OzANAM, Œuvres, I
buoiis aucune autorité sur les évêques des Gaules, et vous ne pourrez les réformer que par la persuasion et le bon exemple, sous peine de mettre la faucille dans la moisson d'autrui. Quant à tous les évêques de Bretagne, nous vous en commettons entièrement le soin, pour instruire les ignorants, fortifier les faibles et corriger les mauvais \ »
Grégoire, qui savait si bien lire dans les cœurs et gagner les âmes, ne pouvait avoir que des connaissances fort imparfaites sur la géographie comme sur r état politique de la Grande-Bretagne. Il semble en être resté là-dessus aux notions arriérées qu'on avait gardées à Rome sur cette île échappée la première à la domination impériale. Il ne se faisait évidemment aucune idée de l'antipathie nationale et trop légitime dont les chrétiens bretons étaient enflammés contre les Saxons païens qui avaient, depuis un siècle et demi, envahi, dévasté, usurpé leur patrie. Il se figurait que ces chrétiens, toujours fidèlement unis à l'Église romaine, qui avaient si énergiquement répudié le pélagianisme, et dont les évêques avaient siégé dans les anciens conciles , présidés par les légats de Rome, prêteraient un concours dévoué à la mission des moines romains, chargés par lui d'évangéliser les Saxons. 11 ignorait la haine implacable des vaincus pour les v^ainqueurs ; et il oubliait cer-