardi de ces intrépides explorateurs, fit trois longues, laborieuses et périlleuses excursions sur l'Océan, avec l'espoir toujours infructueux d'atteindre le désert qu'il rêvait. Une première fois, en abor- coimac
aux Orcades.
dant aux Orcades, il n'échappa à la mort, dont les sauvages habitants de cet archipel menaçaient les' étrangers, qu'au moyen des recommandatiom que Columba avait obtenues du roi des Pietés, déjà converti, à l'adresse du roi encore païen des insulaires
à chaque homme, femme ou enfant de l'île. Histoire de S. Kilda, par Kenneth Macaulay, p. 71 de la traduction française, Paris, 17*82. Cet îlot, qui est le point le plus occidental de l'Europe, est célèbre par les exploits des chasseurs qui se suspendent à des cordes le long des falaises verticales ; elle n'a guère que quatre-vingts habitants ; on y montre le site d'une chapelle dite de Saint-Columba avec un cimetière et des sources consacrées et médicales. On y observe encore la fête de saint Columba.
1. Landnamabok, ap. Antiq. Celto-Scand., p. 14. — Dicuil, qui écrivait en 795, constate que, cent ans auparavant, les îles Feroer avaient été habitées par des eremitse ex nostra Scotia navigantes. Éd. Letronne, p. 39. — Cf. Innés, Scotland in the middle âges, p. 101, et surtout Lamgan, Eccles. hist. of Ireland, c. 3, p. 225, où la question de la première découverte de l'Islande est traitée à fond
septentrionaux \ Une autre fois, le vent du sud le porta pendant quatorze jours et quatorze nuits consécutives presque dans les profondeurs de l'océan Glacial, et bien au delà de tout ce que rêvait l'imagination des hommes d'alors ^
Columba, le père et le chef de ces intrépides et pieux navigateurs, les suivait et les guidait par sa prière, toujours vigilante et toujours efficace. Il était en quelque sorte présent parmi eux, malgré les distances qui les séparaient du sanctuaire et des ports insulaires dont ils étaient partis. L'oraison lui donnait
1. ...Brudeo régi, prœsenli Orcadum regulo, commendavit dicens : Aliqui ex nostris nuper cmigraverunt, desertum in pelago intransmeabili invenire optantes, qui si forte post long-os circuitus Orcades devenerunt insulas, liuic regulo cujus obsides in manu tua sunt, diligenter commenda. . et proptcr supradictain S. viri connnendationem, de morte in Orcadibus libcratus est vicina. Adamx., II, 42. — On se rappelle involontairement l'Arioste qui place aux Hébrides la scène de la délivrance d'Olympie par Holand et attribue aux halntants de ces îles l'usage d'exposer des femmes aux monstres marins :
Per distrugger quell' isola d'Ebuda Che di quante il mar cinge è la più cruJa. Voi dovete saper ch'oltre l'Irlanda, Fra incite, che vi son, l'isola giace iNomata Ebuda, che per legge manda Rubando intorno il suo popol rapace...
Orlundo fiirioso, ix, 11-12.
2. Cormacus, qui tribus non minus vicibus erenmm in Oceano laboriosequœsivit, nectameninvenit (Adamn.,1, 6i... Postquam a terris per infinitum Oceanum plenis enavigavit velis... usque ad mortcm periclitari cœpit. Nam cum ejus navis a terris per quatuordecim aestivi temporis dies, totidemque noctes, plenis velis, austro fiante vente, ad seplentrionalis plagam cu4i directe excurreret cursu, ejusmodi navigatio ultra humani excursus modum et irremeabilis videbatur. kl. II, 42.
l'inluition des dangers qu'ils couraient. Il les voyait, il en souffrait, il en tremblait. Aussitôt il convoquait au son de la cloche les frères restés au monastère, et se mettait en prière dans l'église avec eux. 11 demandait avec larmes au Seigneur d'accorder le changement de vent qu'il leur fallait, et ne cessait qu'après avoir acquis la certitude d'être exaucé. 11 le fut maintes fois, et les moines sauvés et revenus de leurs périlleux voyages accouraient et venaient le bénir de sa prophétique et bienfaisante intervention ^
Souvent il les accompagnait lui-même dans leurs ses