La ViLLEMARQuÉ, Poèmcs des Bardes bretons, 1850, p
avec ses bestiaux avait déjà péri et l'eau montait toujours. Le barde tout en composant son poème, se réfugia dans Fétage supérieur de l'église, puis sur le toit : il montait de poutre en poutre, toujours poursuivi par les eaux, mais toujours aussi en improvisant ses vers et en puisant dans le danger l'inspiration qui lui avait failli jusque-là. Quand l'inondation s'écoula, depuis la tombe de l'anachorète jusqu'à la Saverne, il ne restait plus d'autre être en vie que le barde, ni d'autre édifice debout que l'église où il avait improvisé ses refrains populaires ^ .
Dans cet océan des légendes celtiques où les anaclironismes et les fables ne sauraient obscurcir la vigoureuse et constante affirmation de la foi catholique et du patriotisme breton, quelques noms de fondateurs et de missionnaires monastiques ont surnagé. Ils ont été dérobés à l'oubli, non seulement par l'érudition rajeunie des archéologues cambriens, mais aussi par la fidélité de souvenirs populaires, même depuis l'extinction lamentable et complète du catholicisme dans le pays de Galles".