‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 2)Chapitre 102 sur 148 · Voir plus haut, t. III, p. 455 et · texte numérisé non relu

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MOINES d'occ, V. 16

fut si difficile, le règne si prospère et la mort si glorieuse. Après la ruine si prompte de cette première chrétienté northumbrienne dont elle avait été, avec l'évêque Paulin, rinitiatrice , la reine Ethelburga, recueillie avec une tendre sympathie par son frère, le roi de Kent, ne voulut plus d'autre couronne que celle de la sainte pauvreté. Elle obtint de son frère le don d'une ancienne villa romaine, située entre Gantorbéry et la mer, du côté qui regarde la France; elle y fonda un monastère où elle prit elle-même le voile. Elle fut ainsi la première veuve de race saxonne qui se consacra à la vie religieuse. La vieille église de son monastère, du nom de Lyminge, subsiste encore ; on y montre l'emplacement du tombeau de celle qui y passa les quatorze dernières années de sa vie, et qui, fille du fondateur de Gantorbéry et veuve du fondateur de York, servit ainsi de premier anneau entre les deux grands foyers de la vie catholique chez les Anglo- Saxons * .

Nous n'ajouterons rien à ce qui a déjà été dit sur la fille d'Ethelburga , d'abord reine de Northumbrie ,

1. On a cru retrouver des débris de constructions romaines dans certaines parties de l'église actuelle de Lyminge. C'est sous un arcbout ant au sud-est du chœur qu'était située la tombe de sainte Ethelburga. — Rev. R. C. Jenkins, Account ofthechurch ofS. Mary and S. Eadlmryh in Lyminge. London and Folkestone, 1859. Cf. Gentleman's Magazine., august 1862.

puis religieuse comme sa mère ' , et sur sa petitefille, l'abbesse Elflecla, Faimable cliente de saint Cutbbert et la généreuse protectrice de saint Wilfrid'. Mais elle eut une sœur, nommée Eadburga, qui fut rebgieuse avec elle à Lyminge et qui, ensevelie avec elle dans ce monastère, fut vénérée parmi les saintes d'Angleterre^. Son frère, marié, comme l' avait été son père, à une princesse franque "* , arrière-petite-fille de Glovis et de sainte Glotilde, peupla de sa postérité les cloîtres anglo-saxons et même étrangers. Sans parler de ses petites-filles, Earcongotba, qui devint, comme on Fa déjà dit, abbesse de Faremoutier en France, et Ermenilda, reine de Mercie, que nous avons déjà rencontrée et que nous retrouverons plus loin parmi les abbesses d'Ely% ce second roi chrétien du plus ancien des royaumes de THeptarchie eut une fille, nommée Eanswida. Élevée par les missionnaires romains de Gantorbéry, elle reçut de leur mainte voile des fiancées de Dieu. Elle se signala par la fondation d'un monastère qu'elle consacra, en vraie Romaine, à

1. Voir au tome IV, pages 61, 153, et les tableaux généalogiques A et B.

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