‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 2)Chapitre 103 sur 148 · Emma, fille de Clotaire II. Boll., t. VIll Oclob., p · texte numérisé non relu

Emma, fille de Clotaire II. Boll., t. VIll Oclob., p

5. Elles étaient toutes deux filles du roi Ercombert et de sainte Sexburga, elle aussi abbesse d'Ely après sa sœur Etheldreda. Voirie tableau généalogique D.

saint Pierre, et dont elle fut la supérieure, à Folkestone, au bord de ces blanches falaises, surmontées de verdoyants pâturages, qui attirent le premier regard des innombrables voyageurs que les nefs rapides de nos jours déposent en ce lieu sur la plage d'Albion.

La légende s'est donné beau jeu à l'occasion de cette jeune et sainte descendante d'Hengist et de Glovis ; elle a comblé les lacunes de sa biographie authentique par divers traits qui nous initient à l'idée que se faisaient les Anglo-Saxons de la puissance surnaturelle dont la vocation monastique investissait les tilles de race souveraine. Son père, disait-on, avait voulu la marier, comme sa tante, à un prince northumbrien encore païen ; elle s'y refusa obstinément. Le roi Eadbald ne chercha point à la contraindre ; mais celui qui prétendait à sa main vint avec tout son cortège renouveler ses instances auprès d'elle, pendant qu'elle dirigeait elle-même les constructions de son cloître futur. Elle reconduisit sans pitié, en le défiant d'allonger, avec l'aide de ses faux dieux, une poutre qui se trouvait trop courte, tandis qu'elle réussit à obtenir la longueur nécessaire en priant de toute sa force le véritable Sauveur du monde. Une fois installée dans son monastère, elle en fit, comme toutes les fondations religieuses de ce temps, un grand établissement agricole en même

temps qu'un sanctuaire ascétique et une école littéraire. On la vit, selon les récits populaires, d'abord apprivoiser les troupes d'oies sauvages qui dévastaient ses récoltes , mais que ses domestiques volaient dans sa basse-cour, et mangaient à son grand déplaisir ; puis, du bout de sa crosse , creuser un canal d'un mille de long pour amener de l'eau douce à son monastère qui en manquait. Elle mourut, jeune encore, en 640 : son abbaye, construite trop près de la mer et sur un rocher qui surplombait, fut engloutie par les flots ^ ; mais la mémoire de cette fille des conquérants, conquise par l'amour de Dieu et du prochain, survécut longtemps dans les prières des fidèles*. Plus de six cents ans après sa mort , sous les Plantagenets , un puissant baron anglo-normand renouvela la fondation bénédictine de la princesse anglo-saxonne, et en consacra l'église à saint Pierre et à sainte Eanswida ^ .

La légende s'est également emparée de toute une autre branche de la descendance de Hengist, issue d'un jeune frère d'Eanswida, mort avant son père'.

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