‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 2)Chapitre 38 sur 148 · SiM. DuNELM., Hist. Dunelm. eccles., 1. Il, c. 3, ibid · texte numérisé non relu

SiM. DuNELM., Hist. Dunelm. eccles., 1. Il, c. 3, ibid

2. Deiamoris causa et cœlestis patriae violentia, accepta S. Petii tonsura..lp/). ad Bedam, ann. 758.

premiers ni les seuls à embrasser la vie monastique. Eadbert est le huitième de ceux que signalent les chroniqueurs anglais comme ayant préféré les huit béatitudes de la pauvreté volontaire aux grandeurs de la terre ^ . Certains annalistes vont même jusqu'à compter plus de trente rois ou reines des différents royaumes anglo-saxons, qui au septième et au huitième siècle allèrent peupler les cloîtres nouveaux".

Quelle transformation avaient donc subie ces païens, ces sauvages descendants d'Odin, ces chefs impétueux et sanguinaires d'une race qui ne respirait que la guerre et le pillage, qui ne connaissait pas de plus grande honte que de mourir au lit ! Les voilà pénétrés de l'esprit de douceur et de concorde, recherchant l'union, la fraternité, l'égalité même, parfois avec les plus humbles de leurs sujets, sous le froc bénédictin, dans le chant nocturne des psaumes, dans les paisibles labeurs de l'agriculture ou de labibhothèque monastique. Ils sollicitent, ils ambitionnent cette retraite comme le couronnement de leurs exploits belliqueux, de leur carrière politique et militaire. Mais c'était à contre-cœur que les Anglo- Saxons se voyaient ainsi abandonnés par leurs rois.

1. RiCH. CiRENC.,p. 242. — Mabillon en compté huit avant Eadberl, qu'il place le neuvième sur sa liste. Act. SS. O, S. B., t. III^ p. 463,

2, Stevens, continuation de Dugdale, 1. 1, p. 19.

Comme chez tous les peuples germaniques, Fesprit de fière indépendance qui les rendait si souvent rebelles et intraitables n'excluait point de leur âme une affection passionnée ou plutôt un culte superstitieux pour le vieux sang des premiers chefs de la conquête. Ils faisaient de vains efforts pour retenir les rois loin du cloître, et se réservaient le droit d'aller les y chercher, au besoin, pour les remettre de gré ou de force à la tête de leur armée et marcher sous leurs ordres à l'ennemi. On a vu' que tel fut le sort du roi Sigebert d' Est- Anglie, le premier des rois anglo-saxons qui fût entré dans l'ordre monastique, et qui, arraché de sa cellule par ses sujets éperdus pour les conduire au combat contre l'impitoyable Penda, alla finir sa vie, comme ses ancêtres païens, sur le champ de bataille^ Chacune des dynasties de l'Heptarchie fournissait successivement son contingent à cette nouvelle armée. Comme les Uffmgs de l'Est- Anghe et les descendants de l'Homme de Feu en Northumbrie, les petits-fils du dieu Saxnote, que l'on faisait renier en même temps que les dieux Thor et Wodan par les Saxons baptisés", eurent aussi leur roi tonsuré. Ils régnaient sur les Saxons de l'Est que le roi Sebbi avait eu le bonheur de ramener à la foi ,

Page 1