Epist.y XI
384 LA ^■OUVELLE ÉGLISE
Hélène, il l'exhortait à étendre la foi parmi ses sujets, à proscrire le culte des idoles, à renverser leur s temples et à établir les bonnes mœurs par les exhortations, les caresses, les menaces, mais surtout par son propre exemple. Il ajoute : (c Vous avez avec vous notre très révérend frère, l'évêque iVugustin, élevé dans la règle monastique, rempli de la science des Écritures , plein de bonnes œuvres aux yeux de Dieu. Écoutez dévotement et accomplissez fidèlement tout ce qu'il vous dira : car plus vous écouterez ce cju'il vous dira de la part de Dieu, plus Dieu l'exaucera lui-même quand il le priera pour vous. Attachezvous donc à lui de toutes les forces de votre âme avec la ferveur de la foi ; et secondez ses efforts avec toute la force cjue Dieu vous a donnée \ »
Le même jour, dans une lettre ostensible, il conférait à Augustin le droit de porter lepallium en célébrant la messe , pour le récompenser d'avoir créé la nouvelle ÉglisedesAngiais . Cet honneur devaitpasser à tous ses successeurs sur le siège archiépiscopal- . Il le constitue métropolitain des douze évêchés qu'il lui
1. Epist.,Xl, 66.— On est tout surpris de rencontrer, dans cette belle lettre, un paragraphe consacré à prévenir le roi saxon que la fin du monde est tout proche, qu'il faut sy attendre d'un jour à l'autre et ne pas s'étonner par conséquent des choses prodigieuses qui pourront arriver en Angleterre comme ailleurs.
2. Depuis le schisme de Henri VI IL les archevêques anglicans de Cantorbéry, parla plus singulière des anomalies, n'en ont pas moins conservé ce pallium dans les armoiries de leur siège.
D'ANGLETERRE. 38o
enjoint d'ériger dans l'Angleterre méridionale. Il le charge d'établir qui il voudra pour évêque métropolitain dans l'ancienne ville romaine et épiscopale d'York, en lui soumettant douze autres évêchés nouveaux à ériger, mais en conservant sur ce métropolitain du nord la suprématie sa vie durant. Outre tous ces évêques ordonnés par lui ou par le futur évêque d'York dans le territoire conquis, il lui soumet tous les évoques de la Bretagne, « afin, » dit le pape, (( qu'ils apprennent par votre parole et par votre vie comment il faut croire et comment il faut vivre pour accomplir leur office et gagner le ciel'. » Il s'agissait ici des évêques établis ou réfugiés en Gambrie , pontifes et docteurs des populations chrétiennes et celtiques qui avaient échappé au joug des Saxons, o Mais pendant que, aux yeux des hommes, il mettait ainsi le comble à la confiance et à l'autorité dont il investissait Augustin, il lui adressait en secret des avertissements destinés à les préserver des périls de l'orgueil . « Dans notre joie, » lui écrivait-il, «il y a grand sujet de crainte. Je sais, très cher frère, que Dieu a fait par toi de grands miracles dans cette nation. Il faut.se réjouir de ce que les âmes des Anglais sont attirées par des miracles extérieurs à la grâce intérieure ; mais il faut craindre que ces prodiges ne portent l'âme^ in firme à la présomption et ne fassent