Bede, V
2. D'où le nom de Sassia, encore conservé dans ce qiiarlier de Rome.
Rome et à leur retour excitaient la juste indignation des pasteurs et des fidèles de la France et de l'Italie* L'on ose à peine répéter les tristes révélations que le grand apôtre de la Germanie transmet sur ce point à son collègue et compatriote l'archevêque Cuthbert de Cantorbéry, et qui le portaient à demander aux assemblées et aux princes anglais d'interdire absolument aux femmes et aux relimeuses le pèlerinage de Rome'.
J'aurai bien mal réussi à faire comprendre l'histoire de ces temps, et bien mal servi la vérité, si le lecteur n'était pas frappé du singuher mélange dé bien et de mal, de paix et de guerre, de liberté et de servitude qui, dès ce premier siècle delachrétienté anglo-saxonne, se manifeste dans toutes les relations de l'Eglise avec la société. Il est évident que le bien l'emportait sur le mal, mais que le mal était déjà formidable, les dangers constants et flagrants, les prévaricateurs et les malfaiteurs encore plus nombreux que les saints. C'est là cependant ce que l'on a nommé VAge d^or de la religion en Angleterre ;
1, Aliquod levamentum tiirpitudinis esset, si prohibèrent synodus et principes vestri mulieribus et veiatis feminis illud iter et frcquentiam, quam ad Roinanam civitatem veniendo et redeundo fa, ciunt; quia magna ex parte pereunt, paucis remanentibus integris. Perpaucœenim sunt civitates in Longobardia, vel in Francia, vel in Gallia, in qiia non sit adultéra vel meretrix generis Anglorum : quod scandalum est et turpitudo totius Ecclesiee. S. Bonii' ach Epis t. ad CuthherUim arcliiepiscopum.
non sans raison, s'il ne fallait que le comparer aux siècles postérieurs , mais à tort , s'il s'agissait de le juger par ses seuls mérites. C'est que, dans Fhistoire vraie, il n'y a pas d'âge d'or. Tous les siècles, sans exception, sont infectés par le mal qui naît de la corruption naturelle de l'homme. Tous attestent son incurable infirmité; mais tous aussi attestent sa grandeur et sa liberté, en même temps que la justice et la miséricorde d'un Dieu Créateur et Rédempteur.
MOINES noce, V.