‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 174 sur 244 · Bi:Dii:, I · texte numérisé non relu

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Il y a de ces beaux jours au début de toutes les grandes entreprises; ils ne durent point, grâce à rinfirmité lamentable et incurable des choses humaines. Mais il importe de ne les jamais oublier et de les honorer toujours. Ce sont les fleurs du printemps des belles vies. L'histoire n'a pas de mission plus salutaire que de nous en faire respirer le parfum. L'Église de Gantorbéry a connu pendant mille ans des splendeurs sans pareilles ; aucune Église dans le monde, après l'Éghse de Rome, n'a été gouvernée par de plus grands hommes, n'a livré de plus glorieux combats. Mais rien dans ses éclatantes annales ne saurait éclipser la douce et pure lumière de cet humble berceau , de ce cénacle où une poignée d'étrangers, de moines italiens, abrités par l'hospitalité généreuse d'un roi honnête homme, et guidés par l'inspiration du plus grand des Papes, s'occupaient, dans la prière, l'abstinence et le travail, de conquérir les ancêtres d'un grand peuple à Dieu, à la vertu, à la vérité.

Le bon et loyal Etlielbert ne les perdait pas de vue : bientôt, charmé comme tant d'autres par la pureté de leur vie et séduit par les promesses dont plus d'un miracle attestait la vérité , il demanda et reçut le baptême des mains d'Augustin. Ce fut le jour de la Pentecôte de l'an de grâce 597 que ce roi anglo-saxon entra ainsi dans l'unité de la sainte Église

du Christ. Depuis le baptême de Constantin, et si Fou excepte celui de Clovis, il n'y avait point eu d'événement plus considérable dans les annales de la chrétienté^ . Une foule de Saxons suivirent l'exemple de leur roi et les missionnaires monastiques sortirent de leur premier asile pour prêcher de tous les côtés en construisant çà et là des églises. Le roi, fidèle jusqu'au bout à ce noble respect de la conscience d'autrui dont il avait donné l'exemple avant même d'être chrétien, ne voulut contraindre personne à changer de rehgion. Il se bornait à aimer davantage ceux qui, baptisés comme lui, devenaient ses concitoyens dans la patrie céleste. Le roi saxon avait appris des moines italiens que nulle contrainte n'est compatible avec le service du Christ -. Ce ne fut pas pour unir l'Angleterre à l'Église romaine, ce fut pour l'en arracher, mille ans plus tard, qu'un autre roi et d'autres apôtres durent employer les supplices et les bûchers.

Sur ces entrefaites, Augustin, se voyant désormais à la tète d'une chrétienté importante et conformément aux instructions données par le Pape, retourna en France pour s'y faire sacrer archevêque des Anglais par le célèbre métropolitain d'Arles, Virgile, cet

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