‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 2)Chapitre 25 sur 148 · L4PPENBERG, 0z\NVM, Tarin · texte numérisé non relu

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3. On ne trouve pas un seul miracle dans la biographie des cinq

Aussi le lecteur le plus sceptique ne saurait-il feuilleter les pages de Bede sans demeurer convaincu de sa sincérité en même temps que de son discernement historique; tandis que le chrétien, avide de connaître et d'admirer les oeuvres de Dieu dans l'histoire des âmes, encore plus que dans l'histoire des peuples, n'aura jamais assez de reconnaissance pour l'infatigable ouvrier qui nous a dotés de ce livre sans rival parmi les œuvres historiques du christianisme et qui a donné à F Angleterre, à la race historique par excellence, le plus beau monument d'histoire nationale qu'aucun peuple moderne ait encore reçu de ses pères ^ .

premiers abbés de son propre monastère, qu'il avait tout personnellement connus, tandis qu'il en fourmille dans son récit de la Vie de saint Cuthbert, qu'il ne tenait que des moines de Lindisfarne. C'est la remarque du sage et pieux Lingard. Anglo-Saxon Church., Il 102, 103.

1. Tous ceux qui ont eu à manier les historiens du moyen âge et qui tiennent à ne pas perdre leur temps et leurs yeux savent quel est le prix inestimable d'une bonne édition, portative et commode. Ils nous saurontgréde leurindiquer, parmi les nombreuses éditions du VéntM'able Bede, celle publiée à Oxford en 1846 par Robert Hus- SEY, bachelier en théologie et professeur d'histoire. Elle contient en un seul volume toute VHistoria ecclesiastica gentis Angloruni, avec la vie des abbés de Wearmouth et de Yarrow, et la lettre de Bede à l'archevêque Egbert. Elle contient toutes les variantes essentielles et les notes de la grande édition de Smith (1722) rectihées et complétées avec une clarté et une sobriété exemplaires par l'éditeur. S'il avait joint à son volume la vie de saint Culhbert par Bede, la lettre de laulre abbé Cuthbert sur la mort du Vénérable, et une carte, cette excellente publication ne laisserait rien à désirer.

La justice nous fait un devoir de nommer ici, à coté de Bede, un

Cet historien des âmes nous fait connaître la sienne : car qui ne reconnaît, à la façon dont un homme raconte les épreuves de la vertu et de la vérité ici-bas, ce qu'il saurait lui-même faire ou souffrir pour elles? Or cette âme, qui se trahit à travers ses récits, est assurément un âme sainte et une âme charmante. Ce n'est pas seulement dans les beaux récits de ces dévouements sans cesse renaissants et de toutes ces merveilles dont l'homme régénéré par la foi devient capable; c'est dans la personne de Bede lui-même qu'il faut étudier un type accompli de cette humilité, de cette sérénité, de cette généreuse ferveur qui lui ont fait décerner par la chrétienté entière le surnom de Vénérable.

Les vertus chrétiennes s'unissaient tout naturellement chez lui à cette soif de la science, à cet amour impérieux de l'étude, à cette ardeur vivifiante du travail, à ce noble souci des choses divines et humaines qui font de notre moine historien un personnage si intéressant dans l'histoire de l'esprit humain. Un

écrivain de noire temps, M. W.-B. Maccabe, qui, clans son Histoirecatholique il Angleterre {Lonàon 1847-49, 2 vol. in-8), s'est aUaclié à reproduire fidèlement les récits de Bede et des autres historiens anciens, et, en traçant un tableau fidèle et détaillé des trois premiers siècles de l'histoire d'Angleterre, a mérité la gratitude de ceux qui tiennent à connaître la vérité, sans pouvoir aborder directement aux sources

écrivain estimé Uni reproche d'avoir été plus Romain qu'Anglais. Je tiens ce reproche pour parfaitement mal fondé. On ne trouve chez lui aucune trace du moindre sacrifice imposé au patriotisme pour l'orthodoxie Il a certainement préféré l'esprit romain à l'esprit celtique ; mais ce ne sont pas ses prédilections romaines, c'est son patriotisme anglo-saxon qui lui a dicté certains jugements inspirés par une partialité toute nationale contre les Bretons vaincus dans l'ordre spirituel comme dans l'ordre temporel. Il a eu, comme tous les hommes, ses préférences, ses faiblesses, ses aveuglements; mais jamais il n'a sciemment déguisé, mutilé ou trahi la vérité ; il l'a servie et aimée de son mieux, il a également servi et aimé la justice, et, comme l'a très bien dit un intègre historien de nos jours-, l'impartialité consiste à être juste, non pas à être neutre.

Sa vie peut être regardée comme le miroir fidèle de la vie laborieuse et sainte qu'on menait dans ces vastes cloîtres qui ne cessaient de s'élever en Angleterre sous la règle de saint Benoît, et qui furent, au huitième siècle, non moins nombreuxqu'au septième. Elle s'écoula tout entière dans le cloître qui avait abrité son enfance. Né en 673% dans un des soixante

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