‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 2)Chapitre 26 sur 148 · Franz de CnAMPAr.NY, Correspondant, t. XII, p · texte numérisé non relu

Franz de CnAMPAr.NY, Correspondant, t. XII, p

' 3. Seloa Mabillon et Lingard; et non en 67i, comme l'ont vouln Pagi et Stephenson.

72 m VÉNÉRABLE BEDE.

et dix manoirs détachés du domaine public (Folc- Lands) que le roi Egfrid venait de conférer à l'abbé Benoît Biscop lors de son quatrième retour de Rome, le petit Bede, dont le nom signifiait en anglo-saxon laprière,ï\it confié dès l'âge de sept ans (680), par ses proches, àBenoît,qui venait d'achever son monastère de Wearmouth . Mais bientôt le saint et savant abbé se déchargea de l'éducation de son jeune élève en le confiant àsoncoadjuteurCeolfrid avecles vingt religieux, jeunes et vieux, qui allaient fondera quelques lieuesde là, près de rembouchure de la Tyne,la colonie de Yarrow (682). A peine installés, une peste cruelle vint fondre sur la naissante colonie: elle enleva tous les moines qui savaient chanter au chœur, excepté le seul abbéet ce jeune Bede, encore tout enfant, qui était son élève chéri : tous deux continuèrent à célébrer de leur mieux, entre leurs larmes et leurs regrets, l'office canoniaP tout entier, avec une exactitude obstinée, jusqu'à ce que de nouveaux confrères leur fussent arrivés. Qui ne serait ému à la pensée de ces deux représentants de la chrétienté northumbrienne et du monachisme anglo-saxon , l'un déjà muret illustre, l'autre, obscur adolescent prédestiné à la gloire, chantant tout seuls les louanges du Dieu vivant dans leur cloître dépeuplé parla mort,

1. Bede, t. VI, App., p. 421.— Voir ce qui précède dans la note 1 dj la page 484 du lome précédent.

et attendant l'avenir avec une confiance aussi invincible que résignée !

Lorsque Ceolfrid, à la mort de Benoît Biscop, fut appelé au gouvernement des deux monastères réunis, qui ne formèrent plus qu'une seule communauté*, le jeune Bede resta à Yarrovv et n'en sortit plus. C'est là qu'il reçut, à dix-neuf ans, le diaconat et, à trente ans, la prêtrise des mains de saint Jean, dit de Beverley , qui occupait alors le siège de Wilfrid , à Hexham. C'est là qu'il passa tout le reste de sa vie, exclusivement consacrée à Fétude, à la méditation de l'Écriture sainte, sans autre distraction que le chant quotidien du chœur, sans autre plaisir, à ce qu'il dit lui-même, que d'apprendre, d'enseigner et d'écrire^.

Toutefois, lorsque Bede nous dit qu'il passa toute sa vie dans le même monastère, il n'en faudrait pas conclure qu'il se refusait ces voyages qui entraient alors, comme depuis , pour une part si considérable dans la vie des principaux rehgieux. Malgré la grande et prompte autorité qui s'attachait à la double fondation de Benoît Biscop ; malgré le grand nombre des religieux qui y affluaient, il est difficile de s'imaginer que Bede pût y suivre, sans en sortir, les leçons de tous ceux qu'il cite à diverses reprises, comme ses maîtres. Mais soit à Yarrovv, soit ailleurs, il reçut

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