Ethelbert et Ethelred
3. Bede ne dit rien de tous ces faits; mais ils ont été racontés avec plus ou moins de détails par tous les historiens plus récents, Guillaume de Mahnsbury, Siméon de Durham, Matthieu de Westminster, et surtout Thorne, dans sa Chronique de l'abbaye de Saint- Augustin de Cantorbéry. — Cf. Lappenderg, I, 239, et Thomas de Elmham, qui en contient une version très détaillée, p. 207 à 239 de
a nouvelle édition donnée par Hardwicke.
4. Id aula regia, sub regia cathedra. Matth. "Westmonast., p. 14.
lit, sinon par ses ordres. Appuyés par la clameur populaire, les deux illustres moines étrangers, qui étaient alors les justiciers et les pacificateurs du pays, le Grec Théodore, archevêque de Cantorbéry, et l'Africain Adrien, abbé de Saint-Augustin', lui firent comprendre qu'il fallait payer le prix du sang, c'est-à-dire la compensation prescrite par toutes les lois germaniques, à une sœur des victimes , d'autant plus que cette sœur , nommée Domneva, était mariée à un prince des Merciens, fils du sauvage et invincible Penda- . Ce prix du sang devait être soldé sous forme d'une donation territoriale, destinée à fonder un monastère où des vierges, consacrées à Dieu, prieraient à perpétuité pour obtenir le pardon céleste. Domneva demanda autant de terre que pourrait parcourir d'une seule traite une biche aprivoisée qui lui appartenait; et cela dans cette île de Thanet, à l'embouchure delà Tamise, oii avaient débarqué leur ancêtre Hengist et, deux siècles plus tard, saint Augustin; qui était ainsi doublement chère à la nation comme ayant été le site de la première occupation des Saxons et de la première apparition du christianisme parmi eux. C'était en outre une région très fertile, la fleur et le bijou du pays, une sorte de paradis terres-
1 . Voir leur rôle dans l'histoire de Wilfrid au tome IV, page 215.