Tome II, livre vu, chap
44 LES SATiNTS ET LES MOINES
les accompagner au delà des mers F historien Gildas et le barde Taliesin. L'Irlande avait recueilli dès les premiers jours de sa conversion une émigration semblable. La plupart de ces pieux et intrépides missionnaires revenaient, une fois au moins dans leur vie, revoir le pays d'où ils étaient sortis, et ils y amenaient les disciples nés dans les autres pays celtiques , mais avides de reporter aux foyers si chers et si menacés de la Bretagne insulaire la lumière et la ferveur qu'ils en avaient reçues \ De là cette singulière conformité de noms propres, de traditions, de miracles, d'anecdotes, entre les légendes des trois pays, conformité qui a souvent dégénéré en inextricable confusion.
Ce qui, du reste, imprime un caractère uniforme et très reconnaissable à tous les saints moines d'origine celtique, c'est leur goût eftréné pour les voyages lointains et fréquents, et c'est un des points par lesquels les Anglais modernes leur ressemblent le plus. A cette époque reculée, au milieu des invasions barbares et de la désorganisation locale du monde romain, par conséquent en présence d'obsstacles dont rien dans notre Europe actuelle ne peut donner la plus légère idée, on les voit franchir des distances immenses et, à peine revenus d'un pèle-