F4nst., VIII, 30, ad Eulogium
2. Gens Angtorum, in mundi ancjulo posita suo. Ibid. — Toujours ce goût singulier pour les jeux de mots!
Feucourager à de nouveaux efforts, en lui annonçant que l'on prie pour elle non seulement à Rome, mais encore à Gonstantinople, et que la renommée a porté le bruit de ses bonnes œuvres jusqu'aux oreilles du sérénissime empereur. «Nos très chers fils, le prêtre Laurent et le moine Pierre, » lui écrit-il, a nous ont raconté en revenant ici tout ce que Votre Majesté a fait pour notre révérend frère et co-évêque Augustin, tout ce qu'elle lui a prodigué de consolations et de charité. Nous bénissons le Tout-Puissant qui a daigné vous réserver la conversion de la nation anglaise. De même qu'il s'est servi de la glorieuse Hélène, mère du très pieux Constantin, pour exciter les cœurs des Romains à la foi chrétienne, nous avons confiance que sa miséricorde opérera par votre entremise le salut des Anglais. Depuis longtemps déjà vous avez dû , avec la prudence d'une vi^aie chrétienne, tourner le cœur de votre mari, pour son salut et celui de son royaume, vers la foi que vous professez. Instruite et pieuse comme vous l'êtes, cette tâche n'a dû être pour vous ni longue ni diftîcile. Si vous l'avez négligée en quoi que ce soit, il faudrait réparer le temps perdu. Fortifiez donc, dans l'âme de votre noble époux, le dévouement à la foi chrétienne ; versez dans son cœur l'amour de Dieu ; enflammez-le de zèle pour la pleine conversion de ses sujets, afin qu'il puisse faire de votre amour et de votre dévotion un holocauste au ,
Dieu Tout-Puissant... Je demande à Dieu que Fa- <'hèvement de A^otre œuvre fasse goûter aux anges dans le ciel la joie que je vous dois déjà sur la terre'. »
Puis, A ers la même époque, en revoyant ses commentaires sur l'Écriture sainte, et son Exposition sur le Livre de Job, il ne put se défendre d'y ajouter ce cri de triomphe : « Voyez cette Bretagne, (( dont la langue ne savait que pousser des rugisse- (( ments barbares, la voilà qui retentit de V Alléluia c( des Hébreux! Voyez cette mer furieuse, la voilà « qui s'aplanit docilement sous les pieds des saints ! <( et ces races sauvages que les princes de la terre (( ne pouvaient dompter par le fer, les voilà enchaî- (( nées parla seule parole des prêtres î Ce peuple qui , <( encore païen, bravait sans crainte les armes et le « nom de nos soldats, le voilà qui tremble devant (( la langue des humbles ! Il a peur, mais c'est du pé- (( ché, et toutes ses convoitises sont tournées vers la (( gloire éternelle". »
Loin de s'endormir dans cette joie, il resta jusqu'à son dernier jour fidèle à l'active sollicitude que
1. Epist., V, 29. —On remarquera que cette lettre est placée dans le registre de la correspondance ponlifirale à part des autres lettres que Grégoire a adressées au mari de Berthc ainsi qu'aux princes et aux évêques pour leur recommander les nouveaux collaborateurs d'Augustin.