JoAN. Di\c.,Vita Gregorii, IV, c
2. En voici le texte exactement transcrit par la main amie d'un éloquent religieux de notre temps et de notre pays, le Père Hyacinthe, carme déchaussé.
EX IIOC MOXASTEKIO PRODIERVNT
S. GREGOniVS. M. FVNDATOU. ET. PARENS. — S. ELYTHERIVS. AB. — S. IHLARION AD. — S. AVGVSTINVS. ANGLOR. APOSTOL. — S. LAVRENTIVS. CANTVAR. ARCHIEP. — S. MELLITVS. LONDINEN. EP. MOX. ARCIHEP. CANTVAR. — S. JVSTVS. EP. nOFFENSIS. — S. PAVLINVS. EP. EDORAC.— S. MAXIMIANVS SYRACVSAN. EP. — SS. ANTOXIVS MERVLVS. ET. JOANNES. MONACHI. — S. PETRVS. AB. CANTAR.
IIONORIVS. ARCHIEP. CANTVAR. — MARINIANVS. ARCHIEP. RAVEN. — PROBVS. XENODOCHI. lEROSOLYMIT. CURATOR. A. S. GREGORIO. ELECT.— SABINVS.CALLIPOLIT. IP. — FELIX. MESSANEN. EP. — GREGORIVS. DIAC. CARD. S. EUSTACH.
HIC. ETIAM. DIU. VIXIT. M. GREGORII. MATER. S, SILVIA. HOC MAXIME. COLENDA.
QVOD. TANTVM. PIETATIS. SAPIENTIAE. ET. DOCTRINAE. LVMEN.
PEPERERIT.
on voit les tombes de quelques généreux Anglais , morts dans l'exil pour avoir voulu rester fidèles à la religion que ces apôtres leur avaient portée ; et , entre autres inscriptions sépulcrales, on remarque et on retient celle que voici : « Ci-gît Robert Pecham , Anglais catholique qui , après la rupture de l'Angleterre avec l'Église, a quitté sa patrie, ne pouvant supporter d'y vivre sans foi, et qui , venu à Rome , y est mort, ne pouvant supporter d'y vivi^e sans patrie * . »
Où est donc l'Anglais digne de ce nom qui, en •portant son regard du Palatin au Cotisée, pourrait contempler sans émotion et sans remords ce coin de terre d'où lui sont venus la foi et le nom de chrétien, la Bible dont il est si fier, l'Église même dont il a gardé le fantôme? Voilà donc où les enfants esclaves de ses aïeux étaient recueillis et sauvés ! Sur ces pierres s'agenouillaient ceux qui ont fait sa patrie chrétienne ! Sous ces voûtes a été conçu par une âme sainte , confié à Dieu, béni par Dieu , accepté et accompli par d'humbles et généreux chrétiens , le grand dessein ! Par ces degrés sont descendus les quarante moines qui ont porté à l'Angleterre la parole de Dieu, la lumière de TÉvangile avec l'unité catholique , la succession apostolique et la règle de Saint-Benoit !
1. Cité dans !e discours de M. Augustin Cochin au congrès de Malines, 20 août 1863.
Aucun pays n'a reou le don du salut plus directement des papes et des moines , et aucun , hélas ! ne les a sitôt et si cruellement trahis.
Rien de plus triste et de plus sombre que l'état de Rome et de l'Église à l'époque où Grégoire résolut de mettre à exécution son projet. Ace grand homme, tour à tour soldat, général , homme d'État , administrateur , législateur, mais toujours et avant tout pontife et apôtre , il fallait une audace surnaturelle pour oser entreprendre des conquêtes lointaines, au sein des périls et des désastres dont il était entouré , au moment où Rome , dévastée par la peste , par la famine , par les inondations du Tibre, exploitée sans jnerci ou abandonnée sans pudeur par les empereurs byzantins , se débattait contre la domination chaque jour plus menaçante des Lombards ' . Et ce n'est pas sans raison qu'un écrivain plus érudit qu'enthousiaste présente l'expédition d'Augustin comme un acte aussi héroïque que le départ de Scipion pour l'Afrique pendant qu' Annibal était aux portes de Rome- .
On ne sait absolument rien de ce qui précéda dans la vie d'Augustin le jour solennel où pour obéir aux ordres du Pontife , qui avait été sonabbé , il dut s'arracher avec ses quarante compagnons aux entrailles maternelles de la communauté qui leur servait de