Kemble, Saxons in Englaud, t. II, p
patrie. Pour fixer le choix de Grégoire, il faut qu'il ait montré des qualités émineutes comme prieur du monastère. Mais rien n'annonce que ses compagons aient été dès lors animés du zèle qui enflammait le Pape. Ils arrivèrent sans encombre en Provence et s'arrêtèrent quelque temps à Lérins, dans cette île des Saints de la Méditerranée , où, un siècle et demi plus tôt , Patrice , Fapôtre monastique de l'île des Saints de l'Océan , avait séjourné pendant neuf ans avant d'être envoyé par le pape Gélestin pour évangéliser l'Irlande. Mais , là ou ailleurs , les moines romains recueillirent d'effrayants récits sur les pays qu'ils avaient à convertir. On leur dit que le peuple anglo-saxon, dont ils ignoraient la langue, était un peuple de bêtes féroces, altéré du sang innocent, impossible à toucher ou à gagner, et qu'on ne pouvait aborder qu'en courant à une perte certaine. Ils prirent peur, et au lieu de poursuivre leur route, ils obtinrent d'Augustin qu'il retournerait à Rome pour supplier le Pape de les dispenser d'un voyage si pénible, si périlleux et si inutile' . Loin de les exaucer, Grégoire leur renvoya Augustin avec une lettre où il leur prescrivait de reconnaître désormais pom^ leur abbé le prieur de Saint- André, de lui obéir en tout, et surtout de ne pas se laisser terrifier par les labeurs delà route ni parla langue des médisants. « Mieux