‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 121 sur 244 · Adamn · texte numérisé non relu

Adamn

de son ami absent. Aussitôt le vent changea et repoussa le navire vers la terre. Gomme les matelots voyaient encore le pauvi^e Libran qui courait le long de la plage, ils lui crièrent du pont de leur barque : « C'est peut-être toi qui es cause que le vent a (( tourné ; si nous te prenions avec nous, serais-tu à (( même de nous le rendre favorable? — Oui, » dit l'autre; « le saint abbé Golumba, qui m'a imposé (.t sept ans de pénitence, à qui j'ai obéi et que je « veux rejoindre, vous obtiendra cette grâce. » Aussitôt dit, aussitôt fait ; on le prend à bord et le trajet s'effectue heureusement\

Ceci se passait de son vivant, mais pendant un siècle au moins après sa mort il demeura le patron toujours populaire et toujours propice des marins en détresse. On remarque dans leurs prières ce ton de familière confiance et quelquefois d'objurgation filiale qu'on a si souvent signalé chez les Celtes de l'Armoriqueet aussi chez les peuples catholiques du midi de l'Europe. Adamnan avoue que lui-même et d'autres religieux d'Iona, embarqués sur une flottille de douze barques chargées de poutres de chêne pour la reconstruction du monastère, retenus parles vents contraires dans une île voisine, se mirent à accuser leur Columba : « Comment, cher saint, » lui disaientils, (( t'arrangeras-tu de ce retard? Nous pensions

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