‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 2)Chapitre 39 sur 148 · L\PPE^BERC, p · texte numérisé non relu

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après une première défectioii\ Ce même roi, qui avait régné pendant trente ans (665-695) comme un fidèle soldat du roi des cieux, obtint, non sans peine, de sa femme la faculté de prendre avant sa mort r habit monastique après lequel il avait longtemps soupiré. Mais, tout moine qu'il croyait être ainsi devenu, ce descendant des dieux et des héros Scandinaves, cet homme au cœur vraiment royal, selon Bede, craignait, en mourant dans son lit, de paraître vaincu par la douleur" . En proie aux angoisses de sa dernière maladie, il tremblait, en se débattant contre les affres de la mort, que la souffrance ne lui arrachât des cris ou des gestes indignes de lui. Il ne voulut donc avoir d'autre témoin de ses instants suprêmes que Févêque de Londres. Ce prélat, qui l'avait revêtu de la robe noire des moines, eut la consolation de lui voir rendre le dernier soupir dans une paix parfaite. Il l'ensevelit dans sa cathédrale monastique de Saint-Paul, où l'on vit pendant mille ans, et jusqu'au grand incendie qui consuma

J. Voir au tome IV, p. 118.

2. Vitam privatam et monachicam cunctis regni diviliis ot honoribus piœferens, quam et oliin jam, si non obstinatus conjugis animus divortium negaret, subiisset... Cumque annos Iriginla in regno miles regni cœlestis exegisset... habitum religionis, quem diu desiderabal, accepit... Correptus infirmitate maxima, timere cœpit homo animi regalis, ne ad mortem veniens, tanti» affectus dolore, aliquid indigniim siiae personne vel.oreproferret velaliorum motii geieret membrorum- Bede, IV, 11.

LES ROIS MOINES. lia

cet édifice fameux sous Charles II (-1666) , le vaste cercueil de pierre qui renfermait le corps du roimoine dont la taille était aussi colossale que son cœur était viriP.

Quinze ans après la mort de Sebbi (709), son successeur et son petit-neveu, le roi Offa, imita son exemple dans tout l'éclat de la jeunesse et de la beauté. Aimé et recherché de tous, il sut renoncer à sa fiancée, à sa famille, à son pays , à sa couronne, et résister aux instances passionnées de ses sujets pour aller embrasser la vie religieuse, non plus dans un cloître d'Angleterre, mais à Rome.

Le jeune Offa eut pour compagnon de son pèlerinage et de son sacrifice le roi des Merciens, Coenred, qui avait été détaché du monde par le spectacle des derniers instants d'un de ses meilleurs chevaliers- mort désespéré, pour avoir volontairement différé sa confession^ Avant de quitter l'Angle-

1. Note âe Smith dans son édition de Bede. — « C'est le premier exemple que je sache de cette dévotion si fréquente dans les derniers siècles de mourir en habit de religieux. » Fleury, 1. XI, c. 3.

2. Vir in laico habitu atqueoffîcio militari positus. Bede, V, 13. — Guillaume de Malmsbury le qualifie de miles : Gest. reg. AngL, 1. 1, c. 78. Turner a prouvé que l'ordre de chevalerie existait chez les Anglo-Saxons bien avant la conquête des Normands. Hist. of Anglo- Saxons, liv. VII, c. 12.

3. On peut lire le récit de la vision de ce chevalier dans Bede, l. c. Deux autres passages deiBede {III, 22, et V, 10) semblent démontrer que, dès son temps, le mot de miles s'appliquait non pas à tout soldat ou combattant, mais aux nobles ou patriciens.

terre, tous deux assistèrent au dernier acte de la vie apostolique du grand Wilfrid, à la dédicace du nouveau monastère d'Evesham, qu'ils avaient à la fois doté et affranchi de toute juridiction temporelle \ Arrivés à Rome, tous deux reçurent la tonsure et l'habit monastique des mains du pape Constantin, devant la Confession de Saint-Pierre, et, après quelques années de la vie pénitente, ils passèrent de la tombe des Apôtres à la béatitude céleste pour y jouir à jamais de la société des saints^.

Depuis la mort du dernier bretvs^alda northumbrien Oswy, et surtout depuis la catastrophe de son fils Egfrid, dans sa lutte avec les Pietés (670-685) , la Mercie avait repris la prépondérance qui échappait à la Northumbrie. Sous la postérité belliqueuse du terrible Penda, et grâce à Tesprit militaire qu'il avait inspiré à son peuple et à sa race, les Merciens dominèrent pendant près d'un siècle l'Heptarchie anglo-saxonne. Ce Coenred, qui alla mourir moine à Rome, après avoir vaillamment guerroyé contre les Bretons, était petit-fils de Penda ; et il fut loin d'être la seule recrue que cette progéniture de l'indomptable champion du vieux paganisme devait fournir à

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