Bede, V
en revint avec la résolution de préférer les rits de l'Église universelle à ceux d'un petit peuple relégué à l'extrémité dumonde^ . Geolfridfut un de ceux qui contribuèrent le plus à l'éclairer; dans sa lettre au roi des Pietés, il raconte la visite d'Adamnan à Wearmouth et leurs conférences au sujet de la tonsure. « Mon saint frère,» disait l'abbé northumbrien au prélat irlandais, ce vous qui prétendez à la couce ronne immortelle, pourquoi en portez-vous une « si imparfaite à votre tête? et si vous cherchez la « compagnie de saint Pierre, pourquoi portez-vous « la tonsure de celui qu'il a anathématisé ? » Adamnan répondit : « Sachez bien, très aimé frère, que (( si je porte la tonsure de Simon le Magicien, conformément à la coutume de mon pays, je n'en dé- « teste pas moinsl'hérésiesimoniaque. Je veux sui- (( vre de mon mieux les traces du prince des apôtres . (( — Je le crois, » répliqua Geolfrid, « mais alors il (( vaudrait mieux porter à visage découvert le signe (( de l'apôtre Pierre que vous avez dans le cœur-. » On voit par là que le principal chef de l'Église irlandaise ne contestait pas l'origine à la fois fabuleuse et injurieuse de sa coutume nationale.
Mais lorsque, rentré à lona, il voulut ramener à sa conviction nouvelle et à l'observance romaine les
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